CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 12 janvier 2008




SETLIST

Ed-Äke :
Intro
My Lady Loves
A Scary Tale
Miss Explanation
Interlude
Need No Flag
Scratch The Stone
Social Breakdown

Forever Never :
Empty Promises
Closer
Eradicated
As I Lie
Broken Kingdom
Aporia

Madina Lake :
The Auspice
Adalia
One Last Kiss
Now Or Never
House Of Cards
Me vs. the World
Stars
River People
Here I Stand
True Love
Pandora

Rappels :

In Another Life
March Of The Pigs (Nine Inch Nails cover)

AFFILIÉ

09 janvier 2008 - Paris - Trabendo


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Après un premier concert à la Boule Noire en septembre, Madina Lake revient avec une vengeance. Sauf que cette fois-ci l'album From Them, Through Us, To You est sorti (chronique ici) et la fan-base du groupe s'est déplacée en masse... soit un petite cinquantaine de personnes à vue de nez, à dominante féminine et ado très marquée.

Car le public de Madina Lake est divisé en deux camps : un camp de gamines de 14 ans (et encore), le cheveu souvent noir de jais, fringué en gothique plus que de raison et la voix TRES aiguë... et l'autre camp constitué des papas-mamans des gamines en question. Les premières sont massées au premier rang et n'en bougeront pas, tandis que les deuxièmes les observent quelques mètres en arrière avec l'air débonnaire du parent qui ne comprend pas trop le degré d'hystérie de sa progéniture mais a décidé de jouer le jeu car tout ça n'est pas bien méchant. De toutes façons Madina Lake n'est pas encore là et pour cause : ils sont en coulisses en train de deviser avec votre serviteur (interview ici) quand les parisiens de Ed-Äke débarquent sur scène, et c'est donc après trois chansons que je débarque pour assister à leur prestation.

Ed-Äke possède le dénominateur commun aux trois groupes de la soirée : l'énergie brute. Les membres sont à fond dedans, à l'image du chanteur qui se donne et se révèle assez charismatique à défaut d'être précis dans son chant. En effet, le groupe pêche par un manque de précision instrumentale et tout ça n'est pas super carré. Ce n'est pas forcément très grave vu l'orientation rock / punk générale, mais ça gêne un peu, surtout quand les membres chantent en chœur... faux. Par contre Ed-Äke dévoile une variété musicale inattendue : les couplets de "Scratch The Stone" s'appuient sur une ambiance de type pop anglaise happy bien amenée (surtout que les refrains cognent, eux) et le final "Social Breakdown" est pour sa part une bonne petite bombe de rock'n roll gras Motörheadien. Un groupe à revoir !

Avec Forever Never, le niveau monte brutalement d'un cran. La formation britannique est indéniablement pro et se distingue par un chanteur imposant et intenable sur scène (Renny Caroll) à la voix mélodique puissante. Le bassiste Kev Yates fait figure de deuxième frontman : archétype du poseur classieux, il bastonne au contact direct du public. Le groupe pratique un métal moderne et mélodique qui confine au metalcore : soli mélodiques, harmonies et arpèges... puis gros riffs de porc syncopés au placement rythmique parfois très complexe ("Empty Promises Extended"). Le timbre de Renny Caroll fait penser aux groupes alternatifs US (Brandon Boyd, Lajon Witherspoon quand il est soft, etc) et l'homme peut aussi hurler comme il se doit. Jumpy, violente, mélodique, la musique de Forever Never est taillée pour le live et le groupe repart sous des vivats mérités.

Quand l'intro "The Auspice" résonne, on a l'impression que le Messie va arriver... enfin, si les trompettes des anges étaient remplacées par des hurlements suraigus de nymphettes hystériques ce serait ça. Puis Madina Lake débarque avec une première déception : le groupe de tête d'affiche a le moins bon son de la soirée ! Les fréquences basses noient la guitare de Matteo, et si le tout s'améliorera un peu le groupe ne bénéficiera jamais de la puissance et la clarté de Forever Never. Sorti de cet aspect, c'est une boucherie. Car une évidence s'impose dès les premières secondes : le côté formaté qui gêne parfois à l'écoute de l'album est une histoire de prod avant tout, et une fois lâchés sur scène les américains ne rigolent pas. Scéniquement impressionnants (ils sautent partout sans jamais faire de pains), ils vont prouver qu'ils sont musicalement béton.

Car ce soir il ne s'agit plus d'un groupe de pop-punk avec des accents rock et electro intéressants... il s'agit d'un groupe de rock-métal possédant quelques caractéristiques pop-punk. Ce renversement stylistique colle la banane, et dès le premier break de piano de "Adalia" on chope le frisson. Il faut dire que Nathan Leone se lâche niveau chant : aux antipodes de son style lisse dominant sur album, l'homme fait péter le vibrato en permanence et sonne rock avant tout. Le public transcende les morceaux en gueulant les paroles et les arrangements electro / pop de "House Of Cards" (très Muse dans l'esprit) font monter le kiffomètre au plafond. Même le convenu "Here I Stand" perd son côté teen movie et déclenche un pogo presque méchant ! Et il y a ce final sur "March Of The Pigs"... pas sûr que quelqu'un ait reconnu le titre, mais sa présence veut dire beaucoup.


A la sortie de ce concert, on se prend à réécouter From Them, Through Us, To You et à se dire que c'est cette saloperie de prod formatée qui nous avait fait considérer Madina Lake comme un groupe à djeunz à la base. Et que la manière dont le groupe a été marketé n'aidera pas les trve metawl warriorz ov steel à éprouver autre chose que du mépris pour eux. Et pourtant ! Madina Lake a prouvé ce soir qu'ils étaient autre chose qu'un groupe à mèche et qu'ils méritent largement l'appellation de musiciens voire d'artistes. Faites qu'ils confirment ça avec le prochain album...


Crédit photo : http://myspace.com/hellorparadize. Merci !


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