CHRONIQUE PAR ...

108
Fromage Enrage
le 01 décembre 2014




SETLIST

Stay Useless 
Fall In 
Psychic Trauma 
Now Hear In 
Cut You 
Pattern Walks 
Separation 
No Future / No Past
I'm Not Part Of Me
Wasted Days 

AFFILIÉ

Cloud Nothings
Rock en Seine
(02 septembre 2014)

26 novembre 2014 - Paris - La Maroquinerie


Cloud_Nothings_Paris_-_La_Maroquinerie_20141126

Ce concert constitue un record pour l'humble chroniqueur qui écrit ces lignes en ce moment même. Pas le record du set le plus long, de la plus grande distance parcourue en slam, ni même le record du plus grand nombre de bières éclusées. Non, il s'agit du plus grand nombre de fois que j'ai vu le même groupe en live sur une si petite période. Troisième fois en effet que je vais applaudir Cloud Nothings en... six mois ! Après le 20 mai à la Flèche d'Or, et Rock en Seine le 24 août (chroniqué ici même) c'est re-re-parti pour un tour. La bande à Dylan Baldi apprécie la France. Alors, que vous raconter sur ce concert sans tomber dans la redondance la plus totale ?

Évoquons, pour commencer et si vous le voulez bien, la salle parisienne où vont se dérouler les événements de ce 26 novembre. Une salle sympathique, pas bien grande, et alternative comme il faut. Par "alternative", comprenez : programmation pointue, toilettes à la propreté toute relative, location plutôt éloignée de tout (nous sommes en plein 20e arrondissement), monceau de flyers pour d'autres concerts bien pointus distribué à l'entrée. Le pied, quoi. On entre dans la salle, et ô stupeur. Des hipsters, des hipsters partout ! Les chemises à carreaux fleurissent, tout le monde a fait le Movember, et les cheveux sont en général pas bien longs (mais bien ébouriffés quand même). "Bien, on va pouvoir passer une soirée entre connaisseurs", pensé-je, en m'installant dans une fosse encore assez clairesemée. 
La première partie, Ryley Walker, est dans le ton de la soirée. Le gaillard, à la dégaine vaguement grungy, joue, seul en scène, un genre de folk assez dynamique à la guitare acoustique. Les morceaux traînent parfois en longueur, mais ils ont le mérite d'être assez variés. Et le musicien sympathique avec ça. Un peu intimidé d'être à Paris, mais néanmoins ravi d'être là et de pouvoir lâcher quelques vannes entre deux chansons. A la fin de son set, il nous laisse sur une promesse : "Cloud Nothings's gonna split your head in two" ! Voilà qui promet.

L'attente n'est pas longue entre les deux artistes, c'est à peine si le public, plus dense désormais, a le temps de piétiner sur place. Cloud Nothings débarque, prend le temps d'un salut furtif et démarre avec... "Stay Useless !" Un gigantesque tube pour démarrer, voilà qui change d'un "Pattern Walks" certes excellent, mais un peu assommant pour démarrer une performance live. Le public laisse parler son enthousiasme, mais ne se met pas encore en branle. Les pogos finiront par éclater au bout de trois morceaux environ, pour ne plus retomber. 

De son côté, le groupe continue à jouer, quasi imperturbable. Dylan Baldi ne prend pas le temps d'intervenir entre les morceaux. Sans s'arrêter, il matraque ses accords de guitare tout en s'écorchant les cordes vocales, toujours avec la même conviction. Ce ne sont pas les autres membres du groupe qui vont davantage s'activer sur scène, que ça soit la bassiste et son splendide t-shirt Eraserhead ou le batteur dégingandé et son kit que l'on croirait pour enfants. Le son du trio est équilibré et audible, malgré quelques passages bordéliques à souhait (la batterie était quand même plutôt assourdissante).

Au rayon des nouveautés de la setlist, notons la déchirante "No Future / No Past" et sa terrible montée en puissance. Il était temps que le groupe se décide à la sortir en live, celle-ci ! "Cut You" et son refrain totalement addictif sera aussi de la partie. Quant aux morceaux issus du dernier album, ils sont loin d'être oubliés. J'en veux pour preuve des "No Thoughts" et "I'm Not Part of Me" toujours aussi réjouissants, même lorsqu'on les entend pour la troisième fois. Bien entendu, le set s'achèvera par la pièce montée "Wasted Days", avec break noisy interminable et final postcore radical à la clé. 

C'est titubant, perclu de bleus et les oreilles sifflantes que je quitte la Maroquinerie. La soirée a été épuisante, mais ô combien excellente. Cloud Nothings confirme encore une fois que sa réputation de bête de scène n'est pas volée du tout. A la prochaine, les gars, on remet ça quand vous voulez. 


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1