CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 30 juin 2013




SETLIST

Dying Season
Control by Chaos
Hypnotized
No Stone Unturned
Death by Hanging

AFFILIÉ

21 juin 2013 - Hellfest


Heathen_Hellfest_20130621

Ca fait toujours un peu chier pour ce groupe à la discographie irréprochable (vous me direz, c'est toujours plus facile quand on a pondu que 3 albums), mais Heathen a toujours été considéré comme un second couteau. D'ailleurs, signe qui ne trompe pas, Vektor s'était produit juste avant devant une scène compacte alors que là, on va dire qu'on n'était pas gêné par les voisins… Je veux bien croire que ces derniers sont les grands espoirs de la scène thrash, m'enfin quand même, c'est un peu la lose pour nos vétérans…

Heathen fait partie de ces quelques groupes sur l'affiche qui ne sont pas en période de promo. Les Californiens n'ont rien sorti depuis 2010 et The Evolution of Chaos, le brillant album de la reformation. C'est d'ailleurs autour de cet album que s'articule ce set, puisque 60% des morceaux en sont tirés… ou plus simplement 3 sur 5 ; parce que oui, avec leur manie de composer des morceaux à rallonge, Heathen n'aura casé que 5 titres en 40 minutes, dont le pavé "No Stone Unturned" et ses 11 minutes. Avant cela, on aura eu droit aux deux premiers titres de cet album, dont l'excellent "Dying Season" qui est un véritable bonheur en apéro. Le défi du niveau technique élevé des compositions est relevé avec brio par une brochette de musiciens très talentueux : la paire Lee Altus / Kragen Lum en met plein la vue, efficacement soutenue par Jason Viebrooks (ex-Grip Inc., ça vous pose le niveau là aussi) et le batteur intérimaire Jon Dette, décidément partout en ce moment (pour info, il a quand même déjà dépanné Slayer et Anthrax cette année), et dont le jeu puissant mais pas trop chargé fait merveille.
La bonne surprise de ce set est plutôt à chercher du côté du chanteur David White. Loin d'être exceptionnel sur la première partie de carrière d'Heathen, il avait déjà agréablement surpris son monde lors de la reformation, puisqu'il semblait s'être laissé pousser les ballz pendant cette longue pause. Sur scène, il se révèle être également un frontman efficace. Ce n'était pourtant pas gagné au départ : avec ses gros poignets-éponge rouges pétants et sa manie de sautiller tout le temps, on aurait dit l'inspecteur Vic Mackey reconverti en prof de fitness. Mais voilà, en plus de chanter à la perfection, notamment le classique "Hypnotized", il parvient à faire participer un public pas forcément très connaisseur de l'œuvre du groupe. Bien sûr, pour cela, c'est toujours plus facile quand on joue des morceaux avec un refrain neuneu, ce qui n'est pas la spécialité de la maison ; mais heureusement, "Death by Hanging" fait parfaitement l'affaire de ce point de vue et c'est donc sur une très bonne note qu'Heathen peut se retirer, avec le sentiment du devoir accompli.


Un très bon son, de très bonnes compos, de très bons musiciens : avec ces 3 ingrédients, impossible de se de planter. Ca tombe bien, Heathen avait tout cela dans sa besace et les papys ont montré qu'ils en avaient encore sous la pédale (logique, puisqu'ils n'ont pas trop tiré sur la mécanique en s'accordant une pause de presque 20 ans). Malgré la pléthore de groupes présents chaque année au Hellfest, l'organisation nous dégotte toujours au moins un bon groupe de thrash qui n'a jamais foulé les terres clissonnaises ; alors à qui le tour l'année prochaine ?


(crédits photo : Nicolas Gaire)


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