CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 08 juillet 2012




SETLIST

Tomorrow Never Comes
Red Rum
The Rod Of Iron (partiel)
Edge Of Glory (partiel)
solo de basse
We Only Come Out At Night (partiel)
There Will Be Blood Tonight
solos de guitare (La Marseillaise)
Me Against The World
American Metal
Something's Crawling (partiel)

AFFILIÉ

15 juin 2012 - Hellfest


Lizzy_Borden_Hellfest_20120615

Hellfest, pour le première fois de l'Histoire en France, pour vous, en chair, en os et en sang, l'infâme LIZZY BORDEN ! Et, bien çà c'est un événement qui méritait bien un discours d'intro aussi pompeux ! Au moins, on se dit que les Américains n'ont pas l'air de se sentir vexés de jouer aussi tôt, puisqu'il est à peine 13h35 quand ils arrivent sur scène. De toute façon, en vendant 3 disques par an en France, ils devaient bien se douter qu'ils n'allaient pas jouer à la nuit tombée…

Reprenons les choses dans l'ordre, en commençant par le plan strictement musical. Lizzy Borden, groupe confidentiel chez nous, c'est un groupe de hard US à tendance heavy, plus proche de WASP que de Mötley Crüe. Pas un fleuron du genre, mais ils ont su composer de très bonnes chansons comme "Tomorrow Never Comes" ou "There Will Be Blood Tonight", les deux titres les plus marquants du show. Paradoxalement, ceux-ci ont été composés lors de la seconde période d’activité du groupe, revenu d’entre les morts dans les années 2000 après 4 albums parus dans 80’s. Et en bon groupe de hard US, il respecte à lettre la sainte trinité du genre : la pose, la pose et la pose. Les deux guitaristes sont de véritables orfèvres en la matière : si l'espèce d'ablette androgyne avec son pantalon taille basse arrive à rester relativement sobre, ce n'est pas le cas de son acolyte bodybuildé. Alors lui c'est un champion : déjà il arrive sur scène avec une guitare double manche qui ne lui est absolument d'aucun intérêt, sinon à montrer qui a la plus grosse. Il passera le reste du set à gesticuler de façon parfois ridicule et à multiplier les poses. Telle une diva à la Axl Rose, il profitera d'un interlude pour se changer, revêtant un haut transparent dévoilant ses pec' et ses biceps, avant de les exhiber définitivement en finissant le concert torse nu. Frime, quand tu nous tiens !
Plus largement, Lizzy Borden est aussi un groupe de shock rock, dans la lignée d'Alice Cooper, mais en un peu plus sanglant. Un genre qui a connu son apogée au milieu des 80's, l'époque où WASP balançait de gros morceaux de bidoche dans le public, mais qui paraît complètement ringard aujourd'hui, à moins d'y mettre les moyens (et d'avoir la classe) comme Alice Cooper. Lizzy Borden y reste pourtant fidèle, et nous offre donc un show haut en couleurs. Les « danseuses exotiques » sont de sortie dès le premier morceau pour cracher le feu, et reviendront assurer le show à plusieurs reprises, mais le maître de cérémonie reste Lizzy Borden himself. Le bonhomme porte un masque sur la partie supérieure du visage, qu’il change à chaque morceau. Il se livrera même à une impressionnante séance de transformisme à la Arturo Brachetti pendant le moment calme "Me Against The World". Clou du spectacle, le moment où Borden « assassine » une des danseuses en la mordant comme un vampire, laissant couler une rivière de faux sang. Dans la foulée, il descend de scène pour chanter "There Will Be Blood" au plus près du public et étaler du faux sang sur la tête de victimes consentantes. Et ils en ont redemandé, puisque toutes les personnes du premier rang ont insisté pour recevoir leur dose, forçant les guitaristes à meubler pendant que le chanteur finissait son office !
Si le groupe a assuré le show, musicalement, ce fut incroyablement décousu. En 40 minutes de show, Lizzy Borden n'a finalement joué en tout et pour tout que 5 titres, et il ne s'agissait pas de pavés de metal prog' ! A côté de ça, le groupe a pioché tout un  tas de courts passages dans plein de morceaux différents, comme vous pouvez le constater en lisant la setlist. "The Rod of Iron", c'était juste pour faire chanter les "oh oh oh" au public, de même que "Something's Crawling", "Edge of Glory" s'est limité à son seul refrain, "We Only Come Out At Night" n'a servi que pour la mise en scène du vampire… A tout cela s'est rajouté un solo de basse plus fun que technique, qui a mis une bonne ambiance dans le public, ainsi qu'un double solo de guitare qui s'est fini par une Marseillaise à deux archi fausse, un vrai massacre en règle. Mais bon, l'initiative était quand même sympa, et bien que ce genre de démonstration patriotique ne soit pas forcément aussi bien perçue ici qu'outre-Atlantique, elle a été plutôt bien accueillie par un public qui a bien volontiers chanté son hymne. C'était pourtant pas gagné… On a d'ailleurs senti que Lizzy Borden a pris cette première en France très à cœur, puisqu'outre ceci et le discours d'intro, Lizzy Borden est venu chanter "Amercian Metal" avec les drapeaux français et américain noués sur ses épaules. Encore un clin d'œil plutôt sympa.


Lizzy Borden n'était peut-être pas très connu en France avant sa venue au Hellfest, mais nul doute que tous ceux qui ont assistés à ce show en garderont quelques souvenirs, visuels sinon musicaux ! Les Américains ont joué le jeu à fond, sans se renier, assumant son goût pour le shock rock, quitte à faire passer la musique un peu au second plan. Et comme les quelques morceaux joués étaient plutôt bonnards, on peut raisonnablement affirmer qu'ils ont marqué des points. Le groupe n'ayant pas l'air très actif ces derniers temps, il valait mieux ne pas passer à côté de ce show fort sympathique !


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