CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 05 juillet 2013




SETLIST

Eagle Fly Free
Straight out of Hell
Where the Sinners Go
Waiting for the Thunder
I'm Alive
Live Now !
If I Could Fly
Power
Are You Metal
Dr. Stein
I Want Out

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Helloween_Hellfest_20130621

En dépit d'albums toujours plus anecdotiques, Helloween conserve une belle cote d'amour en France. Bien aidés lors des dernières tournées par des partenaires de luxe comme Gamma Ray ou Stratovarius, les Citrouilles continuent de se produire devant des affluences plus que respectables. Cette popularité se retrouve au Hellfest, puisque comme en 2008, Helloween a droit aux honneurs de la tête d'affiche, alors même qu'un groupe du calibre Saxon est programmé à 15 heures. Il est vrai que Biff et ses potes sont plus raccord avec la bande de vieux croulants qui se succèdent sur la Mainstage en ce vendredi…

Dans tout concert d'Helloween, il y a un moment pénible à passer : le massacre en règle de "Eagle Fly Free". Moment pénible pour Andi Deris, qui passe pour un faisan qui ne sait toujours pas chanter ce morceau alors qu'il est dans le groupe depuis 20 ans ; moment pénible pour les fans, qui préfèreraient sans doute se passer de ce morceau emblématique de la carrière d'Helloween plutôt que de le voir maltraité de la sorte. Ce soir, les Allemands ont décidé de se débarrasser de cette corvée le plus rapidement possible puisqu'ils attaquent directement par cet hymne. Pas bête, au moins ça laisse plus de temps pour se rattraper derrière ; par contre, déjà que Deris en chie quand il est chaud, alors comme ça, direct, à froid, c'était franchement pas beau. C'était même digne de la Nouvelle Star, section casseroles. Il semble bien que le Andi ne s'arrange pas avec les années, d'où le peu de titres de la période Hansen / Kiske au menu de cette tournée : les habituels "Dr Stein" et "I Want Out", loin d'être les plus difficiles à chanter, ainsi que "I'm Alive", moins attendu même si déjà au menu de la tournée de 2011. Exit donc des classiques comme "March of Time" et surtout le monumental "Ride the Sky", pour le plus grand malheur de votre serviteur.
Tout le reste du set est donc constitué de titres de l'ère Deris. Rien de neuf pour ceux qui sont récemment allés voir les Citrouilles à l'Olympia : on retrouve les mêmes morceaux dans le même ordre, à l'exception de quelques-uns qu'il a fallu élaguer pour cause de show forcément plus court. Petite surprise, ce sont des morceaux assez soft qui ont sauté, comme "Steel Tormentor" ou "Hell Was Made in Heaven", alors que les titres les plus puissants tels que "Where the Sinners Go" ou "Are You Metal" ont été conservés. Pour ceux qui n'ont guère suivi la carrière du groupe après les Keepers et qui sont restés bloqués au Happy Happy Helloween, le choc a dû être rude ! Et pour les autres, qui se souviennent de l'éviction de Kusch et Grapow parce que leurs compos dark et agressives ne collaient pas à l'esprit du groupe, il y a de quoi rire jaune. Quoiqu'il en soit, avec 5 titres issus de ses 2 derniers albums dont quelques bonnes surprises comme "Where the Sinners Go" ou "Straight Out of Hell", on ne pourra pas accuser Helloween de capitaliser sur son passé ; par contre, rien n'empêche de regretter la présence des daubes comme "Are You Metal" ou "Waiting for the Thunder" quand "Sole Survivor", "We Burn" ou "Windmill" (non, je déconne)" sont laissées de côté.
Pour ce qui est du show à proprement parler, les musiciens ont été égaux à eux-mêmes. Grosskopf garde la banane tout le long et s'éclate autant qu'il y a 25 ans, ce qui nous change de certains zicos blasés ou simplement usés par le temps. Andi Deris n'est pas non plus le dernier pour la déconne et affiche toujours autant de complicité avec son compère. Comme dans tout concert de speed mélodique il aura tenté de faire chanter le public sur "Live Now !" : d'un côté « Live Now », de l'autre les « oh oh oh » puis on inverse, c'est tout con mais c'est toujours mieux que « bouh à gauche, à droite ils gueulent plus forts que vous ! » Deris refera une seconde tentative sur "I Want Out", mais là c'est carton rouge direct : ce titre est bien trop bon pour le gâcher de la sorte ! Sasha Gerstner semble un peu plus sérieux et concentré, mais le résultat est là : quelle précision dans le jeu ! Le caméraman du Hellfest se sera régalé en termes de gros plans sur les doigts agiles du colosse allemand. Quant à Weiki… il nous a fait du Weiki : un peu effacé sur son côté de la scène, toujours aussi je-m'en-foutiste, notamment avec sa clope au bec sur "I Want Out" ; mais comme il était de bonne humeur, on l'aura vu taquiner plusieurs fois Grosskopf et devinez quoi ? On l'a même vu sourire !


Helloween est réputé pour donner pas mal de concerts en roue libre, mais cette prestation au Hellfest fut très agréable. Les Allemands n'ont plus assez faim pour conquérir le monde, ce qui peut se comprendre après tant d'années d'existence, mais ils savent très bien comment donner un bon concert quand ils s'en donnent la peine. Avec une setlist taillée sur mesure pour ses capacités actuelles (sauf "Eagle Fly Free"… et on a vu le résultat !), Deris a pu davantage se focaliser sur le show, bien soutenu par ses petits camarades : c'était sans doute la bonne solution.


(crédits photo : Christophe Ochal de Metalchroniques)


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