CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 03 décembre 2014




SETLIST

Deep In Hate

Genesis Of Void
The Cattle Procession
The Divide
Altars Of Lies
Drum Solo
New Republic
Beyond

Napalm Death

Multinational Corporations, Part II
Silence Is Deafening
Everyday Pox
Unchallenged Hate
Suffer the Children
When All Is Said and Done
Oh So Pseudo
Smash a Single Digit
Errors in the Signals
Breed to Breathe
Human Garbage
On the Brink of Extinction
Social Sterility
Self Betrayal
Protection Racket
Taste the Poison
Necessary Evil
Scum
Life?
Deceiver
The Kill
You Suffer
Nazi Punks Fuck Off
(Dead Kennedys cover)
Siege of Power

Hatebreed

To the Threshold
Empty Promises
Tear It Down
Everyone Bleeds Now
In Ashes They Shall Reap
Honor Never Dies
Defeatist
Smash Your Enemies
Doomsayer
Perseverance
Before Dishonor
The Language
Straight to Your Face
Boundless (Time to Murder It)
As Diehard as They Come
Proven
Last Breath
This Is Now
Live for This
I Will Be Heard
Destroy Everything



AFFILIÉ

Napalm Death
Clisson - Hellfest
(23 juin 2007)
Wacken
(03 août 2007)
Paris - La Locomotive
(13 mai 2008)
Wacken Open Air (wacken)
(31 juillet 2009)

Hatebreed
Hellfest (Clisson)
(17 juin 2012)
Paris - Elysée Montmartre
(16 juin 2009)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)

21 novembre 2014 - Paris - Trabendo


Napalm_Death_-_Hatebreed_-_Deep_In_Hate_Paris_-_Trabendo_20141121

En cette douce soirée de novembre 2014, il y avait, comme souvent, une chiée de concerts metal ou hardcore sur Paris. D’aucuns (les plus gays ou les plus vieux, dirons-nous sans aucune velléité provocatrice), choisissaient d’aller voir Motörhead au Zénith. D’autres (les plus frenchcore, les plus barrés peut-être, des gens sympas assurément) se pressaient au concert de Psykup, qui n’avait plus foulé les planches parisiennes depuis des années. Et puis il y en avait sans doute quelques autres, dont l’un, non des moindres, attira votre serviteur telle une enseigne Mc Donalds attire le texan en surpoids (pléonasme).

Cette affiche, c’était rien de moins que la tournée des vingts ans d’Hatebreed (putain, déjà), accompagnés pour l’occasion d’un autre poids lourd vétéran, Napalm Death, et d'un des jeunes groupes franciliens qui monte, Deep In Hate. Ne voulant pas en rater une miette, votre serviteur quittait bravement son poste de travail sur les coups de 18h30 pour rejoindre l’ami Silverbard (photo-shooteur, chroniqueur et bien plus encore pour ton ‘zine préféré, joie sur lui et les siens) et se placer tout devant pour voir les deathcoreux franciliens bombarder le Trabendo pendant une petite trentaine de minutes. Deep In Hate débarque donc à 19h15 précises, avec un son parfait et l’envie d’en découdre. Il n’est jamais évident de jouer en « partie 0 » d’une soirée, surtout sachant que les deux groupes qui vous suivent sont des monstres sacrés chacun dans leur genre. Mais les gars de DIH ont relevé le gant avec professionnalisme et passion, finissant par se mettre le public dans la poche après des débuts un peu timides, la salle encore clairsemée n’aidant pas : le cocktail brutalement clinique, mécanique et surpuissant des régionaux de l’étape, parvient assez vite à plonger tout le Trab’ profondément dans la haine (mouah ah), l’impressionnant drum-solo de Bastos (ex-cogneur de futs des excellent Esprit du Clan pour les plus anciens d’entre vous, et au passage un vrai monstre technique et physique) battant le rappel et sonnant la charge. Le groupe joue majoritairement des morceaux issus de son second et très solide effort (lire ici), et finit son show sur son morceau le plus intéressant, « Beyond ». Le public apprécie la perf du groupe, le groupe apprécie la perf du public, vrais reconnaissent vrais, bref tout cela est très beau et émouvant. Mais la vie d’un jeune groupe de bourrins n’est pas toujours funky, et à peine le show terminé les franciliens doivent s’activer à ranger leur matos, qui sans loge ni réel espace technique à leur disposition, squattera le côté de la scène pour le reste du show. On s’arrange comme on peut, à l’arrache s'il le faut, c’est aussi ça l’esprit du metal.

A peine le temps de respirer que la tension monte d’un gros cran, de même que le remplissage de la fosse, désormais bien pleine. Napalm Death se pointe et le Trabendo se rempli d’un brouhaha d’une violence assez inouïe, mais parfaitement maitrisée. ND, c’est un truc des spécialistes, un groupe à part. Le genre de groupe qu’on a tous vu une chiée de fois en festoche, mais qu’on ne s’arrête pas forcément pour kiffer pendant un show entier. Présents depuis la fin des années 80 (et ouais, ça vous pose une légende non ?) dans une veine grindcore qu’ils ont clairement contribué à fonder, les cultes britanniques sont les gardiens d’une musique extrêmement violente et anti-système, mais dont le propos de fond se veut pourtant humaniste et tolérant, voire libertaire. C’est juste le vecteur choisi pour délivrer le propos qui a tendance à ramoner un peu la face. Disons le tout de go, 1h15 de Napalm Death, pour qui n’est pas un absolu fan de grind (personnellement j’aime beaucoup, mais derrière un paquet d’autres styles tout de même), c’est rude. C’est rude, c’est rugueux, ça fait un peu mal au cul. Mais en musique comme en amour, la rudesse peut parfois s’avérer source de bien des plaisirs (si tant est que tout le monde consente). Ce fut le cas ce soir avec Napalm Death, qui délivra un show ultra percutant,voire uppercutant, à base de brûlots grindcore de 1 minute 30 et de quelques pistes un peu plus longues et à peine moins violentes. C’est toujours assez génial de voir ces mecs, anti-charismatiques au possible si on se limite aux apparences (gros, sales, suants, un peu vieux, mal sapés, loin de respirer la santé, un peu comme les mecs de Sleep quoi), délivrer un son concis, brutal et hyper-technique avec l’air de ne pas y toucher : quel batteur, quelle basse de l’immense Shane Embury, quel coffre et quelle hargne absolue de la part de Barney. Le guitariste remplaçant, tout aussi vilain que ses copains (mention spéciale aux locks sales sur crâne dégarni et début de calvitie, c’est quelque chose) fera également son office avec grand talent, humour et humilité. Bref, un groupe de darons qui a servi une performance de darons. Autant dire qu’après une telle fessée, Hatebreed se devait d’assurer.

Mais bon, demander à Hatebreed d’assurer en live, c’est un peu comme demander à Balkany de magouiller comme un vrai fumier ou à Nabilla d’être conne comme une table : c’est quelque chose de l’ordre du naturel chez eux, presque du cerveau reptilien. On en attendait donc beaucoup de la part de la bande à Jamey, déjà bien vue cinq ou six fois en live. Mais impossible de bouder son plaisir à l’idée de les voir en « petite » salle, au plus près de la bête. C’est donc à 21h30 tapantes que la machine de guerre hardcore-metal américaine débarque, et là, ce n’est plus d’un cran ou deux que monte l’ambiance, mais bien d’une bonne centaine, comme la température de la salle. La fosse se transforme instantanément en un bouillonnant pit, et tient heureusement plus de la marée humaine mouvante que du pit clairsemé à mosheurs relous avec leurs windmills et leur deux step précairement exécutés (d’ailleurs, petit message pour les mosheurs : j’ai rien contre vous en somme, mais faut bien reconnaître que parfois vous brisez un peu les noix du tout-venant en concert les gars, les bons vieux pogos ça vous suffit pas? Vous voulez mosher à tout prix ? Mais allez donc mosher en pèlerinage à un concert de Sheer Terror ou Merauder dans un quartier lugubre de Boston avec une bande de straight-edge de 120 kilos de haine pure, ça vous passera l’envie. Bisous bisous).
Hatebreed mettra le feu pendant pas moins d'une heure et quart à dérouler tous ses classiques, une prestation « best-of » sans surprises mais diablement efficace. Avec Napalm Death en co-headliner, voilà une bien belle affiche que les Parisiens ont eu ce soir, présentant deux faces cultes et pourtant bien différentes ce que peut être la musique extrême dans son aspect de joyeux défouloir en live.
Album photo Hatebreed : Das Silverfoto
Album photo Napalm Death : Das Silverfoto


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