CHRONIQUE PAR ...

40
Joe Le Hareng
le 12 juin 2013




SETLIST

Bulbs of Passion
The Lung
Almost Fare
The Wagon
Don't Pretend You Didn't Know
Watch the Corners
Rude
Out There
Feel the Pain
Little Fury Things
Start Choppin'
Training Ground (Deep Wound)
Freak Scene
Gargoyle

Rappel :
In a Jar
Just like Heaven (The Cure)


AFFILIÉ

29 mai 2013 - Feyzin - Epicerie Moderne


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C'est pas tous les jours qu'on a la chance de voir un monument . Alors quand a été annoncé la venue de Dinosaur Jr. à Lyon, c'est revêtu de ma chemise à carreaux que j'ai foncé voir le flegmatique J. Mascis. Premier constat : y'a du monde qui a fait le déplacement ; bien que finalement assez underground sur le territoire français, J. Mascis et sa bande ont encore un solide fan-club. Une soirée qui s'annonce sous le signe de la fuzz !

Je ne verrais rien de la première partie, dont j'ignore jusqu'au nom, occupé que j'étais à comparer les mérites respectifs de Randy Rhoads et de Nuno Bettencourt avec mes fidèles acolytes guitaristes. Quelques débats sur l'utilisation de la Disto+ plus tard nous nous dirigeons d'un pas décidé vers la salle de concert. La première partie égrène les dernières notes quand nous pénétrons dans l'Epicerie Moderne (superbe salle à la programmation éclectique et mortelle) pleine à craquer de sémillants trentenaires, ce qui nous rappelle « qu'on ne rajeunit pas ». Les roadies s'affairent à régler les 6 amplis sur scène sur 11 (pour 3 musiciens dont un batteur) pendant que les notes du "Safe as Milk" de Captain Beefheart nous chatouille les oreilles. La lumière s'éteint, on est comme des gamins. Le groupe débarque sur scène, sans tambour ni trompette, et bim, c'est parti pour 1h30 de musique. Au programme riffs qui déboitent, petits arpèges naïfs et bucoliques et gros solos qui vont bien. Première constatation, malgré les annonces de la reformation, ce n'est pas Murph derrière les fûts, ou alors il s'est laissé une sacré tignasse en peu de temps.
Mais on s'en fout un peu à vrai dire, parce que tout le monde n'a d'yeux que pour J. Mascis. Et sa réputation n'est pas usurpée. Peu loquace, le gars ne nous gratifiera que d'un « gnein gnein gnein, we are Dinosaur Jr, see ya » en fin de concert, laissant à son bassiste le soin de parler de temps en temps entre les morceaux. Point de mise en scène, de la musique. Et vous pouvez compter sur le père Mascis pour faire passer par sa Jazzmaster les émotions qu'il semble si peu enclin à fournir le reste du temps. Les morceaux s'enchaînent, le public ne boude pas son plaisir. J. Mascis connait son Dinosaur Jr. sur le bout des ongles et parvient à faire vivre les morceaux « in vivo ». Et de sa voix si caractéristique, doublée de cette guitare qui semble animée de sa vie propre, alimentée au folk du « loner » et au riffs du Sabbath. Sans parler de ces solos. Peu de guitaristes peuvent se targuer de savoir raconter une histoire en alignant des notes comme le fait Mascis. La setlist agréable, alternant morceaux récents et morceaux « légendaires » : le public hurle à chaque fois que débute un morceau de Bug ou de You're Living Over Me. Idem pour "Feel The Pain" qui ouvre le rappel, après un solo d'une bonne dizaine de minutes.


Un concert agréable, quoiqu'un peu court, on aurait bien pris un ou deux morceaux supplémentaire pour la route, mais c'est vraiment pour dire. Une heure et demie de bonne musique avec un son astronomique, une heure et demie avec un des groupes les plus influents du mouvement grunge. Une heure et demie avec J. Mascis, le nouveau Neil Young. C'était grand.





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