CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 02 juillet 2012




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

Biohazard
Paris - Elysée Montmartre
(03 décembre 2009)

17 juin 2012 - Hellfest


Biohazard_Hellfest_20120617

Bon, je dois l'avouer, ma connaissance de l'œuvre de Biohazard est loin d'être encyclopédique, puisqu'elle se résume essentiellement à l'excellent live No Holds Barred. D'ailleurs, pour moi, Biohazard, c'était avant tout Evan Seinfeld et je voyais mal le groupe continuer sans lui ; c'était sans compter sur le lieutenant Billy Graziadei, devenu général en chef d'une armée en déroute depuis pas mal d'années et qui a décidé de prendre les choses en main.

Mine de rien, ce départ, c'était quand même la grosse tuile puisque Biohazard venait juste de se reformer avec le line up de l'âge d'or, c'est-à-dire avec un Bobby Hambel enfin de retour. Mais bon, quand on porte l'étendard du New York Hardcore, on ne rend pas les armes sans combattre. Pour compléter les rangs, Graziadei a donc recruté un certain Scott Roberts, sosie officiel de Monsieur Propre, capable de jouer carré, de chanter avec rage et surtout, de tenir la dragée haute à Graziadei en terme de débauche d'énergie, ce qui n'est pas un mince exploit. Deux hommes, deux styles différents, le guitariste passant son temps à courir et sauter comme un cabri, le bassiste étant adepte de la toupie. Le résultat est le même : après quelques minutes de show dans la fraîcheur de la nuit clissonnaise, une incessante fumée s'échappe du crâne des deux musiciens déjà en surchauffe.
Malgré cette bonne volonté affichée, le show débute timidement du côté du public. Que "Vengeance is Mine" soit accueilli timidement, passe encore : après tout, il s'agit du premier titre, qui plus est un des nombreux extraits du nouvel album au programme du soir, donc loin d'être connu de tous ; mais que dans la foulée, l'énormissime "Urban Discipline" ne recueille qu'une indifférence polie, là c'est tout bonnement scandaleux. Le public commencerait-il à accuser sérieusement une fatigue bien compréhensible au bout de 3 jours de concert non stop ? Sans doute, mais Graziadei n'est pas du genre à baisser les bras aussi vite. Le guitariste décide alors de descendre de la scène et de jouer dans le public, rien que ça. Une position un peu périlleuse, mais efficace puisque cela aura eu pour effet de réveiller la fosse et de lancer définitivement ce set. Il était temps !
Survolté par l'ambiance qui commence à monter, le blondinet, qui ressemble de plus en plus au bad guy de La Manière Forte, petit bijou de buddy movie avec James Woods et Michael J. Fox (désolé, on a les références qu'on a), se lâche complètement. Il invite une des photographes officiels du festival à shooter le reste du concert sur scène, mais on se demande si celle-ci aura vraiment pu réaliser des clichés intéressants tant les musiciens ne tiennent pas en place. Les morceaux défilent, tous plus énergiques les uns que les autres, et Graziadei finit carrément par inciter les fans à monter sur scène. S'en suit alors un joyeux bordel digne des concerts de Suicidal Tendencies, les fans moins timorés n'hésitant pas à s'emparer du micro pour assurer les choeurs. A la fin du morceau, tous finissent par redescendre avec la banane, non sans avoir claqué la poignée de mains au big boss.


Vu le plateau hardcore 4 étoiles proposé durant ces 3 jours, avec Madball, Hatebreed, Backfire ! et j'en passe, il fallait que Biohazard soit au taquet pour se montrer digne de clôturer les festivités. Ils l'ont été, et pas qu'un peu ! Emmené par un Billy Graziadei on fire, bien soutenu par un Scott Roberts à la hauteur et un Bobby Hambel toujours aussi perché, le groupe aura livré une prestation du feu de Dieu et rallumé la flamme d'un public un peu éteint au début. De moins en moins convaincant en studio, Biohazard a démontré de façon éclatante qu'il restait une valeur sûre en live. Ne les ratez pas la prochaine fois !


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