CHRONIQUE PAR ...

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Painlesslady
le 08 juillet 2012




SETLIST

Ukkosenjumalan poika
Huuto
Kivenkantaja
Aurinko ja Kuu
Jotunheim

AFFILIÉ

15 juin 2012 - Hellfest


Moonsorrow_Hellfest_20120615

La pluie tombe, la France vient de marquer 2 fois contre l’Ukraine et il est l’heure de se diriger vers la Temple pour prendre sa dose de pagan. La marche est longue et épique depuis le Metal Corner, pour éviter de glisser dans la boue et surtout arriver avant que les chevelus finlandais ne démarrent leur set. Mais ayant eu le coup de cœur du siècle il y a quelques mois pour ces gars venus du froid, votre chroniqueuse presse le pas et ne raterait leur venue pour rien au monde. Pas même pour Lynyrd Skynyrd.

A peine le temps de se frayer un chemin parmi la foule rassemblée sous la tente, les cinq vikings sont déjà sur scène et les premières notes du morceau "Ukkosenjumalan poika" ("Dieu du fils du tonnerre" pour la traduction) résonnent. Torse nu et peinturluré de faux sang, Ville Sorvali, est prêt à nous faire plonger dans l’univers magique des guerriers du grand Nord. Les fumées et le jeu de lumières bleues donnent une atmosphère opaque à la scène, comme à travers un brouillard. La musique très mélodique et poétique des Finlandais envoûte le public, manifestement composé d’une majorité d’inconditionnels. J’envie d’ailleurs un peu le grand gaillard à côté de moi, compatriote de Moonsorrow semble-t-il, puisqu’il a la chance de maîtriser la langue fennique et de pouvoir chanter en chœur avec eux.
Les morceaux entêtants et épiques donnent un bon aperçu de la discographie du groupe même s’il est impossible en cinquante petites minutes de rendre justice à leurs 7 albums et leurs morceaux dépassant chacun la dizaine de minutes. Moonsorrow a préféré mettre de côté les titres au folk plus sautillant pour privilégier les morceaux empreints de lyrisme viking et d’émotion virile soulignée par l’alternance de chant clair, en chœur ou hurlé. Comment rester insensible à cet hommage païen à la lune et au soleil ("Aurinko ja Kuu") ou au cri ultime de l’humanité ("Huuto"), extrait de leur dernier et magnifique album Varjoina Kuljemme Kuolleiden Maassa (de quoi frissonner après traduction : « Comme des ombres, nous marchons dans le pays des morts »)…
Et pourtant, malgré un show carré et un son excellent, ainsi que l’énergie évidente déployée par les musiciens, on ne peut s’empêcher de remarquer que le groupe est loin d’atteindre le niveau de précision et même de perfection qu’ils ont sur album. Si l’on retrouve leur musique planante et magnifique, il est difficile de se laisser autant emporter avec un clavier moins présent qu’en studio et surtout un chant presque inaudible. Car sur toute la durée du set, la voix de Ville Sorvali s’est résumée à un petit croassement lointain, couvert par les autres instruments. J’imagine qu’il a dû être un peu difficile pour les non initiés qui les découvraient ce soir-là de rentrer dans leur univers. Heureusement pour ma part, cet inconvénient mineur ne m’a pas empêché de profiter du moment et d’en prendre plein les yeux et les oreilles. Je ne suis pas convaincue de toute façon qu’il soit possible d’adapter sur scène toutes les subtilités de leur musique studio, le set en ressortirait moins énergique et c’est aussi l’intérêt du live d’entendre les morceaux interprétés différemment.


Cette parenthèse païenne se termine déjà sur le long et planant "Jotunheim", parfait en guise de final. Avec toute ma subjectivité de fan, je ressors du Temple conquise et enchantée d’avoir découvert Moonsorrow sur scène pour la première fois. Malgré quelques imperfections, ce set m’a donné envie de les revoir plus longuement en salle, en espérant que les Finlandais repassent par nos contrées prochainement. Et qui sait, d’ici là, j’aurai peut-être réussi à apprendre quelques-unes de leurs paroles en finnois…


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