CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 24 novembre 2013




SETLIST

Hell :
The Age of Nefarious 
On Earth as It Is in Hell 
Blasphemy and the Master 
Something Wicked This Way Comes 
The Quest

Carcass :
1985 
Buried Dreams 
Incarnated Solvent Abuse 
Unfit for Human Consumption 
Genital Grinder / This Mortal Coil  
Cadaver Pouch Conveyor System 
Corporal Jigsore Quandary 
Captive Bolt Pistol 
Ruptured in Purulence / Heartwork 

Amon Amarth :
Father of the Wolf 
Deceiver of the Gods 
Death in Fire 
Free Will Sacrifice 
As Loke Falls 
Runes to My Memory 
Varyags of Miklagaard 
Cry of the Black Birds 
Guardians of Asgaard 
Destroyer of the Universe 
War of the Gods 

Rappels :
Twilight of the Thunder God 
The Pursuit of Vikings 



AFFILIÉ

Amon Amarth
Marseille - Espace Julien
(06 octobre 2007)
Clisson - Hellfest
(23 juin 2007)
Paris - Trabendo
(10 mars 2009)
Summer Breeze 2009 (Dinkelsbühl)
(14 août 2009)
Bruguieres - le Bascala (Toulouse)
(29 octobre 2011)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2016)
Casino de Paris - Paris
(07 novembre 2016)
Tournée
(07 avril 2017)

18 novembre 2013 - Paris - Olympia


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Qu'il est beau de voir ces mythiques lumières rouges de l'Olympia projeter fièrement le nom d'Amon Amarth sur le boulevard des Capucines ! C'est vrai qu'en termes de concert metal parisien, on a plus souvent l'habitude de traîner vers Oberkampf, Pigalle ou la Villette que près de l'opéra Garnier ou de la place Vendôme ! Etrange choix de lieu, vraisemblablement sur commande du groupe pour cette salle certes de renom mais pas spécialement connue pour ses diffusions métalliques et à peine plus grande qu'un Bataclan par exemple.

L'occasion pour le public ayant répondu présent à l'appel de corne viking de profiter d'un accueil sur long tapis rouge et du cadre magnifique du hall d'entrée. Un luxe qui a un prix, car le billet d'entrée et la buvette sont globalement 30% plus cher que ce que ça aurait été dans une autre salle parisienne (elles-mêmes hors de prix par rapport aux salles provinciales). La conséquence directe est la sélection du public, d'âge moyen entre la trentaine et quarantaine, pour une tête d'affiche qui est pourtant très populaire chez les jeunes « metalheads ». Cela n'aura cependant pas freiné outre mesure les fans venus en nombre puisque la salle est pleine.
Il faut dire qu'au programme de la soirée, il n'y a que du beau monde : tout d'abord Hell, ce fameux groupe anglais malchanceux des années 80, resté culte et underground jusqu'en 2011 où sous l'impulsion d'Andy Sneap, le groupe a fait paraître son premier album. Les British sont là ce soir pour promouvoir leur nouvel album dont la sortie est imminente. Disposant que d'un très court créneau de 30 minutes, le groupe a la difficile mission de faire adhérer à sa cause un public qui ne connaît a priori pas son univers et ambiance glauques ni son imagerie diabolique assez semblable à celle de Mercyful Fate / King Diamond. Mais Hell reste un groupe de heavy metal traditionnel et l'expérience montre que le style déçoit rarement en live, surtout quand c'est bien fait.
Le chanteur David Bower assume pleinement son rôle de frontman avec un jeu de scène très théâtralisé et pleins de mimiques (le fait qu'il ne tienne pas de micro aide à cela). Niveau costume, c'est soutane de rigueur agrémenté de corpse-paint  (ou plutôt d'un fond de teint bien blanc). Les guitaristes occupent bien la scène et s'appliquent à reproduire le célèbre déhanché de Judas Priest. Deux morceaux du nouvel album, trois du Human Remains et que des bons choix pour un rendu efficace et varié, que ce soit avec le très ambiancé "Blasphemy and the Master" ou le très chantant "The Quest" pour finir. Une très bonne prestation au finale, sûrement trop courte et gâchée par un son mal réglé (disto à fond sur toutes les grattes, batterie en retrait avec grosse caisse inaudible, un comble !!).
Plus haut sur l'affiche, on retrouve une autre légende britannique qui vient de se reformer, c'est évidemment Carcass. La légende sera-t-elle à la hauteur de son statut ? Pas évident de répondre dans un premier temps car malgré une entrée en matière parfaite sur le papier avec l'intro "1985" du dernier album pour débarquer sur scène et "Buried Dreams" du culte Heartwork en opener, tout s'annonçait pour le mieux. Sauf qu'on se rend vite compte qu'il manque un je-ne-sais-quoi pour rentrer pleinement dans le show. Déjà, il manque Michael Amott à la guitare qui aurait peut-être amené de la folie car les deux membres fondateurs Jeff Walker (chant/basse) et Bill Steer (guitare) ne font guère d'efforts pour bouger sur scène…
Une autre explication peut être trouvée dans les jeux de lumières quasi-inexistants en début de set, renforçant cette impression de statisme. On accélère le tempo avec "Incarnated Solvent Abuse" de Necrotism suivi de "Unfit for Human Consumption" de Surgical Steel, présentant tout deux un groove hors pair et des riffs bien arrache-nuque. L'interprétation des morceaux est parfaite, on se dit que ça va décoller mais toujours pas, alors qu'on enchaîne sur du blast-beats à foison avec le medley "Genital Grinder"/"This Mortal Coil" et qu'on réalise que le son est très brouillon, même en se recentrant dans la salle… Après un milieu de set très chaotique, le son semble s'améliorer peu à peu malgré des morceaux bien violents comme "Captive Bolt Pistol". La délivrance vient finalement avec un "Heartwork" transcendant qui met tout le monde d'accord. Un set où le positif dominera même si un certain goût de déception restera en bouche.
Il est à présent temps de retrouver nos vikings préférés Amon Amarth venus défendre leur dernière offrande, l'excellent Deceiver Of The Gods dont deux titres seront joués d'emblée en ouvertures, d'abord le parfait mid-tempo "Father Of The Wolf" enchaîné avec le titre éponyme de l'album, futur classique bien punchy alternant refrain jouissif « Asgard's always be my home ! » et mélodie entêtante reprise en chœur. Retour aux racines avec un "Death in Fire" d'une violence ahurissante, vraisemblablement le meilleur titre de la très riche discographie des Suédois. Suit l'épique et groovy "Free Will Sacrifice" aux allures de ballade juste après une telle déferlante. Alors qu'"As Loke Falls" du dernier album se révèle être une excellente surprise, le martial "Runes to My Memory" voit une décoration avec deux gigantesques runes s'inviter sur scène.
Assez étonnamment le plutôt anodin "Varyags of Miklagaard" devient un véritable hymne en live et invite facilement à faire sauter le public, alors que "Cry of the Black Birds" déclenche un énorme braveheart prévisible au plus grand plaisir des musiciens mené par un Johan Hegg tout bonnement fantastique. Le géant barbu chevelu possède un charisme au-delà de toutes les espérances que les photos promos ou live peuvent laisser entrevoir. A peine sur scène que le public est tout acquis à sa cause et on comprend mieux comment faire des tournées mondiales depuis une décennie à raconter les histoires de Thor et d'Odin torse nu peut être possible. Johan Hegg est un showman à classer aux côtés d'un James Hetfield, un grand gosse qui vient vivre sa passion le sourire aux lèvres et qui semble redécouvrir chaque soir la joie de son métier. Un modèle qui force l'admiration.
Les autres musiciens cachés sous leurs cheveux ne sont pas en reste et assurent le show avec un professionnalisme qui fait penser à Iron Maiden. Tout est en place, les tubes s'enchaînent, tout le monde chante, les toiles de fresques vikings en backdrop défilent… Le parallèle est tellement vrai que ça en est perturbant. Le set se conclut brutalement avec le combo "Destroyer of the Universe" / "War of the Gods" de Surtur Rising. C'est l'heure des rappels et tout le monde attend LE tube, le morceau fou où dès le premier coup de gratte, la fosse part en géant bordel. Les Suédois le savent et Olavi Mikkonen en joue allègrement avant de lancer "The Pursuit of Vikings".


Au final, une soirée mémorable, rien que pour voir Amon Amarth (le première fois pour votre serviteur, mais c'est le genre de groupe dont on sait qu'on se lassera jamais de les revoir). Les Vikings connaissent leur point faible, tous leurs morceaux se ressemblent, ils n'avaient qu'un seul soucis à régler, choisir le meilleur pour la setlist et c'est ce qu'ils ont fait merveilleusement bien. Ce groupe est une machine, ne les ratez sous aucun prétexte. Les Rosbeefs de Hell et Carcass auront simplement amusé la galerie ce soir avec des shows convaincants mais pas parfaits (la faute due en partie au son de la salle, visiblement pas adaptée pour les concerts metal)… Victoire par KO des Suédois !


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