CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 23 octobre 2012




SETLIST

Forced Entry
Restless
Dare You
Passing
MB. Indifferentia
Waste Of Air
Thorn
Coal
White

Rappel :

Acquired Taste

AFFILIÉ

Leprous
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20 octobre 2012 - Paris - Le Divan Du Monde


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Leprous est un groupe qui monte, qui monte ! Après le très bon Tall Poppy Syndrome et l'excellent Bilateral, il ne reste plus que la gloire à conquérir pour les petits génies norvégiens. Et la gloire, elle passe par les tournées et les festivals. Après avoir ouvert pour Therion, puis Amorphis, voici enfin les cinq prodiges en tête d'affiche sur une vingtaine de dates en Europe en compagnie de modestes groupes : Loch Vostok, Persefone et Ørkenkjøtt . Petite halte au Divan du Monde pour prendre la température d'un des groupes les plus intéressants à l'heure actuelle.

Et c'est toujours un plaisir de fouler les planches de cette petite salle ovale parisienne à la déco exotique en plein cœur de Montmartre, et qui tourne à plein régime depuis la fermeture de l'Elysée Montmartre située à quelques pas d'ici. La salle est particulièrement réputée pour ses atouts sonores, la preuve en sera donnée une nouvelle fois ce soir. Mais à peine le temps de sortir d'interview avec le guitariste soliste de Leprous que le set d'Ørkenkjøtt est déjà bien entamé! Vu le nombre de groupes programmés ce soir, pas de temps à perdre. Et le moins qu'on puisse dire, est que le set de ces jeunes Norvégiens est plutôt déstabillisant autant sur le fond que sur la forme. Sur la forme tout d'abord puisque nous avons de très jeunes musiciens au look hétéroclite entre un bassiste à coupe afro tout droit échappé des Jackson 5, deux guitaristes à mèches d'obédience  glameuse avec maquillage en bonus et un chanteur lourdaud façon barbu et ventre à bière! Tout un programme…

Musicalement pourtant l'équipe s'en sort très bien avec un chant tantôt clair, tantôt hurlé très maîtrisé, des riffs très accrocheurs et une rythmique groovy qui ne lésine pas sur les changements de rythme.  Alternant avec brio des passages plus planants, le groupe farfelu convainc le peu de spectateurs présents dans la salle avec un niveau technique tout à fait honorable. Dommage que le temps de jeu fut si court, car on ne retiendra surtout que les déguisements du chanteur, tout d'abord en pyjama puis en beauf américain orné d'une casquette Lynyrd Skynyrd, chemise déboutonnée et fusil à la main ! Suivent alors les Andorrans de Persefone dans un registre power prog' aux forts accents symphoniques. Un show carré avec un bon niveau technique, un hurleur de service plus qu'au taquet et une joie d'être là pleinement affichée. On saluera un joli medley Star Wars revisité à la sauce du groupe.

Entre temps, la salle s'est bien remplie et la dernière première partie se présente, il s'agit des Suédois de Loch Vostok. Pas grand-chose à dire à leur sujet car le set fut plutôt décevant dans un style resucée de Nevermore en moins bien avec des guitares brouillonnes. Mais voici déjà le moment que tout le monde attend : Leprous va bientôt débarquer ! Le changement de batterie est un passage obligé, de même que l'installation des claviers du leader Einar Solberg et de deux écrans sur chaque côté de la scène. Ces écrans feront tourner en boucles successives des images extraites du clip de "Restless" au goût pour le moins… particulier ! Les lumières s'éteignent et après une intro électro mystérieuse, débaroulent les Lépreux sur le frappadingue "Forced Entry". Si ce titre vous est étranger, sachez qu'il résume à lui seul le génie du groupe entre cassures rythmiques affolantes (aux limites du djent parfois), breaks omniprésents, riffs obsédants, soli destructeurs et cette voix ! CETTE VOIX !

Bon sang, Einar Solberg démontre une nouvelle fois tout son talent dans un chant haut perché d'un naturel troublant, lorsqu'il ne s'agit pas de hurler ! Le headbanging frénétique de ce même chanteur, toujours une main sur le clavier (car il joue en même temps !), est désormais bien connu des adeptes du groupe. L'effet en est d'ailleurs toujours aussi impressionnant. Les autres musiciens sont loin d'être en reste, car est-il encore utile de présenter Tobias Ørnes Andersen, le batteur cataclysmique de la bande ? Pas le plus fourni en termes de fûts mais toujours aussi scotchant à observer dans sa minutie et sa retenue. On enchaîne alors sur "Restless", plus posée, et "Dare You", plus instrumentale et d'ailleurs sûrement rallongée pour l'occasion. Le tube "Passing" fait toujours sont petit effet avec un riff mémorable et un final qui donne toujours des frissons « Tonight, I'm passing away! ». "MB. Indifferentia" marque un temps de pause sur le manège infernal nommé Leprous qui ne peut s'empêcher d'embrayer sur l'enchaînement chaotique "Waste Of Air" / "Thorn" qui nuira les cervicales à beaucoup de monde. Ce groupe est définitivement surhumain, mais il parvient d'achever encore le public avec le progressif et grandiose "White".


Vous reprendrez encore du dessert ? Et bam, mange-toi "Acquired Taste", ballade bienvenue pour quitter la salle sereinement, bercé jusqu'aux larmes par ce piano et ce timbre qui n'est pas sans rappeler les heures de gloire de Pain Of Salvation. Voilà, le rideau se tire et on applaudit, on crie et on se dit « Flûte, c'était quand même génial ». Pas mal de gens passeront par la case souvenir pour immortaliser le moment car il y avait de quoi.  Vous disiez, un des groupes les plus intéressants à l'heure actuelle ? Vous ne vous étiez pas trompé. A ne rater sous aucun prétexte!
 


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