CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 04 juillet 2012




SETLIST

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16 juin 2012 - Hellfest


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Samedi, 13h30 : devant un public bien fourni de fans et de curieux, c'est au tour de la nouvelle sensation du moment de prendre possession de la scène du Hellfest. Sorti de nulle part il y a à peine 3 ans, donnant dans un style loin d'être très populaire en nos contrées, Steel Panther a réussi à blinder le Bataclan pour sa première date en France en mars dernier. Et au moment où on se dit que le glam dans la grisaille, c'est pas l'idéal, voilà que le soleil choisit de faire sa première apparition du weekend : y a pas à dire, ces mecs ont vraiment la baraka en ce moment...

Deux titres. Voilà ce qu'il aura fallu attendre pour que les gars de Steel Panther commencent à causer et qu'ils nous déballent l'artillerie lourde avec leur humour catégorie Jean-Marie Bigard. A ce petit jeu, c'est le guitariste Satchel qui annonce la couleur lors de la présentation des musiciens, en nous disant qu'il a appris quelques bribes de français avant de nous rendre visite. Concrètement, cela se limite à deux phrases : « montrez-moi vos nichons » et « montrez-moi vos chattes », le tout avec un délicieux accent américain. Le simple mot « nichons »  sera d'ailleurs à lui seul une sorte de running gag  qui reviendra sur le tapis à de nombreuses reprises. D'un certain point de vue, un show de Steel Panther est une sorte de mini-spectacle avec des rôles bien répartis : Satchel est le comique bien bourrin, le bassiste Lexi Foxx est le neuneu qui se tape aucune gonzesse et le chanteur Michael Starr est le serial fucker. Ce qui est marrant avec les groupes de glam US, c'est d'imaginer leur discours dans la bouche d'un groupe français comme Blackrain. S'ils reviennent un jour au Hellfest, les entendra-t-on dire un truc comme « regarde Michael, ça c'est les deux salopes que tu vas culbuter après le show » ? En tout cas, je serais bien curieux de voir ça !
Ceci dit, si cette étiquette parodique leur a permis de percer plus vite et sans doute plus loin que ne serait allé un groupe « sérieux », celle-ci a tendance à occulter une autre réalité : chez Steel Panther, ça joue, et pas qu'un peu ! Tout le monde est plus ou moins au courant que Satchel a enseigné au Guitar Institute de Los Angeles, ce qui en dit long sur son niveau, mais ses camarades de la section rythmique assurent un max eux aussi. Lorsqu'il se charge des chœurs ou qu'il chante un couplet ici ou là, Satchel nous prouve qu'il a également une superbe voix et qu'il pourrait aisément chanter en lead dans n'importe quel autre groupe. Cela nous change des chœurs pipeau de chez Mötley Crüe ou WASP ! On sent d'ailleurs un vrai plaisir de jouer ensemble, perceptible à des petits détails insignifiants, comme quand le guitariste se retrouve trop loin de son pré carré sur "Tomorrow Night" et qu'il tape sur l'épaule de Michael Starr pour assurer les chœurs dans le micro du chanteur. Enfin, la plupart des compos sont réellement excellentes, et nul doute que s'il était sorti en 1988 avec un logo Bon Jovi, un titre comme "Tomorrow Night" aurait fait un putain de carton. Bref, Steel Panther, c'est avant tout pas mal de déconnade certes, mais aussi beaucoup de talent.


Ils étaient attendus, ils n'ont pas déçu. Steel Panther en a bien évidemment fait des tonnes niveau humour gras, mais ils ont aussi prouvé que derrière les artifices se cachait un groupe très talentueux, dans la composition comme dans l'interprétation. Et accessoirement, niveau étalage de boobz, il n'y a pas eu photo : ils ont carrément humilié Mötley Crüe à ce petit jeu. Quand on voit autant de gens chanter ensemble l'hilarante ballade "Community Property", on se dit que la Steel Panther mania a encore de beaux jours devant elle.


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