CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
le 03 avril 2013




SETLIST

Abandon
Speed of Light
Halcyon Days
Eternity
Dragons
solo batterie
Stand my Ground
Eagleheart
Fantasy
Destiny
solo claviers
Black Diamond

rappel :

Hunting High and Low

AFFILIÉ

Stratovarius
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31 mars 2013 - Paris - La Cigale


Stratovarius_Paris_-_La_Cigale_20130331

Même au plus fort de mon amour pour le speed metal, Stratovarius m’a toujours laissé un goût d’inachevé. Le côté ultra-mélodique donnait au groupe un côté presque kitsch qui m’empêchait de pleinement apprécier leur musique (tout en achetant une bonne partie de leur discographie). Cependant, leur renaissance complètement improbable me donnait envie d’aller les voir, surtout que je les avais loupés l’année dernière lorsqu’ils étaient venus pour jouer avant Helloween (Timo étant malade, ils n’avaient finalement pas joué). Bref, je m’apprêtais à me faire un petit plaisir coupable, dissimulé sur un siège au fond de La Cigale…

N’étant pas fan des premières parties, je les fais sauter habituellement. Comme on était en plein week-end de trois jours, je me pointais à l’heure afin de voir les Américains de Seven Kingdoms commencer leur show. Et là, quelle excellente surprise ! Le speed metal à chanteuse du groupe est de très bonne facture. Emmenés par une section rythmique de haut niveau (quel batteur !), ils ont mis la salle à leurs pieds dès le premier morceau. D’apparence classique, les morceaux se révèlent bien plus riches que ça. Les gratteux nous feront le plaisir de multiplier les duels de soli. Seule la chanteuse était un peu en retrait mais le groupe assurait sérieusement. Très bien en place, malgré un jeu de scène pas foncièrement marquant, ils ont laissé parler leur musique. Un groupe auquel je vais de ce pas m’intéresser de plus près. Arrive ensuite Amaranthe. Et là, surprise : il y a trois chanteurs. C’est la première fois que je vois un groupe avec autant de chanteurs que de musiciens sur scène… On retrouve ainsi le gars qui growle (le méchant du lot, mais pas trop quand même), la chanteuse lyrique (qui assure sévèrement) et un mec qui chante comme dans un boys band (et qui porte une casquette). Le premier morceau passé, on comprend à quoi on a affaire : du metal ultra-commercial et direct. Les refrains sont très accrocheurs, la guitare en retrait et la structure du morceau simpliste. Pourquoi pas, se dit-on naïvement. Mais malheureusement tous les morceaux se ressemblent comme deux gouttes d’eau. C’est à peine si on laisse 10 secondes au guitariste pour taper un solo (souvent assez réussi d’ailleurs) dans les morceaux. Ecouter Amaranthe, c’est de souvenir de la dance des années 90 tant le côté métal est mis de côté. Certains passages fleurent bon les duos de variété. Un groupe qui ferait un carton à l’Eurovision… Cependant, leur show était très carré et la salle semblait particulièrement conquise. Cela m’a laissé dubitatif. Mais mes voisins, prêts à se suicider après avoir écouté Amaranthe, m’ont rassuré sur mon bon goût.
Enfin, Stratovarius envahit la scène. Ils démarrent sur l’opener de leur dernier album, "Abandon", et enchaînent directement sur "Speed of Light". Déjà, le public est conquis. C’est dans ces moments-là qu’on se rappelle que le speed metal peut être une musique vraiment merveilleuse. Le reste du show est toujours un peu dans la même veine. Le groupe alterne entre les morceaux de son dernier album Nemesis et les vieux tubes. Comme les morceaux récents sont réussis et plutôt mid-tempo (contrairement aux morceaux plus anciens), cela permet d’avoir une setlist très équilibrée. Les tubes s’accumulent ("Eagleheart", "Eternity"…) et les nouvelles chansons trouvent leur public. D’ailleurs, quand le groupe annonce "Fantasy", la salle exulte. Un nouveau classique chez Stratovarius ? Il est à noter que Timo a chanté seul, étant à peine aidé par moment par ses comparses. Pas de chœurs grandiloquents enregistrés pour le soutenir. C’est courageux de sa part et sa prestation est d’autant plus remarquable. Car sur des morceaux comme "Stand my Ground", tout seul, c’est vraiment difficile. Timo a cependant un vrai charisme, aussi bien dans la voix que dans la présence. Pendant le break de "Destiny", cet enfoiré m’arrachera même une larme… Hélas, cette belle prestation fut gâchée par le rappel amputé d’une chanson… Amaranthe ayant joué particulièrement longtemps, Timo annonce qu’il nous faut choisir entre "Hunting High and Low" et "Unbreakable". Sans surprise, le premier morceau sera choisi mais laissera un goût amer dans la bouche du public. Au final, seulement 13 morceaux ont été joués, même si certains sont particulièrement longs.


Une belle soirée, gâchée en tous points par la prestation d’Amaranthe, bien trop longue et inintéressante. Même si la salle semblait conquise, un auditeur avec un minimum de goût aura vite fait de séparer le bon grain de l’ivraie. Malgré tout, les gars de Stratovarius sont apparus sereins, sûrs d’eux et ont parfaitement défendu leur nouvel album sur scène. Comme quoi, chez les grands du speed metal, il en reste encore un qui, non pas survit, mais rayonne.


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