CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 03 juillet 2012




SETLIST

(récupérée sur setlist.fm, donc peut-être érronée)

In Waves 
Pull Harder on the Strings of Your Martyr 
Rain 
Black 
The Deceived 
Dusk Dismantled 
Drowned and Torn Asunder 
A Gunshot to the Head of Trepidation 
Down From the Sky 
Throes of Perdition 

AFFILIÉ

17 juin 2012 - Hellfest


Trivium_Hellfest_20120617

« Trivium, c'est de la daube pour djeunz » : voilà le genre de réflexion profonde qu'on lit fréquemment à propos des Floridiens, souvent de la part de crétins ayant le même profil que votre serviteur, c'est-à-dire à peine plus âgés que les membres du groupe et n'ayant jeté qu'une oreille distraite sur leur œuvre. Ah, la force des préjugés… Pour ce genre de groupes subissant un délit de sale gueule plus ou moins prononcé, les festivals sont une occasion en or de s'exposer devant un large public, dont pas mal de sceptiques à convertir.

Et de ce point de vue là, Trivium vient de frapper un grand, un très grand coup. Bien sûr, les metalheads profondément allergiques au metalcore ne changeront pas fondamentalement d'avis, la musique du groupe étant ce qu'elle est, bien que nettement plus riche et moins stéréotypée et putassière que celle de groupes considérés comme des pointures du genre ; mais pour les curieux pas forcément réfractaires à ce style, la démonstration de force du groupe fut des plus impressionnantes. Démonstration technique tout d'abord : malgré des morceaux en général plutôt alambiqués, l'interprétation est tout simplement parfaite. Le batteur est incroyable de facilité malgré des plans pas piqués des vers, les innombrables solos sont d'une grande propreté et surtout, partie la plus casse-gueule, le chant s'affirme comme un des gros points forts du groupe en live. Les rôles sont très bien répartis : le bassiste Paolo Gregoletto assure les choeurs mélodiques, le guitariste Corey Beaulieu se charge du growl le plus agressif, en lead ou backing vocals, et son acolyte Matt Heafy abat le gros du travail en prenant tout le reste. Fréquemment, les gars se retrouvent à chanter à 2 ou même à 3, et à chaque fois, le résultat est excellent. Quand on compare avec les parties de chant toutes foireuses de Machine Head la veille, le contraste est saisissant.
Démonstration scénique ensuite : on a pas mal reproché à Matt Heafy de singer James Hetfiled à la sortie de The Crusade, mais il a sûrement aussi maté pas mal de videos live de Metallica. Une chose est sûre, son jeu de scène et sa communication avec le public a pas mal de points communs avec celle du grand Jaymz : beaucoup de mobilité pour haranguer les premiers rangs d'un regard ou d'un sourire, pas mal d'incitations à headbanguer pendant les morceaux, quelques coups de brosse à reluire pour flatter le public mêlés à des petites piques pour le pousser à participer encore un peu plus… Petit plus de la maison, Heafy essaie de parler en français le plus souvent possible, ce qui fait toujours son petit effet. Il nous aura sorti à plusieurs reprises cette expression déjà devenue culte : « bougez-vous bébé ! » Et au final ça marche, car le public lui mange dans la main. Certes, la plupart des morceaux ne sont guère évidents à chanter, même quand il cherche à faire participer les gens sur "Dusk Dismantled" ou "Black" ; mais dès qu'il demande aux fans de taper dans leurs mains, la réaction est massive et s'étend jusqu'aux tours de son. Et je ne vous parle pas des circle pits massifs ou du wall of death modèle géant, qui semblent avoir agréablement surpris le frontman qui paraissait réellement étonné par l'accueil du public et sincère dans ses remerciements.


Régulièrement, on s'interroge sur le nom des futures têtes d'affiche des festivals une fois que tous les dinosaures des 70's et des 80's se seront retirés. Quand on regarde sa position sur l'affiche du Hellfest ou du Wacken, on peut dire que Machine Head vient d'accéder à ce statut, d'autant que certains festivals comme le Brutal Assault n'hésitent plus à les mettre tout en haut. Je suis prêt à prendre le pari que d'ici 5 ou 6 ans, s'ils sont encore en activité, ce sera au tour de Trivium : leur fanbase est solide, leurs prestations scéniques sont béton… Avec des morceaux un peu plus consensuels, ils deviendront tout simplement incontournables. La grosse claque.


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