CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 04 juillet 2012




SETLIST

Nobody's Hero
The Arcane Guild
Mandrake
Rock of Cashel
Lavatory Love Machine
Superheroes
Robin Hood
Ministry of Saints
King of Fools

AFFILIÉ

Edguy
Wacken
(05 août 2005)
Clisson - Hellfest
(24 juin 2007)
Wacken
(05 août 2005)
Lyon - Transbordeur
(20 janvier 2009)

16 juin 2012 - Hellfest


Edguy_Hellfest_20120616

Quand on y repense, les débuts d'Edguy, c'était quand même quelque chose d'ultra prometteur. Une musique qui faisait souffler un vent de fraîcheur, des interviews sans prise de tête placées sous le signe du second degré, des concerts fun où on s'éclatait autant avec la musique qu'avec les conneries de Tobi… Aujourd'hui, les choses ont bien changé, avec un Sammet qui se prend de plus en plus au sérieux à mesure que son inspiration décline. Si Edguy est de moins en moins excitant en studio, qu'en est-il en live ?

A priori, Edguy semble n'avoir pas changé : le groupe sonne toujours à la fois pro et frais, avec des musiciens qui font le boulot tout en gardant le sourire et un frontman qui court à droite à gauche en cabotinant comme un clébard. En revanche, difficile de vérifier si Sammet a vraiment pris un melon d'enfer, car on ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon avec lui ; ainsi, alors que le public commence à battre la mesure sur le passage atmosphérique au début du break de "Rock of Cashel", il nous sort « non, ne tapez pas dans vos mains, ce passage est bien trop beau pour applaudir. » Il y a encore 4 ou 5 ans, on aurait été sûrs que c'était pour déconner, mais aujourd'hui… Personnellement, je parierais plutôt qu'il s'agit d'une vanne, car le Tobi était d'une humeur badine en ce samedi soir. D'ailleurs, sa meilleure blague, il l'a probablement sortie lors de son premier speech, lorsqu'il a déclaré que le groupe n'avait qu'une heure devant lui et qu'il n'allait donc pas trop avoir le temps de causer : sacré Tobi, on a failli te croire ! Mais c'est aussi ça qui fait le charme d'Edguy sur scène : avec toutes les conneries qu'il débite, on ressort toujours avec la banane.
En revanche, si vous voulez votre dose de speed mélodique, il va sans doute falloir se rabattre sur un autre groupe désormais. A l'instar de ses derniers albums, Edguy a privilégié sur ce set le heavy mélodique majoritairement mid tempo et à forte inspiration US qu'il pratique depuis quelques années. Hormis "The Arcane Guild", expédié dès le début du concert, Felix Bohnke n'aura pas tellement eu l'occasion de s'entraîner au maniement de la double pédale. Le groupe était clairement là pour défendre son dernier album puisque la moitié de la setlist en était tirée, le reste piochant par-ci par-là dans les albums récents, sans aucune incursion dans la période pré-Mandrake. Cela aura d'ailleurs été l'occasion de se marrer avec Tobi au moment où celui-ci entame son petit discours promo avant "Rock of Cashel" : « on a un nouvel album qui vient de sortir, qui s'intitule Age of the Joker… - légère pause, petite clameur du public qui ne sait pas trop s'il est censé applaudir à ce moment-là ou s'il doit attendre la suite -  …un album que vous n'appréciez pas beaucoup visiblement, mais c'est pas grave, on va vous en jouer un morceau quand même ! »
Place ensuite au moment le plus craignos d'un concert de speed mélodique, celui où le chanteur veut faire participer le public. Craignos pour n'importe quel groupe, mais pas pour Edguy car avec eux, c'est toujours une partie de franche rigolade. Tobi met clairement les choses au point d'entrée : « c'est la deuxième fois qu'on joue au Hellfest, la première fois c'était en 2007, on était à chier, le public était à chier, bref c'était à chier ! » Le voici alors qui sépare le public en deux et qui se heurte à un problème majeur : la Mainstage 2 étant située dans un coin, la partie droite du public correspond à la moitié de la scène tandis que la partie gauche s'étend sur tout le reste du site. « Bon tant pis, on n'a pas le temps de faire autrement, vous vous prendrez une branlée et puis c'est tout ! » Le lutin n'a pas son pareil pour piquer l'orgueil du public, toujours à partir de vannes géographiques ou footballistiques : « eux c'est la France, et vous, euh… l'Angleterre ! », s'attirant ainsi les sifflets qu'il recherchait. Et oui, c'était avant qu'on se fasse laminer par la Suède puis l'Espagne… Cette fois, le show est enfin lancé avec un public chauffé à blanc.
Au beau milieu d'un "Lavatory Love Machine" qui constitue toujours un excellent moment, on se dit que le groupe n'aurait pu bénéficier d'un horaire plus adapté : 20 heures, le début de la soirée, créneau habituel de l'apéro, le moment où on a le plus envie de faire la fête, surtout avec un beau soleil comme ce soir­-là. Tobi continue de faire le con et finit par faire tomber son micro en se la jouant à la Philippe Risoli. Cette péripétie lui donne encore matière à déconner à la fin de morceau : « vous voyez ce micro ? C'est un Shure, c'est une super marque. Regardez, je vais le balancer par terre – ce qu'il ne manque pas de faire sous les yeux d'un Tobias Exxel hilare – et vous voyez, il marche toujours ! Y a pas à redire, les mecs de chez Shure sont des "Superheroes" ! » Ah, quelle parfaite transition sur le morceau suivant… La suite ne sera qu'une série de tubes joués devant des fans au taquet, avec une dernière vanne à l'attention des gens parqués devant l'autre scène et qui ne participent pas : « Hé, vous-là bas ! Vous attendez les Guns ? La dernière fois qu'on a joué avec eux, ils se sont pointés avec 2 heures de retard ! » Facile, mais tellement vrai habituellement…


Dernière tranche de rigolade au moment où Sammet éclate de rire dans le micro et bouffe les paroles du dernier refrain de "King of Fools" lorsqu'un slammer vêtu du fameux maillot de bain de Borat regagne le public en longeant la scène les fesses à l'air. C'est déjà la fin de cet excellent set d'une heure mené par un Tobi particulièrement en verve, et n'en déplaise au grincheux à côté de moi qui n'aura eu de cesse de beugler « ta gueule et joue », ça nous change de ces concerts où il ne se passe rien et où les mecs tirent une gueule de 3 pieds de long (toute ressemblance avec un concert type Mastodon n'étant pas du tout fortuite). Un des grands moments de cette édition 2012, alors qu'on se demandait ce que pouvait bien foutre Edguy sur une Mainstage 2 squattée uniquement par des groupes de thrash en ce samedi.


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