CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 30 décembre 2007




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

Beatallica
Paris - La Maroquinerie
(04 mai 2007)

16 décembre 2007 - Paris - Nouveau Casino


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Après avoir construit sa carrière sur le partage massif et gratuit de sa musique via le Net, Beatallica est désormais devenu un vrai groupe, albums et tournée à l'appui. 2007 aura ainsi vu le groupe écumer les routes des Etats-Unis et d'Europe afin de promouvoir la sortie de Sgt Hetfield Motorbreath Pub Band.

Et ce soir Jaymz Lennfield et ses troupes se produisent devant une salle assez pleine... vu que pratiquement personne n'a payé son billet ! Replica Records ayant lancé une campagne d'invitation massive et illimitée quelques jours avant le show le tout prend des airs d'évènement mondain : on y croise à peu près tous les journalistes métal (web et presse écrite) que Paris peut compter, ce qui fait pas mal de monde au final. Et la foule est de plus très complice : même si la performance de Beatallica se révèle loin d'être parfaite musicalement parlant, le groupe est accueilli comme une bande de potes. Il faut dire que son attitude s'y prête particulièrement bien : Lennfield est déchaîné et multiplie les interventions rigolotes entre les morceaux, s'adressant au public et enfilant blagues et anecdotes amusantes sans relâche. De plus la bonne entente qui règne au sein de la formation crève les yeux, ce qui ne gâche rien : le jeu permanent entre le frontman et le bassiste Kliff McBurtney fait ainsi plaisir à voir.

Et il y a les compos, évidemment... première remarque, le chant est toujours aussi bluffant de mimétisme avec celui d'Hetfield. Intonations, gimmicks, grain, tout y est ! C'est un facteur de rigolade en soi, et c'est bien sous cet angle que la soirée va se dérouler. Entendre des thèmes des Beatles repris sauce thrash est en effet une source d'amusement constant, que ce soit au niveau de la musique ou des paroles volontairement stupides. A chaque nouveau morceau le jeu est d'identifier quels sont les deux titres mélangés et on se marre beaucoup. Il faut s'imaginer le speedé "We Can Hit The Lightz", le tube "Hey Dude" (« take a thrash song and make it better... ») ou l'hymne absolu "The Thing That Should Not Let It Be" qu'une bonne partie de la foule reprend à plein poumons ! On trouve d'ailleurs une bonne part d'amateurs dans ladite foule, et nombreux seront ceux qui réclameront (et obtiendront) "Blackened In The U.S.S.R" lors d'un rappel imprévu qui prouvera au passage que le groupe n'est pas avare et se fait vraiment plaisir.

Par contre c'est clair qu'il ne faut pas être regardant sur le jeu des musiciens... car comme le son est plutôt bon on entend fort bien les pains, et ils sont nombreux. Tout ça n'est pas super en place, et les choeurs assurés par le bassiste et le guitariste lead sont loin d'être toujours justes. Cette imprécision musicale est tout de même très largement rattrapée par la bonne humeur ambiante... et par la qualité indéniable des nouveaux morceaux. "Sgt Hetfield Motorbreath Club Band" est une bonne petite bombe, "While My Guitar Deathly Creeps" (oui oui) fait se plier de rire une bonne partie de la foule, et le groupe gagne définitivement des galons en réussissant une symbiose bluffante entre "Call Of Ktulu" et "I Want You (she's so heavy)". Ce titre prouve que les Beatallica peuvent faire très mal quand ils se prennent un peu la tête : le travail pour faire coller les arpèges du premier titre avec la mélodie du second est vraiment remarquable, et pour une fois le public tend l'oreille et la rigolade laisse place à l'admiration.


L'impression d'amateurisme dégagée par Beatallica étant fondamentalement liée à leur démarche la grande majorité du public aura adhéré et pris son pied, les autres s'étant cassés au bout de quatre-cinq titres. Beatallica est un très bon joke-band et nul doute que ceux qui les ont vus ce soir n'auront pas forcément besoin qu'on les appâte à coup de concert gratuit pour venir la prochaine fois... en ce qui me concerne je suis déjà impatient de les revoir sur scène. Fun !


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