CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 02 juillet 2012




SETLIST

The Red & the Black
Burning for You
Buck's Boogie
Cities on Flame with Rock n' Roll
Then Came the Last Days of May
Godzilla
(Don't Fear) the Reaper
See You in Black

AFFILIÉ

Blue Oyster Cult
Hellfest (Clisson)
(18 juin 2017)

17 juin 2012 - Hellfest


Blue_Oyster_Cult_Hellfest_20120617

En activité depuis 1972, comme nous le rappellent les T-shirts disponibles au stand de merchandising officiel, Blue Öyster Cult est une véritable institution. Mais voilà, c'est n'est pas non plus l'institution la plus connue ni la plus active, et on pouvait craindre que la programmation de ce groupe soit un bide. C'était négliger deux paramètres importants : premièrement, et c'est la force du Hellfest, tous les groupes présents ont d'authentiques fans ; deuxièmement, Blue Öyster Cult est un groupe bourré de talent.

Au Hellfest, tous les concerts se ressemblent un peu : les groupes bougent et se donnent à fond, le public chante (ou gueule, selon le style du groupe), headbangue, tape des mains… Physiquement, ça finit par devenir très exigeant au bout d'un moment ! Avec Blue Öyster Cult, on en revient à une conception toute différente du concert de rock. D'un côté, un groupe de petits vieux qui n'a pas besoin d'en faire des caisses pour captiver l'assistance, car la musique parle pour eux. Seul Richie Castellano se plaît à courir et à hadbanguer de temps en temps, ce qui crée une sorte de décalage avec ses compères si placides. Déjà qu'il leur rend une bonne trentaine d'années ! De l'autre, un public à la japonaise, qui écoute religieusement la moindre note et qui applaudit chaleureusement après chaque morceau. Car devant une telle qualité d'exécution musicale, il n'y a pas 50 attitudes possibles : on se tait, et on admire.
Admirer, c'est bien le mot. Déjà, parce que ça joue grave : à la guitare lead, Buck Dharma est tout simplement impressionnant de touché et de feeling. Quand on voit ce mec jouer, on se demande pourquoi des gars sont allés inventer le shred, parce que la virtuosité est loin de se résumer à une simple question de vitesse. Castellano n'est pas en reste et aligne lui aussi les leads de grande classe, quand il ne se charge pas des claviers (en alternance avec Eric Bloom, pour les quelques morceaux qui ne sont pas joués à 3 guitares). Rudy Sarzo assure quant à lui des parties de basse de haut niveau, en dépit d'un son un peu fort, un problème récurrent lors du weekend sur la Mainstage 1, qui plombera également le concert des Guns n' Roses. En plus de ça, ces mecs savent chanter : les refrains de "Burning for You" ou "(Don't Fear) the Reaper" chantés à 4, c'est pas Mötley Crüe qui serait capable de faire ça (cf report).
A l'écoute de "The Red & the Black", les néophytes ont dû se demander ce que Blue Öyster Cult faisait sur l'affiche du Hellfest. Un riff rock très léger aux antipodes du heavy metal, des lignes de chant enjouées, quel contraste avec le déluge incessant de décibels depuis 3 jours ! Les longs solos aux allures de jams nous ramènent rapidement à une certaine idée originelle du hard rock, chère à Deep Purple. Changement d'orientation complet ensuite avec "Burning for You", un des grands classiques du groupe, qui nous emmène dans sa période FM du début des années 80. Cette alternance entre chansons au sens propre du terme et titres constitués de longues plages purement instrumentales constituera en quelque sorte le fil rouge de ce set. Et au final, c'est cette seconde catégorie de morceaux qui se révélera la plus intéressante, car c'est un véritable régal d'écouter les prouesses de ces pointures, Buck Dharma en tête.
Celui-ci a l'occasion de se mettre encore plus en valeur, si besoin en était, avec la présence de "Buck's Boogie" au menu des festivités. Castellano ayant pris place derrière les claviers, Dharma a toute latitude pour s'exprimer sur cet instrumental qui le met à l'honneur. Castellano se rebiffe sur "Then Came the Last Days of May", la surprise du chef, livrée ici dans une version d'anthologie. Eric Bloom ayant cette fois pris les claviers, Dharma se met en retrait et laisse briller son jeune acolyte qui s'enflamme littéralement. Les deux compères finissent par se livrer un duel de haut vol sur une magnifique version rallongée de "(Don't Fear) the Reaper". Etonnamment, Blue Öyster Cult quitte alors la scène, 10 bonnes minutes avant le terme prévu. Visiblement, quelqu'un a dû le leur signaler en coulisses et le groupe revient improviser une version de "See You in Black" sympathique, mais pas à la hauteur du reste du set. 


Et je craignais un bide ? Mais quelle erreur d'appréciation ! Par sa musique, et uniquement grâce à cela, Blue Öyster Cult a su tenir en haleine le public du festival, et pas seulement la frange la plus branchée par le classic rock. Tous les ans, le Hellfest nous offre quelques belles surprises, des outsiders qu'on n'attendait pas à pareille fête ; incontestablement, Blue Öyster sera à ranger dans cette catégorie au moment de faire le bilan de cette édition 2012.


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