CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 05 juillet 2012




SETLIST

The Last Act of Defiance
Piranha
And Then There Were None
A Lesson in Violence
Blacklist
Bonded by Blood
War is my Shepherd
The Toxic Waltz
Strike of the Beast

AFFILIÉ

Exodus
Wacken (wacken)
(02 août 2008)
Thrashfest (Elysée Montmartre)
(13 décembre 2010)
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2010)

16 juin 2012 - Hellfest


Exodus_Hellfest_20120616

Attention, concert historique : Exodus sur scène sans son leader Gary Holt ! De toute façon, cela semblait inévitable : depuis le temps que Holt dépanne un Slayer toujours orphelin de Jeff Hannemann, soit presque deux ans, il était inévitable que l'agenda des deux groupes finisse par se téléscoper. Le guitariste ayant choisi de respecter ses engagements, c'est une vieille connaissance qui pallie à cette absence : Rick Hunolt, qui aura donc le plaisir de partager la scène avec Lee Altus, celui-là même qui l'avait remplacé il y a quelques années !

Chaque fois que j'assiste à un concert d'Exodus, et ça commence à faire un paquet maintenant, mes impressions sont les mêmes. Au début, je me dis que sur le plan de la restitution des morceaux, c'est une véritable catastrophe. Le groupe joue avec tous les potards à fond, les guitares ont un son dégueulasse, et avec ses manies de rejouer toutes ses parties à la double pédale, Tom Hunting vampirise ses petits camarades. Bref, sur le plan sonore, c'est carrément l'apocalypse. Il faut vraiment tendre l'oreille pour reconnaître les morceaux, et on ressent une impression de gâchis quand le groupe massacre "The Last Act of Defiance", la seule véritable surprise du set (et encore). En effet, pour le reste, on a droit à du classique et rien que du classique, et ce serait d'ailleurs sympa qu'Exodus songe à modifier un peu sa setlist à l'avenir : sur ce point, ils sont encore plus conservateurs qu'AC/DC ! Le seul vent de fraîcheur aura été la visite de Rob Cavestany et Mark Osegueda de Death Angel, venus assurer les chœurs sur le prérefrain de "And Then There Were None". Ce dernier recommencera sur "Bonded by Blood", assurant au passage le service après-vente d'Exodus auprès des fans au moment de quitter la scène en beuglant un truc style « Exodus, fuckin' Bay Area thrash metal ! » Simple, mais efficace.
Et puis au bout de 3 ou 4 titres, une fois qu'on s'est fait à l'idée que de toute façon, l'interprétation ne sera pas au rendez-vous, on commence à se focaliser sur l'ambiance dans la fosse. Et là, comme d'habitude, c'est la guerre. Les premières mèches sont allumées dès le début, mais c'est vraiment à partir de "A Lesson in Violence" que l'incendie se propage dangereusement, attisé par le pyromane Rob Dukes. C'est sûr, sa voix de crapaud n'aura jamais le charme de la voix de canard de Zetro Souza, mais pour ce qui est de chauffer la foule, il n'a pas d'égal. Ce mec ne connaît aucune limite : il n'a pas peur de se ridiculiser en sautant de l'estrade de batterie, soulevant ses 130 kilos à vue de nez d'environ 10 centimètres, et quand il reçoit une peluche sur scène, son premier reflexe est de pratiquer une sodomie sur le pauvre jouet innocent. Trop evil ! L'imparable mid tempo "Blacklist" permet de souffler un peu au milieu du set, mais derrière, plus aucun répit possible : que du thrash violent et sans concession, propice aux circle pits maousses qu'apprécie tant Rob Dukes. Comme la plupart des frontmen, celui-ci organise son wall of death, ce qui permet d'évaluer le degré de satisfaction de la fosse et accessoirement de comparer avec les autres groupes bourrins ; et comme à chaque fois, Exodus écrase toute concurrence…


Comme d'habitude, Exodus l'a joué façon gros bourrin de service en maltraitant ses propres morceaux, et comme d'habitude, Exodus a littéralement démoli la fosse ; mais là, je ne sais pas, il manquait quelque chose. Ceux qui n'avaient jamais vu le groupe sur scène ont probablement pris une mandale, mais pour les autres, ce set avait un fort goût de déjà-vu tant les Californiens ne cherchent absolument pas à se renouveler. Une cuvée correcte, mais pas au niveau du grand cru de 2010.


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