CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 10 novembre 2014




SETLIST

Regarde Les Hommes Tomber

Prelude 
Wanderer of Eternity 
Sweet Thoughts and Visions 
Ov Flames, Flesh and Sins 
A Thousand Years of Servitude 
The Fall

Pallbearer

Worlds Apart 
Devoid of Redemption 
Watcher in the Dark 
The Ghost I Used to Be 
Foundations 
Foreigner 

YOB


Ball of Molten Lead 
In Our Blood 
Nothing To Win 
The Lie that is Sin 
Marrow 




AFFILIÉ

Pallbearer
Paris - Trabendo
(31 octobre 2017)

09 octobre 2014 - Paris - Glaz'art


Yob_-_Regarde_Les_Hommes_Tomber_-_Pallbearer_Paris_-_Glaz'art_20141009

Les Parisiens férus de doom, sludge et tout ce qui peut se faire comme son lourd et gras, ne sont pas sans connaître les événements "Stoned Gatherings" qui proposent régulièrement d’excellentes affiches en la matière. Souvent localisées au Glaz'art, salle poussiéreuse et vétuste, basse de plafond, à l'acoustique défectueuse, aux éclairages de mauvaise qualité, au système d'aération inexistant... (la liste pourrait s'étendre encore....), on pourrait à juste titre s'attendre au pire ! Et pourtant, ce lieu lugubre et insalubre, perdu à la porte de la Villette, se révèle être l'endroit idéal pour s'immerger comme il faut dans l'ambiance poisseuse du genre pratiqué !

Le concert commence tôt et votre serviteur ratera la performance des Suédois de Galvano, mais arrivera juste à temps pour apprécier pleinement la fierté nationale de la soirée et de l'année précédente en termes de découverte black/sludge, je veux bien sûr parler des bigrement talentueux Regarde Les Hommes Tomber ! Officiant systématiquement avec le même lightshow - à savoir le noir quasi total haché d'éclairs lancés par un stroboscope d’épileptique - c'est à chaque fois le même plaisir de redécouvrir en live les titres du groupe qui prennent un coup de lourdeur supplémentaire ! Comme d'habitude, il suffit de se manger le "Prelude" pour rentrer déjà en transe et plonger dans l'apocalypse fait musique... Les blast-beats de damnés, le maelström de riffs assassins, le groove de porc, le chant hurlé jusqu'au déchirement..., on le dit et le redit, Regarde Les Hommes Tomber est un nouvel incontournable de la scène, à (re)découvrir absolument en live. On notera au passage la performance toujours plus charismatique du frontman qui se rapproche à chaque fois un peu plus de l'attitude de Colin H. van Eeckhout d'Amenra, avec une posture faisant de plus en plus dos au public et un cérémonial d'invocations au travers d'un langage du corps toujours plus assumé.
Place à présent à Pallbearer, jeune formation américaine à la renommé déjà bien établie en seulement deux albums de temps et qui a vite su sortir de sa catégorisation "doom traditionnel" très réductrice. Le groupe parvient à une alchimie assez unique en la matière entre sa filiation évidente à Candlemass et consorts d'une part (surtout au travers de ce chant fantomatique tellement 70's), et un son résolument sludge d'autre part, tout en allant piocher dans des ambiances et des sonorités fortement gothiques : Paradise Lost et Anathema - dont le chanteur arbore un T-shirt à cette effigie au passage - semble être à ce niveau des références immanquables. Niveau jeu de scène, on se surprend à découvrir la pile électrique qu'est le bassiste qui se donne à fond (et on le comprend un peu mieux en prêtant attention à ses lignes de basse diablement groovy). Ceux qui ont adoré les albums auront adoré pareillement le live puisque la retranscription se déroule à merveille. Le public semble toutefois divisé par le genre pratiqué qui ne semble pas faire l'unanimité...
Viens enfin YOB, tête d'affiche nous venant du fin fond de l'Oregon, dont on pourrait légitimement douter de la renommé.... Mais c'est au contraire avec surprise qu'on constate que le public est venu en grande majorité pour le trio américain ! Fort de tout de même sept albums et venu présenter son nouveau rejeton Clearing the Path to Ascend paru cette année, YOB n'en est plus à ses débuts et le concert va révéler tout son savoir faire. Trio mené par le plus que charismatique Mike Scheidt au chant et à la guitare, la configuration scénique est particulièrement intéressante puisque les membre sont disposés en triangle où le public serait à la pointe et chaque musicien sur une arête. Excessivement long dans son développement, un titre du groupe dure en moyenne un quart d'heure avec un tempo relativement lent et une progression hypnotique.
L'ambiance est souvent mystique, voire rituélique, que ce soit dans les arpèges chargés en delay et en reverb, que dans les passages lourds en distorsion où le chant aigu si particulier de Mike Scheidt vient se poser. Le groupe bénéficie d'un son exemplaire tout au long de la soirée (ce qui vient confirmer la théorie que seuls les groupes de sludge/doom rendent bien au Glaz'art...), avec une lourdeur dans les basses savamment dosée. Un état de communion se révèle vite dans la salle avec un public unanimement transi par l'atmosphère et un groupe au meilleur de son art. Le leader est, de façon ostensible, touché par l'engagement du public qui connaît très bien la musique et les paroles du nouvel album, largement représenté.


Le final sur "Marrow", issu du dernier album, mettra aux larmes plus d'un dans la salle et surtout verra le chanteur/guitariste en état de grâce, tomber dans les pommes (regarde les hommes tomber, oui oui...), tellement ému par l'air définitivement magique qui planait sur le Glaz'art en cette fin de soirée et après un show d'une heure et quart de lourdeur et d'hypnose collective. Venu essentiellement pour les premières parties, c'est bien YOB qui m'a écrasé la face et qui restera le coup de cœur de la soirée, malgré la performance de haut vol des camarades de Regarde Les Hommes Tomber et Pallbearer ! Une affiche de l'apocalypse comme on aimerait en goûter tous les jours !

Album photo : Das Silverfoto


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