CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
le 08 juillet 2012




SETLIST

Razoreater 
New Song (Mass V) 
Terziele 
Am Kreuz 
Silver Needle. Golden Nail


AFFILIÉ

16 juin 2012 - Hellfest


Amenra_Hellfest_20120616

Attention, grosse claque ! En même temps, j’avais été prévenu. Partout on peut lire des commentaires du style « Amenra : une expérience à vivre en live ». Le genre de paroles pas très constructives quand on veut découvrir un groupe… Pourtant, à l’issue de cette expérience, puisque le mot est on ne peut plus juste, je me retrouve dans la situation délicate d’approuver cette citation. Explications.

Avant la performance du Hellfest, votre serviteur novice a toutefois voulu jeter une oreille sur la discographie d’Amenra afin de se faire une première idée de à quoi s’attendre. On pense alors à Neurosis, mais en version extrême. Plus torturé dans ses passages les plus sombres, plus lent dans ses riffs les plus doom, plus déchirant dans ses moments les plus exhultoires. Le problème de l’album studio est cependant sensoriel. Car Amenra se vit, Amenra se voit, Amenra se respire, Amenra se laisserait presque toucher, en plus de s’écouter. Ne serait-ce que voir la scène Valley se déhancher en cadence sur les rythmiques malsaines relève définitivement de l’expérience. A ce niveau, ce n’est plus du headbang, c’est du « bodybang » (et non pas du gangbang, hu hu…). Sans s’en rendre compte, on est déjà en train de communier avec l’Eglise de Ra et on est alors bien loin de Clisson.
Les musiciens sont tout aussi obsédants que leur musique, quand bien même il est difficile de les distinguer tant tout ne semble faire qu’un. Le chanteur Colin Van Eeckhout est à lui seul représentatif de l’autisme généralisé de la formation, cette bulle de souffrance dénommée Amenra. Faisant souvent dos au public, hurlant à s’en déchirer les cordes vocales, il est symptomatique de cette incompréhension générale refoulée, qu’il vomit sur scène. Afin d’accompagner des lumières sobres, ce sont des images en noir et blanc qui sont projetées à l’arrière de la scène et nous guident vers un univers de douleur salvatrice et de cauchemars cathartiques. Les albums Mass III et  Mass IIII sont les plus représentés, mais laissent toutefois place à une nouvelle composition du futur Mass V. L’enchaînement final "Am Kreuz" / "Silver Needle. Golden Nail" est particulièrement destructeur et résonnera longtemps dans les oreilles des festivaliers présents.


Enorme, le mot est lâché. Le quintet belge a tétanisé sur le coup de midi une Valley pleine à craquer et votre serviteur est sorti quelque peu déboussolé et hagard de cette prestation. Le repas qui a suivi a eu un goût quelque peu amer, comment se remettre d’une telle claque ? Comment redescendre si bas après être monté si haut ? Une chose est sûre, si vous voyez ce nom sur un flyer, ne les ratez pas!


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