CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
le 07 février 2015




SETLIST

Obituary
Centuries of Lies 
Visions In My Head 
Infected 
Intoxicated 
Bloodsoaked 
Immortal Visions 
'Til Death 
Don't Care 
Violence 
Stinkupuss 
Back to One 
Dead Silence 
Back on Top 
Inked In Blood 
I'm in Pain 
Slowly We Rot

Mpire of Evil
Demone 
Die Hard (Venom cover)
Hellspawn 
Don't Burn the Witch (Venom cover)
Blackened Are the Priests (Venom cover)
Carnivorous (Venom cover)
Hell to the Holy 
Welcome to Hell (Venom cover)
Black Legions (Venom cover)
Parasite (Venom cover)
Black Metal (Venom cover)
Countess Bathory (Venom cover)

Dust Bolt :
Intro
Soul Erazor
Violent Abolition 
Beneath the Earth 
Pleasure on Illusion 
Living a Lie 
Awake the Riot - The Final War 
Children of Violence 
Toxic Attack 
Agent Thrash



AFFILIÉ

Obituary
Paris - La Locomotive
(22 janvier 2008)

29 janvier 2015 - Paris - Le Divan Du Monde


Obituary_-_Mpire_Of_Evil_-_Dust_Bolt_Paris_-_Le_Divan_Du_Monde_20150129

La plus grande des petites salles (son propre slogan) accueille en cette journée du 20 Janvier 2015 Obituary et quelques invités pour une soirée death metal (mais pas que). La veille, la salle recevait des groupes de black. Le slogan ne semble donc pas éventé et le Divan du Monde (avec le toureur Garmonbozia) devient l'une des salles principales du metal à Paris (finalement loin devant les autres de même volume).

La soirée verra trois groupes ouvrir le bal pour l'anthologique groupe floridien, choix étrange au demeurant sur le papier. En effet on commence la soirée par un Rotting Repugnancy, théoriquement très brutal sur le papier. Le groupe ne paie pas de mine, si ce n'est son malabar de chanteur qui débarque avec son petit lutin déposé prêt du micro (un paper prompteur ?). Personne n'osera se moquer au vu de la carrure du bonhomme. Torse nu, tous muscles dehors et tatoos en avant.  Je m'attendais à un brutal death limite grind, mais j'ai dû largement me tromper sur la notice et devrai revoir mes infos car le groupe envoie un death un peu accrocheur mais convenu. Et même si le frontman se donne, on sent bien qu'il est difficile de lancer du punch sur une salle plus occupée pour le moment à s'enfiler sa première pinte au sortir du boulot que se laisser aller sur tantôt du mid tempo, tantôt du blast sur couche de growl à bouclettes. La difficile vie de ce type de groupe est encore donnée ici en exemple. Plusieurs salutations sonores et bravos encourageront cependant les quatre membres, déguerpissant au final rapidement la scène.
Changement d'ambiance avec la préparation de la scène pour l'intru musical de la soirée : Dust Bolt. Les Allemands thrasher font la promo de leur dernier LP en date : Awake the riot. On sait donc que l'on va vivre un set à l'ancienne et ça commence dès les balances. C'est parti, non pas pour du revival des grandes années, mais bel et bien pour un concert de thrash. Les toto teutons débarquent remontés comme ados hypers actifs, à jurer et gigoter dans tous les sens. Les riffs font raz de marré et la fosse, qui jusqu'alors était calme et souriante, se lance dans du pogo et du circle pit sans fin. La scène n'est pourtant pas bien grande, et réduite de surcroît par le kit batterie obituaresque, mais les grateux courent et la traversent à tout va. Coté musical, le groupe alterne le nouveau LP avec quelques bombinettes du précédent comme "Violent Abolition" ou le puissant "Toxik attack", tout en mettant en avant les râpeuses récentes telles "Awake the Riot" ou "Agent war", très sonore. Le public est conquis, d'autant que le groupe fait son job d'opener en rappelant que les Floridiens vont tout déboîter. Mention très bien pour ces jeunes foufous thrashers qui ont réussi l'exploit de me faire croire, durant trois quart d'heure, que ma tignasse avait repoussée pour headbanguer.
Moi qui n'ait pu que rêver de voir Venom en concert (oui bien sûr, le groupe tourne encore) et qui ai adoré tel une icône satanique le sus nommé Mantas, ce n'est pas sans impatience que j'attends devant la scène l'arrivée de Mpire Of Evil , d'ailleurs dès le départ un bonjour à la bête et son retour « souriant » et personnel aura suffit à coudre la banane sur ma tronche. Un très rapide soundcheck et c'est parti pour un quasi Venom tribute puisque l'essentiel de la setlilst sera constituée de morceaux de la grande époque. Et ne nous mentons pas, c'est exactement ce que je voulais voir du groupe. Alors forcément, ça bouge beaucoup moins dans la fosse et l'ambiance est plus lourde. Le son plutôt pourrave du début verra l'intervention des roadies et ingé-sons de la salle, manquant de peu de faire écrouler notre bon vieux Mantas qui à se moment là a du jeter le regard le plus black metal / Venom  de la soirée. Si le tout est agréable, même si relativement linéaire, le public va surtout se réveiller pour le doublette de fin "Black Metal" et "Countess Bathory", où même les plus jeune se mettent à gueuler à tue-tête : agréable.
Enfin...Enfin...les (re)voilà. Les pionniers se font attendre et c'est une salle très chaude qui gueule après ses héros comme si le groupe n'avait pas tourné sur Paris depuis vingt ans (dernier passage dans la même salle date de 2012 pour le Rotting Slow in Europe tour). Histoire de dire que la tournée fait promotion du dernier album, le groupe envoie les titres les plus accrocheurs de la dernière mouture, globalement bien accueillie à sa sortie. Pour le reste, ça va surtout piocher dans l'ultra classique Slowly we Rot, le tout enrichit par les bombasses de titres du début de carrière. Pas de prestations particulières, hormis le backdrop géant, les musiciens sont acclamés du début jusqu'à leur départ. John Tardy donne pourtant dès le début du set  l'impression d'être complètement grillé, on le verra reprendre discrètement son souffle durant les passages sans chant voire, s’asseoir sur le rebord de la scène batterie. Très surprenant, d'autant qu'il sourit et se donne largement sur les partie growlées. Coté fosse, ça saute et pogotte de partout au fur et à mesure des stage diving, entraînant le vieux débats Slam / Anti Slam chez les pogotteurs. Pénible, car discutant et gueulant en marge de la musique. Inepte et absurde, bref dispensable quelque soit le point de vue soutenu. Certes, les slammers prennent leur temps sur scène, mais ne gênent a priori pas les musiciens. Par contre, il reste évident que le toto allant chopper Tardy pour un selfie durant une chanson manque tout simplement de respect au groupe qu'il vient voir. Tout cela n’empêche toutefois pas toute la salle, et quelque soit l'auditeur, de prendre son pied à sa façon. Clairement le poids des âges est là, mais le groupe, grâce à sa setlist finalement très maligne, maintient une pression certaine. Le son est en plus relativement bon, quelque soit l'instrument et la lourdeur de certains passages death de classiques ("Back to One" ou 'I'm in Pain" en fin de set) sont jouissifs encore de nos jours. Au final, tout le monde sait qu'avec "Slowly we Rot" il va bientôt falloir saluer le groupe, mais les sourires et le temps pris pour saluer tout le public soldera la soirée et le plaisir pris de revoir live ce death originel. Sans être extraordinaire, et parce que finalement plutôt attendue, la prestation de Obituary ravit son public et c'est tant mieux pour le groupe et pour les spectateurs!


Je ne sais pas s'il était nécessaire de programmer quatre groupes pour faire déplacer les amateurs de death anthologique, surtout qu'en programmant du thrash et une filiale de la maison mère Venom, la soirée fût pleine. En tout cas, les prestations des trois groupes (on mettra Rotting Repugnancy de coté) furent bonnes sans dépassement de forfait. Dust Bolt devrait pouvoir tourner bientôt en headliner avec une telle énergie. Quand à Obituary, il est très agréable, subjectivement et nostalgiquement, de les revoir en live. A n'en point douter, une visite de temps en temps dans une salle de cette taille, devrait la remplir à chaque fois. Certains metal'head de la nouvelle génération les ont vu. Du coup, on peut pourrir doucement maintenant.


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