CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
le 02 juillet 2014




SETLIST

Smear Campaign
King of the Kill
No Way out
Set the World on Fire
Road to Ruin
Alison Hell
Brain Dance
Phantasmagoria
Human Insecticide

AFFILIÉ

Annihilator
Paris - Elysée Montmartre
(31 octobre 2007)
Paris - Le Divan Du Monde
(05 octobre 2010)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2010)

22 juin 2014 - Hellfest


Annihilator_Hellfest_20140622

Quatre ans après son précédent passage en début de soirée sur la Mainstage du Hellfest, Annihilator revient jouer sur la Mainstage en fin d'après-midi pour une prestation d'une cinquantaine de minutes. Le statut de la formation canadienne n'a donc guère évolué depuis la Coupe du Monde de football sud-africaine et, sauf hit interplanétaire, il y a de fortes probabilités pour qu'il en soit ainsi jusqu'à ce que son leader et unique membre permanent, Jeff Waters, raccroche les crampons. Pour autant, ce dernier ne lâche pas l'affaire et avance sur la scène bien décidé à y foutre le feu.

Seul rescapé de la dernière escapade clissonnaise parmi les musiciens accompagnant le seul maître à bord du « groupe » de l'Ontario, Dave Padden, le beau gosse barbu, salue brièvement la foule en français avant que Waters ne présente le premier morceau, extrait comme il se doit du dernier album honnête-sans-plus en date. Il y en aura un second tout aussi efficace, plutôt plaisant, mais qui n'arrive pourtant pas à la ceinture du reste de la setlist, exclusivement composée de titres issus des quatre premières galettes du gang canadien. Et là, on prend cher. On a beau les connaître par cœur ces "Set the Word on Fire", "Alison Hell" et autre "Phantasmagoria", leur potentiel de séduction demeure énormissime. Il faut dire qu'en matière de speed thrash boosté aux mélodies qui tuent, on a rarement – jamais?- fait mieux. Servies par une interprétation sans faille, celles-ci électrisent la foule qui ne se fait guère prier pour s'époumoner sur les refrains.
La complicité entre Waters et Padden semble désormais bien établie tant au niveau de la synchronisation des guitares que des chœurs, ce qui leur permet de lâcher les chevaux tout en restant précis dans leurs interventions, bien aidés par une paire rythmique irréprochable. Les riffs de mabouls mentaux se succèdent, le taux de satisfaction dépasse les 100%, c'est formidable, d'autant que le son est parfaitement équilibré. Certes, le jeu de scène n'a manifestement pas fait l'objet d'une intense préparation, Waters faisant l'essentiel du boulot en arpentant la scène dans tous les sens, sourire aux lèvres, tandis que Padden, plus statique, arbore la mine hyper concentrée du bon élève qui recherche le sans-faute – il n'en est pas loin le bougre. Seul motif de léger agacement, le réaccordage systématique des deux guitaristes après chaque morceau – si Nuno Bettencourt et Joe Perry avaient pu leur prêter quelques unes de leurs innombrables six-cordes, les Canadiens auraient sans doute eu le temps de proposer un morceau supplémentaire. Mais ne faisons pas la fine bouche puisque ces derniers ont pu gratter quelques minutes supplémentaires au détriment de Dark Angel pour faire basculer tout le monde dans l'hystérie avec le démentiel et supraluminique "Human Insecticide".


Annihilator ne sera sans doute jamais tête d'affiche au Hellfest et c'est bien dommage tant on en redemande après une telle prestation, évidemment trop courte. Jeff Waters et son personnel ont cette fois joué la sécurité en adoptant le profil festival des formations expérimentées qui ont moins d'une heure pour s'exprimer – deux extraits du dernier album avant d'envoyer les valeurs sûres. Exocets imparables, celles-ci ont prouvé toute leur capacité à endolorir des nuques et érailler des gosiers – on a même vu dans l'assistance des types en transe finir le concert à genoux. Juste excellent.

(crédits photos : www.OZIRITH.com - HELLFEST Productions)


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