CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
le 01 décembre 2014




SETLIST

Machine Head :
Now We Die 
Imperium 
Beautiful Mourning 
Locust 
Ten Ton Hammer 
Darkness Within 
Declaration 
Bulldozer 
Davidian 
Aesthetics of Hate 
Halo 

Darkest Hour :
Wasteland 
Rapture in Exile 
Savor the Kill 
Infinite Eyes 
Doomsayer (The Beginning of the End) 
Anti-Axis 
Lost for Life 
The Sadist Nation 
With a Thousand Words to Say but One 

Rise Of The Northstar :
Phoenix 
Bejita's Revenge 
Sound of Wolves 
Show Me Your Respect 
Welcame (Furyo State of Mind) 
Against All 
(Unknown) (Song from "Welcame") 


AFFILIÉ

Machine Head
Clisson - Hellfest
(22 juin 2007)
Wacken
(05 août 2005)
Lille - Aéronef
(20 février 2016)
Paris - Bercy
(02 avril 2009)
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2009)
Wacken Open Air (wacken)
(01 août 2009)
Hellfest (Clisson)
(16 juin 2012)

10 novembre 2014 - Paris - Bataclan


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Sonnez trompettes, résonnez tambours, déclamez hérauts : en cet auguste jour du 10 novembre 2014, veille de mémoire du centenaire de la grande guerre, sachez ceci : un homme est parvenu à voir l’intégralité d’un concert parisien se déroulant au Bataclan. Enfin, quasiment. N’écoutant que son courage, il s’est littéralement enfui de son poste de travail à 18h pour rejoindre, haletant, suant, fumant, les portes du Bataclan. Présent à la salle à 18h38, il se précipita à l’intérieur dans l’espoir de voir l’intégralité du show de Rise Of The Northstar, LE groupe de HxC français (à forte inclinaison thématique nippone, on le verra) qui monte. Et quelle ne fut pas son dénuement, sa surprise, sa déception profonde, quand il réalisa qu’il avait quand même trouvé le moyen d’en louper un morceau. 

On ne dira jamais assez à quel point ces horaires pour le moins couche-tôt sont détestables pour les « premières premières parties », qui jouent bien souvent devant des salles à demi-vides (et encore) alors que le show est sold-out, ce qui fut encore le cas ici (bien que les parisiens parvinrent à finalement remplir correctement la salle grâce à l’énergie de leur set). On peut chier sur ces horaires oui, mais tout en en concevant bien la raison, somme toute parfaitement valable : des couvre-feux quasi vichysois imposés par la préfecture (ou est-ce la mairie ? on ne sait plus très bien), puisqu’à 22h30 tout bordel musical doit cesser séance tenante dans la plupart des salles parisiennes, du moins celles collées voire intégrées à des immeubles d’habitation, comme c’est le cas du bataclan. Cela peut se concevoir même si à y bien penser, les émois des bourgeois résidant dans ce quartier où le m² doit facilement taper les 10 000 ou 11 000 euros me laissent légèrement de marbre. M’enfin, passons. D’ailleurs de tout cela, ROTNS n’en avait cure, et était venu en découdre avec son hardcore old school, urbain, quasi hip-hop et ultra-orthodoxe, teinté d’une thématique japonaise assez originale, qu’ils appellent eux-même le furyo style (vous savez, ces bads boys de lycée japonais à banane gominée qu’on retrouve dans à peu près tous les shonen). Plus généralement, ce groupe aime le Japon et le Japon l’aime, en témoignent leurs clips tournés là-bas et des titres de morceaux tels que « Bejita’s Revenge ». Malgré la blessure à la jambe de Vithia, l’imposant frontman parisien donne tout ce qu’il peut, de même que ses comparses. Les meilleurs morceaux du groupe, qui n’a encore qu’un EP et des titres isolés à présenter, y passent, excepté « Demonstrating My Saya Style » (d’ailleurs, merde !). L’énergie est là, le groove est implacable, le côté hiphop et profondément urbain du combo se ressent à chaque instant et les fans apprécient, cela se voit et on ne peut que le saluer car c’est fort mérité. ROTNS (nom donné en référence au cultissime Hokuto No Ken si je ne m’abuse) en profite d’ailleurs pour annoncer la sortie de son premier album, Welcame, chez Nuclear Blast s’il vous plait. Le groupe est à retrouver en janvier au Divan du Monde pour ce qui promet d’être une chouette soirée. Après un dernier morceau inconnu mais annonciateur d’un premier album assez cool, ROTNS laisse les planches fumantes à un groupe nettement plus cohérent avec la tête d’affiche du soir, Darkest Hour. 
En effet, autant ROTNS faisait un peu « tâche » sur l’affiche (mais une tâche d’une belle qualité et d’un fort bel aspect), autant Darkest Hour tenait déjà plus la route. Du métal, déjà, et pas du hardcore. Des américains, ensuite, comme les hôtes du soir. Des mecs qui aiment le riff, enfin. Et bien que leurs influences principales soient plutôt à rechercher du côté de la scandinavie profonde (At The Gates, Dark Tranquility, In Flames en tête) que de la bay area, on comprenait là la cohérence de l’attelage. Personnellement j’ai toujours beaucoup respecté ce groupe sans pour autant m’intéresser plus que cela à leur son. Malheur à moi, l’album que j’écoutai le plus de leur part fut le dernier, qu’ils défendaient lors de cette tournée, et je le trouvai assez mauvais, penchant bien volontiers vers un métalcore nettement plus putassier que ne l’étaient leurs précédentes livrées, empreintes d’un mélodeath racé et percutant bien que très orthodoxe. Se prostituer à mi-temps (l’album n’étant pas catastrophique de bout en bout) pour se libérer du lourd carcan de ses grands inspirateurs ? Voilà qui est navrant. Mais que l’on se rassure, si Darkest Hour a peut-être momentanément perdu le fil sur album, en live, force fut de constater que le groupe sait toujours s’y prendre. Une performance aussi violente que maitrisée, un son au poil (on entendait mieux les leads que pendant MH, c’est dire), un groupe visiblement en forme et heureux d’être là malgré un gratteux rythmique en t-shirt col V sacrément poseur (toi je te retiens, vilain Narcisse), un tas de morceaux des anciens albums et des nouveaux nettement plus bourrins et entrainants en live que sur skeud où on l’on frôle parfois l’émocore, et tout cela fit des chocapic-of-death forts appréciables. Le groupe, en tournée pour défendre son dernier bébé, fut visiblement ravi de l’accueil d’un Bataclan désormais plus rempli que votre serviteur à la sortie d’un bon steak-house. 
Mais trèves de galéjades, car si tout cela était bel et bien bon, le clou de la soirée n’allait pas tarder à survenir. Pensez donc : Machine Head, un des plus grands groupes de la scène power/thrash des années 90, tombé en disgrâce à l’orée des années 2000 pour finalement revenir en force avec deux poutres (Through The Ashes Of Empires et The Blackening) et un honorable effort bien qu’un peu redondant (Unto The Locust), aimé de tous, abonnés aux headliners de festoches et aux énormes salles, joue au Bataclan ! Autant vous dire que j’étais à 2 mètres de la scène, bien ravi de pouvoir voir le grand Robb à 3 mètres de ma pauvre carcasse adoratrice. Seulement voilà, Machine Head tarde. Tarde, tarde, et tarde encore. On l’apprendra plus tard, bien qu’on s’en était doutés à voir les roadies courir partout sur scène pendant 45 minutes, de gros soucis techniques (apparemment de pédale d’effet guitare) ont un peu foutu le souk et de ce fait, Machine Head débarque finalement un peu avant 21h30, alors qu’on les attendait pour 21h. Dommage, parce que vu les couvre-feux crypto nazis évoqués plus haut, cela signifiât d’entrée que MH ne jouerait qu’une heure. Un petit tour post-concert sur les internets confirmera mes craintes : trois titres ont sauté par rapport au reste de la tournée : « Night Of Long Knives », « Killers & Kings », titres franchement moyens issus du dernier album Bloodstones & Diamonds, franchement moyen lui aussi (du moins à mon humble avis), mais surtout l’immense, l’incontournable, la surpuissante « Old ». Mais qu’à cela ne tienne, le Bataclan n’allait visiblement pas se laisser démonter par ce contretemps, pas plus que le légendaire combo d’Oakland. Machine Head débarque donc sous les clameurs d’un public déjà conquis, avec son nouveau bassiste, sorte d’Axl Rose de l’époque où il n’était pas encore devenu affreusement dégueulasse (so long, Adam Deuce…snif). Le premier morceau est bien évidemment « Now We Die », premier extrait tiré du dernier effort des californiens et meilleur morceau du-dit album, bien que son côté power métal autoroute poum-tac-poum-tac et son orgie de cordes me gonflent légèrement. Sorti de ce titre, une set list assez récente nous est proposée : pas mal de Locust dont le morceau en question (bof…),  pas mal de The Blackening (trois morceaux dont l’immense « Halo » et un « Aesthetics Of Hate » plus efficace que Stakhanov lui-même), un unique morceau de Through The Ashes, mais quel morceau (l’immense « Imperium » évidemment, un des tous meilleurs morceaux de MH), un petit « Bulldozer » pour le fun, et « Ten Ton Hammer » et « Davidian » histoire de rappeler à tout le monde qui est son géniteur biologique et comment le groupe a bâti sa notoriété et sa réputation : à coups de morceaux exceptionnels. 
Sorti de cette setlist tronquée qu’il est difficile de juger tant on a déjà vu MH proposer mieux, plus, et plus longtemps, le groupe délivra une prestation fatalement courte mais très énergique et pleine d’amour, comme Robb aime à en donner en permanence. Le monsieur est un grand bavard, on le sait, mais ça passe toujours mieux quand on se retrouve à 3 mètres de lui qu’à 30 mètres à Bercy ou 50 mètres si ce n’est pire au Hellfest. On aura donc droit aux anecdotes de passages à Paris de Robb, aux « santé motherfucker, santé » à n’en plus finir de Robb, aux remerciements de Robb, aux « wow you guys are fucking insane » de Robb, etc. Bref, Robb sait soigner son public, il est connu et reconnu pour ça. En l’occurrence on aurait aimé qu’il cause moins et joue plus, et aussi avoir des excuses pour le gros retard, qui vu le prix de la place faisait un peu mal au cul (mais s’agissant d’un problème technique, dur de l’imputer au groupe) mais il faut bien avouer que son petit speech au début de « Darkness Within » fut assez mémorable et émouvant. J’ignore si il sort le même à ses fans tous les deux soirs, mais force est de constater que cela fonctionne à merveille. Le reste de ses comparses fut au diapason, le nouveau bassiste est bon, carré,  souriant, chante à peu près bien même si on l’entend moins qu’on entendait Deuce, Mc Clain est toujours aussi imperturbable derrière son kit de batterie qui semble grandir d’année en année, et Phil Demmel arborait un énorme sourire et ne semblait pas trop bourré pour une fois. A un moment il a même fait un pouce dans ma direction parce que mes comparses et moi beuglions (faux) mais particulièrement fort les paroles de « Davidian ». Quelle émotion. On le sait, Machine Head est parfois un peu approximatif en live, le chant de Robb, les leads de Demmel, les deux compères aimant sans doute un peu trop tâter de Madame Boutanche avant de monter sur scène. Mais ce soir, ce fut tout à fait correct. Et « correct », avec Machine Head dans une « petite » salle chauffée à blanc, ça devient tout de suite assez monstrueux. Aidés d’un son de grande qualité bien qu’un peu faiblard (cela vaut toujours mieux qu’une bouillie inaudible à 120 db d’où ne ressort que la double grosse caisse), Machine Head a livré une prestation dans sa plutôt bonne moyenne, rendue il est vrai un peu plus amère par ce malheureux retard à l’allumage. Dernier coup de grâce après l’énorme final de « Halo », ses jets de vapeur et ses tonnes de confettis tombant du plafond…pas de rappel. Il est 22h35, l’orga doit déjà être en train de gueuler en coulisse et on les comprend, les lumières se rallument donc et ciao les amis.


Décidément un petit gout d’inachevé à cette prestation tronquée, mais bon, vu les morceaux loupés, à part Old que j’ai déjà vu jouée live 3 ou 4 fois, je m’en remettrais. Par contre, petite pensée pour les gens dont c’était la première fois avec Machine Head (image un peu sale j’en conviens), il y en avait pas mal (Robb y étant allé de son petit sondage habituel) et ceux-ci ont du se sentir un peu navrés, voire floués. N’en croyez rien, ami(e)s, Machine Head est et demeurera un grand groupe de la scène, et les grands groupes reviennent toujours, d’autres occasions se présenteront donc. Cette légère défaillance de la tête d’affiche aura en tout cas permis de mettre en lumière la très jolie performance des deux ouvreurs, dans des styles totalement différents mais tout aussi percutants. 



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