CHRONIQUE PAR ...

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Carsten
le 19 juillet 2011




SETLIST

Leave It Behind Us
Monday Morning Apocalypse
As I Lie Here Bleeding
Blinded
The Masterplan
Frozen
Broken Wings
A Touch Of Blessing

AFFILIÉ

Evergrey
Paris - Gibus
(01 avril 2019)

08 juillet 2011 - Sonisphere France


Evergrey_Sonisphere_France_20110708

A force d'écumer les concerts et les festivals, votre serviteur a fini par avoir vu au moins une fois tous les groupes en activité dont il a suivi la carrière de près, hormis les groupes qui ne tournent pour ainsi dire jamais comme Paradox ou Virgin Steele. Derniers absents sur mon tableau de chasse : High On Fire et Evergrey. Autant dire que j'attendais le passage des Suédois avec impatience… et visiblement j'étais bien le seul en ce vendredi où le public du Sonisphere était composé essentiellement de fans de Metallica et Slipknot.

On le sait, le public des grosses machines comme AC/DC ou Maiden a souvent tendance à ignorer royalement les premières parties, quand ce n'est pas purement et simplement à les jeter. C'est un peu l'impression que j'ai eue lors de ce concert d'Evergrey : si des groupes dans l'air du temps comme Mastodon ou Gojira ont su éveiller un minimum l'intérêt du public, tout comme Airbourne et son style taillé sur mesure pour le live, là c'était l'indifférence la plus complète. Les Suédois ne sont pas nés de la dernière pluie, mais pourtant on aurait dit qu'il s'agissait d'un groupe de débutants tant personne ne semblait les connaître. Dur pour eux… Il y avait bien un petit groupe qui remuait sur la droite, mais il s'agissait des mecs un peu pintés qui n'en avaient rien à secouer d'Evergrey. Foncièrement, je ne suis pas contre les pogos dans les concerts metal (heureusement !), mais quand c'est juste pour emmerder le monde comme ce fut le cas cette fois, c'est vite saoulant et tout le monde finit rapidement par s'énerver. Certains de ces gars se sont même mis en tête de slammer, avec comme conséquence un gadin sur le bitume garanti. Donc bref, dommage que le public se soit montré si apathique parce que ce set fut fort sympathique.

Evergrey s'est longtemps traîné une réputation de sacrés posers en live. Je ne sais pas si c'est l'effet du renouvellement important de personnel, mais ce ne fut clairement pas le cas cette fois. Les Suédois ont débarqué en tenue décontractée, comptant bien profiter de ce set pour oublier les désagréments d'une journée merdique (d'après ce que j'ai compris lors d'un speech de Tom Englund, la compagnie aérienne a égaré une partie de leur matos). Le frontman n'hésitera à plaisanter alors qu'il fait chanter au public un inhabituel « Yeah baby yeah baby yeah » : « ça sonne pas un peu Justin Timberlake ? » A ses côtés, le nouveau line-up est en place, et Johan Niemann et Marcus Jidell n'hésitent pas à filer un coup de main à Rikard Zander pour assurer les chœurs (même si les parties de Carina Englund sont samplées). Bref, comme chez Mastodon, ils sont 4 à officier au micro… sauf que chez Evergrey ils savent chanter, eux (humour !). Dommage en revanche que le son ait été si mauvais, une constante sur la scène Saturn le vendredi : si le volume général était revenu à un niveau acceptable, la batterie était toujours trop forte et les guitares trop en retrait, ce qui fut particulièrement frustrant lors des solos presque inaudibles de Marcus Jidell.


Evergrey n'a peut-être pas converti des milliers de spectateurs en véritables fans, mais pour ceux qui connaissaient déjà le groupe, ce set fut un excellent moment. Un groupe relax mais très au point scéniquement, qui n'a pas hésité à piocher les 8 titres du jour dans 6 albums différents, dont quelques vrais metal hits au programme ("A Touch Of Blessing" ou "Blinded" pour ne citer que ceux-là)… Parfait pour lancer le festival après des premiers concerts un peu mitigés, Bukowski mis à part.


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