CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
le 15 juillet 2014




SETLIST

Die Knowing 
False Idols Fall 
Do Yourself a Favor 
All in a Year 
Broadcasting... 
Talk Is Cheap 
Lower the Line 
Losing Sleep 
G.M. Vincent & I 
Step Ahead 
Wasted Arrows 
Should Know Better 
Wake the Dead 

AFFILIÉ

Comeback Kid
Hellfest (Clisson)
(18 juin 2011)

21 juin 2014 - Hellfest


Comeback_Kid_Hellfest_20140621

Qui prétendrait aujourd’hui remettre en question la supériorité de Comeback Kid sur la scène hardcore ? Papes de l’old-school remis au goût du jour (sans tomber pour autant dans la scène new-school hautement plus mélodique et désespérée, cf. Defeater), les américains sont à la fois le passé et l’avenir du hardcore d’aujourd’hui. Savant mélange d’orthodoxie (beaucoup) et d’innovation (un peu), synthèse à peu près complète de tout ce qui se fait de bien dans le genre, Comeback faisait son retour (ho oh ho, *bruit de forte gifle*) au Hellfest après deux ans d’absence : pour mettre la pétée à tout le monde, pour célébrer plus de 10 ans de carrière et également pour défendre son dernier album en date, le solide Die Knowing. Cela se passait évidemment à la Warzone, et on y était. Ambiance poussière et poings en l’air.

Premier constat : l’isolement de la Warzone et son positionnement un peu bizarre (l’entrée côté droit de la scène se fait par un vilain goulet d’étranglement, le côté droit est donc toujours blindé, alors que le gauche est tout seul et tout isolé au fond) font qu’on a l’impression que Comeback, comme nombre de groupes de la Warzone, joue en diagonale. Ce bon Andrew Neufeld sera ainsi nettement plus souvent tourné vers le côté droit de la scène, où tous les glands s’entassent et bloquent le passage vers la sortie au lieu de faire le tour, plutôt que vers la gauche, où on est pourtant hyper bien calés entre soleil de plomb, bière tiède (ou rosé chaud, selon les goûts) et poussière lourde. C’est un détail récurrent mais espérons que l’orga règle le souci à l’avenir car cette scène a un petit problème d’accès (il faudrait un autre accès côté gauche ou bien retourner la scène vers le centre du site et coller un énorme accès central). Mais encore une fois, peu de cas sera fait de cette situation, ni par le public, ni par les groupes, et surtout pas par Comeback Kid, qui est venu pour casser des bouches et répandre la bonne parole. Dotés d’un son énorme, presque un peu trop d’ailleurs (bien que la relative simplicité de la musique du combo rende cet état de fait peu emmerdant, enfin toujours moins que chez un Protest The Hero par exemple), les canadiens débutent pied au plancher un set à l’intensité toujours aussi élevée. Le public de connaisseurs ne s’y trompe pas, moshe à tout va, circlepitte© (je tente un néologisme, laissez-moi tranquille) à qui mieux mieux et la poussière finit par vite masquer totalement la scène, offrant des images assez somptueuses dans la lumière descendante. Pour qui a déjà vu Comeback Kid, la prestation fut égale à elle-même, ni plus, ni moins. 
Difficile d’en attendre « plus que d’habitude » tant les canadiens sont des furieux de base, et tant leur dernier album, efficace mais assez contrasté, se situe dans l’absolue lignée de ses grands frères, un poil de surprise et de tubes en moins. La part belle lui sera pourtant faite et c’est bien légitime tant les morceaux de Die Knowing se prêtent bien à l’exercice du live, comme tous les morceaux de Comeback Kid finalement. Les quatres morceaux joués donnent en tout cas bien envie de se replonger dans cet album que nombre de fans auront jugé inférieur à son prédécesseur Symptoms And Cure (sans même oser le comparer aux énormes Broadcasting et Wake the Dead). Mais quel que soit le morceau joué, la réponse du public fut équivalente : poings en l’air et hurlements d’approbation. Moshparts, accélérations foudroyantes, refrains de stade ("Wake The Dead", mon dieu), breaks écrasants mais jamais soûlants (salut le metalcore), Comeback Kid déploie son habituelle panoplie de boss du HxC moderne et place, de-ci de-là, quelques-uns des hymnes qui ont fait sa renommée depuis des années. On pense bien sûr à l’indépassable "G.M Vincent and I", toujours un immense moment de communion tough guy (ces lignes de chant, ces chœurs, cette accélération finale), à un "False Idols Fall" toujours aussi efficace, mais également à "Wake the Dead" et à son refrain épique. Petit regret personnel de n’avoir pas eu droit à "Defeated", mais la présence de "…Broadcasting" sur le set des canucks combla sans tarder toutes velléités de regrets sous des couches de poussière et de décibels. Mention spéciale enfin à "Should Know Better", qui ne m’avait pas plus alerté que cela sur album mais qui m’a absolument pété la gueule en live.
 

Décidément, les prestations scéniques mémorables tiennent presque plus de l’état d’esprit du groupe qui joue que de la qualité intrinsèque de ses compos (cf. Mastodon souvent chiant et/ou approximatif en live alors que sur album…alerte aux génies), et c’est d’ailleurs ce qui fait que le HxC règne en maitre dans les festivals en termes d’ambiance lors des concerts (enfin du moins du point de vue totalement subjectif et partial de l’indécrottable coreux que je suis). Grâce à la puissance et à la simplicité du HxC, des groupes assez pourraves sur CD comme Stick To Your Guns peuvent vous coller des méga-mandales et vous donner envie de les réécouter. Alors quand en plus il s’agit d’un groupe qui excelle déjà sur album depuis plus de 10 ans, je vous laisse imaginer le résultat dévastateur. Bref, encore un énorme concert de Comeback Kid. Jusqu’au prochain…


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5