CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
le 08 juillet 2013




SETLIST

Dark Horse
Eagles Become Vultures
Aimless Arrow
Trespasses
All We Love We Leave Behind
Sadness Comes Home
Worms Will Feed, Rats Will Feast
Reap What You Sow
Cutter
Glacial Pace
Versus
Veins And Veils
Heaven In Her Arms
Axe To Fall
Empty On The Inside
The Broken Vow
Last Light

Rappel :

Concubine

AFFILIÉ

Converge
Hellfest (Clisson)
(18 juin 2011)

22 juin 2013 - Hellfest


Converge_Hellfest_20130622

Converge, c'est un peu comme une bonne vieille partie de bondage pour un fan de BDSM : on sait que ça va faire mal, que ça va être violent, sans amour et parfois un peu sale, mais PUTAIN, on sait que ça va être bon. C'est en conséquence avec une appréhension mêlée d'excitation toujours nouvelle pour le fan de Converge non adepte des pratiques précitées que je suis, que je me dirige vers la Warzone, correctement aviné, afin de subir pour la troisième fois de ma vie les assauts du combo fou furieux emmené par Jacob Bannon. 

Et autant ne pas tourner autour du pot : violence il y eu, saleté il y eu, manque d'amour flagrant (sauf entre le public et ses fans) il y eu également. Et tout cela fut, encore une fois, très bon. Et ça commencera pied au plancher avec l'énorme "Dark Horse" devant une Warzone bien fournie et une fin de journée presque ensoleillée : Converge à la lueur du soleil couchant, en extérieur, tout un concept qu'on pourrait bien taxer de romantique si on avait pas à faire à de si dangereux musiciens, totalement hermétiques à tout concept un tant soit peu proche de la mièvrerie. Derrière "Dark Horse", déclenchement d'un énorme boner pour tous les fans du dernier album en date des Américains (l'exceptionnel All We Love We Leave Behind), lequel durera quelques morceaux, le temps pour Converge d'offrir à la Warzone ce que leur dernier opus a de meilleur : un fabuleux enchaînement "Aimless Arrow", "Trespasses", "All We Love We Leave Behind" (clairement un des rares titres vraiment fédérateurs écrit par le groupe) et surtout "Sadness Comes Home" (MON DIEU ce morceau).
Ledit dernier opus du groupe sera d'ailleurs fort logiquement mis en exergue avec, en plus des morceaux précités, les très violents "Glacial Pace" et "Veins and Veils". On reste toujours aussi pantois devant l'arsenal technique déployé par Converge, notamment l'impossible Ben Koller et son jeu de batterie imbitable, Nate Newton, sa touche à la Dave Grohl et son énorme aisance sur les chœurs (en même temps, quand on est frontman de Doomriders, on sait faire les chœurs) et la fabuleuse inventivité de Kurt Ballou (qu'on entendra cependant guère au regard du torrent de violence imposé à la Warzone par ses deux acolytes de la section rythmique). Bannon est égal à lui-même : concerné, déchaîné, hargneux à souhait, et toujours aussi halluciné par instants. Le groupe est dans son élément et se livre à un enchaînement de titres d'une violence rare, (le milieu du set) alliant les morceaux les plus bourrins des deux derniers albums ainsi que quelques titres issus de No Heroes, You Fail Me ou Jane Doe ("Heaven In Her Arms" notamment). Une sorte de « maxi-best-of violence » qui laissera le public sur le carreau.
Le (très) court et (très) haineux rappel sur "Concubine" n'arrangera évidemment rien et on finira le concert lessivé mais content. Converge ne s'est encore une fois pas foutu de la gueule du monde avec un set à son image : violent, intransigeant, et au taquet tout du long. Au rang des déceptions (il y en a forcément), on peut regretter le bien vilain son de guitare alors que tout le reste était nickel, n'ayant pas permis d'apprécier à leur juste mesure les prouesses du sieur Ballou (surtout sur les morceaux du dernier album, où sa finesse atteint des sommets jusque là inégalés pour du Converge). On peut également se dire que pour un groupe de l'intensité de Converge, une heure de set c'est presque trop. Trop de folie, trop de risque d'AVC, trop de moments un peu « WTF » où on ne comprend plus trop ce qui se passe sur scène. On se dit aussi que les Américains pourraient jouer, de temps en temps, la carte de l'apaisement, en balançant quelques morceaux plus lents de ci de là, leur discographie n'en manquant pas.


Mais Converge se fout de ce genre de considérations de tièdes, entends-tu ? Converge c'est l'intransigeance hardcore poussée à son maximum, une bonne dose de folie noire et de technique en plus. Et c'est aussi pour ça qu'on les adore ou qu'on les déteste, mais qu'on ne peut définitivement pas rester indifférent face à la musique de la bande à Jacob. Et comme les fois d'avant, on attendra leur prochain set avec un mélange d'appréhension et d'excitation.


(crédits photo : Metalorgie)


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