CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
le 06 juillet 2012




SETLIST

Thrashers
Evil Priest
Voracious Souls
Kill as One
The Ultra Violence
Mistress of Pain
Final Death
I.P.F.S.

AFFILIÉ

Death Angel
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16 juin 2012 - Hellfest


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Et bien voilà, eux aussi ont cédé à la grande mode de ces dernières années : interpréter un album phare dans son intégralité. Pour Death Angel, ce sera donc The Ultra Violence, son premier méfait paru il y a 25 ans. Un choix logique, bien que cet album de thrash 100% old school ne soit pas vraiment représentatif de la carrière de ce groupe si éclectique, mais plutôt risqué pour un set de festival : en effet, avec 50 minutes de jeu, Death Angel n'allait pas avoir le temps de jouer autre chose que cet album terrible mais inégal. Voyons voir ce que ça donne…

Le premier moment sympa arrive très vite, puisque c'est l'exhumation de "Thrashers", premier titre de l'album et donc du set, un morceau en forme de manifeste : oui, chez Death Angel, on adore les vieux Metallica comme le prouve ce riff à la "Metal Militia", mais on a notre propre patte. Une patte à la Mustaine d'ailleurs : vive les collages de plans à la va-comme-je-te-pousse ! Mais afficher autant de hargne sans débander pendant plus de 7 minutes, ça force le respect ! Sur scène, les gars sont fidèles à eux-mêmes : Osegueda ne tient pas en place et balance ses dreadlocks aussi souvent qu'il le peut ; Cavestany toise le public, le regard plein de détermination ; Ted Aguilar est complètement transparent, bouffé par la personnalité de ses camarades : et Damien Sisson fait revivre le holy spirit of Cliff Burton avec sa crinière blonde, sa silhouette filiforme et son headbanging incessant. La suite, c'est du classique de chez classique, des titres qu'on a l'habitude d'entendre en live : "Evil Priest" et son accélération foudroyante sur le break qui file le gourdin à tous les amateurs de thrash, "Voracious Souls" qui permet à Osegueda de décélérer un peu et à Cavestany d'envoyer un solo épileptique, puis "Kill As One" et son riff dévastateur, digne d'entrer au panthéon du thrash. A ce moment-là, on sait qu'on a mangé notre pain blanc, puisque The Ultra Violence, c'est avant tout une première moitié du feu de Dieu.
La question, c'était plutôt de voir si Death Angel allait pouvoir garder la même intensité sur la seconde partie. Premier élément de réponse avec le morceau titre, un instrumental fleuve de 10 minutes qui allait donner la température. Le doute s'installe quand le groupe s'arrête après le premier plan, comme il le fait à chaque fois ; mais non, cette fois c'est différent, Death Angel compte bien l'interpréter en entier. Soyons honnête, ce moment coïncide avec le moment creux du set : à la différence d'un "Call of Ktulu", "The Ultra Violence" ne suit aucune progression logique, il est complètement décousu et tout le monde finit par décrocher devant ce morceau un peu usant à la longue. Mais bon, on pourra se dire qu'on l'aura au moins entendu une fois en intégralité en live… Le retour d'Osegueda fait du bien sur "Mistress of Pain", autre habitué des setlists du groupe et qui relance efficacement l'ambiance dans la fosse, sans atteindre la folie du début. Avec un "Final Death" sans grand éclat, on se dirige tranquillement vers une fin de set en demi-teinte, mais c'est sans compter sur une petite fantaisie sur le court instrumental final "I.P.F.S.". Chaque musicien aligne un mini-solo de quelques secondes en forme de clin d'œil : "La Bamba" (!) pour Ted Aguilar, "Anesthesia" (forcément) pour Damien Sisson, et "Murders in the Rue Morgue" pour Rob Cavestany. Plutôt sympa comme initiative !


Death Angel nous aura livré un show assez conforme à ce qu'on pouvait attendre compte tenu de sa décision de jouer The Ultra Violence en intégralité : un début de concert de folie, une véritable leçon de thrash old school où le matériel de base de premier de choix aura été sublimé par les immenses qualités scéniques du groupe, puis une seconde moitié qui aura pas mal perdu en intensité. On en retiendra tout de même le meilleur, c'est-à-dire un groupe à la cohésion retrouvée et au plaisir de jouer évident, comme en témoigne les regards complices entre Osegueda et Cavestany. A quand une plus grande reconnaissance ?


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