CHRONIQUE PAR ...

67
Silverbard
le 09 juillet 2012




SETLIST

Arrival 
Called by the Fire  
Frozen Lakes on Mars  
Unhealer 
Scarab  
The Barren Lands 
A Grave Inversed 
The Grave

AFFILIÉ

Ihsahn
Hellfest (Clisson)
(23 juin 2013)
Paris - Le Divan Du Monde
(22 novembre 2016)
Paris - La Machine
(05 novembre 2018)

17 juin 2012 - Hellfest


Ihsahn_Hellfest_20120617

Dieu, en ce 17 juin 2012, tu es apparu à moi accompagné de tes apôtres lépreux sur l'autel de ce temple païen clissonnais. Tel un soleil étincelant, tu as ébloui la masse de fidèles dès ton ascension sur l'autel. Réduis au mutisme, accablés par l'ignorance, faibles devant la Vérité, nous nous sommes prosternés devant Toi et nous avons bu tes paroles et vibrés au rythme de ton Art.

Voir Ihsahn en live pour la première fois, ça ressemble à ça à peu de choses près. La charisme du bonhomme est tel qu'à son arrivée sur scène, on a ce frisson qui nous murmure "Oh, putain..." Oui il est là, c'est bien lui, le mec qui a composé les riffs d'In The Nightside Eclipse, tu sais, l'album qui t'a filé des cauchemars sans fin ? Ihsahn, ex-membre d'Emperor, est à présent en électron libre depuis une dizaine d'année dans une sphère progressive qu'il ne cesse de vouloir pousser plus loin. D'une sobriété fascinante et d'une classe écrasante, il trône, impassible, au milieu de la scène. Sa concentration dans son growl et son jeu de guitare en simultané rappelle celui de Mikael Akerfeldt. Les jeunes prodiges de Leprous qui l'accompagnent sont au contraire bien plus expressifs dans leur jeu, ne serait-ce qu'Einar Solberg au headbang toujours aussi impressionnant devant son clavier, laissant virevolter ses dreadlocks. Son compagnon Tobias Ørnes Andersen derrière les fûts est quand à lui tout autant charismatique que dans son autre formation avec une débauche d'énergie phénoménale pour une technicité d'autant plus éclatante.
On vibre avec eux. Le son est magistral, ça aide. Le premier titre "Arrival" ainsi que le dernier "The Grave" sont issus du prochain album Eremita mais la nouveauté ne transparaît à peine tant la maîtrise règne. Cependant, le final "The Grave" casse brutalement avec le reste de la setlist plutôt cohérente par une composition lente, quasi-doom, qui sonne un glas interminable. Si l'alchimie musicale est totale parmi ces zicos hors-pair, la prestation vocale n'est pas en reste puisque le couple Ihsahn/Solberg fonctionne à merveille. Un moment particulier à retenir ? Ce sera définitivement "A Grave Inversed", tuerie sur album, boucherie en live ! Si les saxos laissent place au clavier, la folie se retrouve toutefois décuplée et la décharge sonore est saisissante. La setlist est finalement bien équilibrée puisque aucun album du projet solo du génie norvégien n'est laissé de côté. Pourtant, la fin du set arrive trop vite car on n'a pas vu le temps passer, signe qui ne trompe pas d'un bon concert.


Bon seulement ? Non, sûrement le meilleur set du Hellfest ! C'est bien simple, il n'y a rien à redire: le son, la technique, la présence, l'ambiance, rien ne pouvait être mieux fait. Dans ces moments-là, l'émotion prend le dessus. On réalise qu'on a assisté à quelque chose de Grand, que nous oreilles ont écouté bien plus que des ondes sonores, que nous yeux ont vu bien plus que des rayons lumineux. Nous avons vécu une expérience transcendantale gravée à jamais dans notre mémoire. Amen.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5