CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
le 08 juillet 2013




SETLIST

Explosia
Flying Whales
Backbone
The Heaviest Matter of the Universe
L'Enfant Sauvage
Connected
Remembrance
Wisdom Comes
Jam  (Mario au chant/guitare Joe à la batterie)
Fire Is Everything
Oroborus
Where Dragons Dwell

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23 juin 2013 - Hellfest


Gojira_Hellfest_20130623

Est-il besoin d'encore présenter Gojira à qui que ce soit ? J'ose espérer que non, tant on parle ici de LA fierté nationale des scènes extrêmes de France. Pour mémoire, Gojira c'est un groupe qui a non seulement gravi les échelons de petit groupe de death local à pointure internationale tournant avec Children Of Bodom, Lamb Of God ou encore ouvrant pour rien de moins que Metallica au stade de France, mais qui a de plus gravi ces échelons en imposant son style très particulier de death atmosphérique aux lyrics écolos, et ça c'est vraiment très fort de leur part. Bref, le Hellfest leur rendait hommage en les programmant en fin de journée sur la Mainstage 02, et il valait mieux ne pas louper ça.

Premier constat : ça aurait pu être plus tard, messieurs, surtout vu la programmation derrière (encore que, pour Stone Sour et Volbeat je veux bien, mais sans déconner faire jouer Symphony X et Lordi après Gojira, c'est vraiment bien moche !). Second constat : comme bien souvent, le son est dégueulasse, les leads mangent chaud et le vent tournant qui s'est levé sur le festoche en cette fin de dimanche après-midi n'arrange vraiment, mais alors vraiment rien. Cela s'améliorera heureusement en cours de concert. Et quel concert ce fut ! On sent tout d'abord un groupe beaucoup plus sûr de lui qu'auparavant, certain de ses qualités et de sa notoriété, lui qui est maintenant installé au sein du club assez fermé des groupes sur lesquels personne ou presque ne chie jamais. Gojira, c'est un peu le genre de groupe dont on peut dire à la limite qu'on accroche pas, mais en dire que l'on trouve ça mauvais ou pas assez bossé, c'est de la sacrée malhonnêteté intellectuelle vu le niveau indéniable des bonhommes et leur force de composition. Jo échange plus avec le public, plus longuement, organise ce qui restera sans doute comme le plus gros wall of death du festoche (qu'il appellera aussi « mur de la mort » pour faire plaisir à tout le monde), échange aussi bien en français qu'en anglais, bref on sent un groupe devenu worldwide. L'ami Mario Duplantier a également sacrément pris en assurance, en témoigne son passage express à la guitare / chant pour une jam death bien lente et bien lourde, pendant lequel c'est...Jo qui tiendra les fûts, et avec les honneurs s'il-vous-plait. Des putains de musiciens on vous dit...
Sinon les mecs sont toujours aussi souriants, sympas et l'esprit de leur concert demeure toujours aussi irréprochable. Niveau setlist, pas grand chose à redire non plus. Une belle place est forcément faite au dernier-né du groupe, le très bon et injustement (bien que relativement) critiqué L'Enfant Sauvage. Sérieusement, n'importe quel autre groupe de death sort un album de cette trempe, on le suce pendant des mois, mais là vous comprenez ça ressemble trop à The Way Of All Flesh, alors que bon, en langage chroniqueur, ça s'appelle avoir finalisé son style après quatre albums, et s'y tenir en le développant. Mais comme apparemment maintenant les gens attendent de ce groupe qu'il réinvente le genre à chaque sortie... L'énormissime From Mars To Sirius est également bien mis en exergue, même si on regrettera toujours que les bonhommes ne jouent plus l'intro de "Flying Whales" et embrayent directement sur le fabuleux riff d'attaque, du moins en festoche apparemment. Quelques vieux morceaux de bravoure viennent également faire plaisir aux connaisseurs de la première heure : "Remembrance", "Wisdom Comes", et on a même le droit à un puissant "Fire Is Everything" sorti tout droit des limbes de l'excellent mais méconnu Terra Incognita. Niveau technique, on galèrera à entendre les guitares donc, mais le chant est excellent et le jeu de batterie de Mario semble s'améliorer d'année en année, si c'était encore  possible : quel feeling, quel groove, et quelle maitrise de la double ! Juste parfait.


Bref, sans enflammer totalement un public qui aura répondu présent sans pour autant devenir fou (fin de festival, fatigue générale, vent violent et son pas fabuleux, ce qui a du casser un peu l'expérience de certain(e)s), les Gojira assurent un set à leur image actuelle : mûr, carré, solide, sûr de sa force et de son statut, mais peut-être avec un peu moins de la spontanéité qu'on pouvait y trouver par le passé. Qu'à cela ne tienne, on ne va pas chialer sur le fait qu'un groupe d'ici devienne une machine de guerre à portée internationale, bien au contraire.


(crédits photo : Christophe Ochal de Metalchroniques)


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