CHRONIQUE PAR ...

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Droom
le 17 mai 2013




SETLIST

Trust 
Hangar 18 
Public Enemy No. 1 
She-Wolf 
Countdown To Extinction 
Architecture Of Aggression 
Sweating Bullets 
Ashes In Your Mouth 
A Tout Le Monde 
Whose Life (Is It Anyways?) 
Dawn Patrol 
Poison Was The Cure 
Super Collider 
Symphony Of Destruction 
Peace Sells 
Holy Wars...The Punishment Due 

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Megadeth
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24 mai 2013 - Oslo – Sentrum Scene


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La Norvège ne se contente pas d'être un très bel endroit, naturel et sauvage. Ce que les guides n'évoquent jamais, c'est qu'il s'agit aussi de la terre de prédilection du black metal. Mais si le pays est inévitablement rattaché à cette sombre branche musicale, elle sait aussi ouvrir ses portes à d'autres courants. Et en ce beau mois de mai, le thrash était à l'honneur à Oslo, capitale à taille humaine. La Sentrum Scene, à deux pas du mythique Rockefeller, accueillait Megadeth pour sa deuxième date du Super Collider Tour - tournée qui évite soigneusement l'Hexagone - et ceci alors que l'album éponyme n'était toujours pas disponible. De passage dans la capitale, nous ne pouvions raisonnablement pas rater la prestation.

Premier constat : les metalleux ont la même tronche où qu'ils se trouvent . Ici comme en France, la tenue noire est de rigueur pour assister au spectacle. Mais thrash oblige, la file d'attente est également parsemée de vestes à patch du plus bel effet et franchemment old school. Pire, Megadeth oblige, nous croisons rapidement deux personnages atypiques devant l'entrée de la Sentrum Scene : un véritable sosie (en plus jeune et plus nordique) de James Hetfield - impressionnant - et un Vic Rattlhead plus vrai que nature - amusant. Les portes s'ouvrent enfin alors qu'une bande de vestes à patch jouent et récitent leur Rust In Peace sur un mini-ampli Marshall accroché à la ceinture de l'un des thrasher. Nous passerons rapidement sur la salle, bien conçue, agréable et d'une capacité d'environ 1 700 personnes, qui seront présentes ce soir là. Quarante-cinq minutes après l'ouverture, Earthrow peut enfin commencer à jouer. Ce groupe, visiblement norvégien, officie dans un thrash / black'n'roll dont il nous est impossible de dire du bien... Son brouillon, très brouillon, morceaux interchangeables et sans âme. Le tabassage est gratuit et sans rapport avec ce pour quoi nous sommes ici. L'énergie du groupe - réelle - ne parvient pas à nous immerger dans cette bouillie sonore, qui ne peut qu'etre meilleure en studio. Heureusement,  vingt minutes plus tard, le jeune combo quitte déjà la salle. Un peu de retard dans l'organisation ? Très rapidement sont alors installés divers aides-mémoires en bord de scène : setlist, paroles des morceaux les plus récents... Dave aurait-il de la peine à retenir ses propres textes ? Le doute plane sur la performance à venir...
Rendez-vous compte, il faut attendre cinquante minutes avant de voir débouler le groupe tant attendu : Megadeth. Autant dire que même avec une excellente première partie, la tension aurait eu le temps de retomber, et pas qu'un peu. Nos jambes se font lourdes mais cette attente est vite oubliée alors que résonne l'introduction de "Prince of Darkness". Très vite, les membres arrivent les uns après les autres : Drover, Broderick, "Junior"... Les applaudissements vont crescendo et culminent lorsque se présente le maître de cérémonie : Dave Mustaine. L'homme n'est plus tout jeune - et cela se voit physiquement - mais reste l'un des fondateurs du genre, il est donc accueilli comme tel et est visiblement ravi. L'âge de notre homme, néanmoins, se ressent aussi dans le chant, qui, d'une part, semble mixé en retrait (volontairement ?) et, d'autre part, est relativement linéaire. Toutefois, cela n'empêche pas le public, nourri au saumon, de prendre son pied sur les cartouches jouées par le groupe ce soir-là. La setlist de la soirée est dominée par Countdown To Extinction dont sont joués pas moins de 5 extraits. Les classiques sont également de sortie : "Hangar 18" - malheureusement trop brouillon sur ses accords introductifs, pourtant géniaux - "Holy Wars..." - final rituel - ou encore "Peace Sells" - sur lequel Vic Rattlhead (pas celui de la file d'attente, un autre : le vrai !) fera son apparition. Kitsch mais sympathique, pour sûr. 
L'ensemble du concert est rehaussé de jeux d'écrans, collant parfaitement à chaque morceau et diffusant selon le cas le clip officiel ou des images en rapport avec le thème abordé. La coordination avec la musique témoigne d'un travail millimétrique qui laisse supposer une setlist identique pour l'ensemble des dates de la tournée. Visuellement, l'ambiance est électrique : les écrans flashent, les musiciens bougent, le public se déchaîne dans les premiers rang. Le Norvégien n'est pas délicat. Ni physiquement, ni auditivement. En effet, les sacro-saints bouchons sont         absents de très nombreuses paires d'oreilles... Etonnant au regard de la sagesse nordique. Parmi les moments forts du set, outre les duels de guitares entre Broderick et Mustaine, se retrouvent "A Tout Le Monde", mimée de manière comique par Dave et que votre serviteur reprend d'autant plus fort qu'il sait être le seul dans cette salle à prononcer correctement le refrain, "Puclic Enemy N°1", qui tient la dragée haute aux classiques du groupe, "Peace Sells", explosive ou encore "Super Collider", qui annonce la sortie prochaine de l'album. Au rang des points faibles du set : "Whose Life ?" est plus que dispensable (le morceau en lui-meme n'est pas excellent) et "Poison Was The Cure" est confuse (au premier rang, du moins). On aurait aimé entendre "Kingmaker" ou un autre extrait de Super Collider mais ce ne sera malheureusement pas le cas. L'ensemble du show sera rythmé, carré, professionnel sans être fonctionnaire. Megadeth remplit son contrat en ce 24 mai 2013 et assure un live thrash de très bonne facture.
 La bride est tenue mais la machine fonctionne.

Certes, Megadeth n'est surement pas la meilleure formation live du monde. Le temps émousse l'énergie - d'où des pauses régulières pendant le set, durant lesquelles le groupe sort de scène une petite minute avant de revenir sous les lumières - mais force est d'admettre que l’événement est là. Car voir Megadeth reste un événement particulier. Jouant la carte du son et lumière, le live de ce soir aura montré un groupe en bonne forme et aura laissé un public nordique ravi, dont une partie aura fait la manche jusqu'au bout pour avoir le droit à un rappel (qui ne viendra pas) ou pour espérer obtenir la setlist, une baguette, quelque chose


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