CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 13 juillet 2011




SETLIST

Contraddiction
Une Somme de Détails
World on Fire
Plus qu'aucune mer
L'espoir fou
P4
Furia

AFFILIÉ

Mass Hysteria
Paris - Bataclan
(18 février 2010)

09 juillet 2011 - Sonisphere France


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Le philosophe Raymond Domenech fustigeait il y a peu cette France du Foot qui ne compte pas moins de 60 millions de sélectionneurs. L'organisation du Sonisphere en dirait probablement autant de cette France du Metal qui réunissait ce samedi pas moins de 30000 organisateurs, prêts à la ramener concernant le running order de la journée. Mass Hysteria en ouverture, pour un set de 30 minutes chrono TTC, what the hell is all about?

Effectivement, se dire que Mass ouvre le bal de ce second round pour une demi-heure de show laissait pantois la fanbase du groupe. D'autant plus que comme la formation le rappelait lors d'un récent entretien (lire ici), le set marquait le coup d'arrêt de la tournée de l'album Failles, et leur permettait de boucler fièrement une jolie boucle de leur carrière et ce french tour (commencée aux Arènes de Nîmes en ouvrant pour … Metallica, et s'achevant alors dans une une parfaite symétrie). Inutile de refaire le match et parlons concret et direct. Mass a fait de cette "situation" une force et ce dès la balance entamée aux alentours de treize heures. Et alors qu'une autre masse, de festivaliers cette fois, attendait de rentrer (et de se placer au premier rang pour Metallica) aux deux entrées du site. Mouss en a profité pour les saluer à sa manière, et Yann leur asséner le riff de "Seek and Destroy" de qui-vous-savez.  Succès garanti et vivats immédiats au loin. Mon tout sous l'oeil amusé d'un certain Biquet drapé aux couleurs de Jägermeister, et sous l'objectif d'un Eric Canto qui va avoir fort à faire dans les minutes qui arrivent. Et Dieu sait qu'il en a l'habitude…

Cherche et détruit, Mass sait aussi faire sans tout le tralala onéreux, les écrans géants, les feux d'artifices et le look de poseur ultime affiché par certains (NDLA: j'ai dit certains) membres du Big Four. Allez à tout le monde, à tous les amis: Mass a enfoncé côté prestation et ambiance deux des Quatre (ex-)Fantastiques du Trash US. Et en s'y prenant simplement avec une setlist tout ce qu'il y avait de plus évident à balancer en trente minutes d'une furia qui n'a jamais aussi bien porté son nom. Bon esprit -au passage- de commencer par "Contraddiction", histoire de rappeler que personne n'est jamais vraiment prophète en son pays, tiens. Mais l'ambiance monte de Quatre (le chiffre du jour, donc) crans dès les premiers accords de "World on Fire", puis de "Plus qu'aucune mer": la sécurité sait que la journée va s'avérer dès lors plus que physique. Et les photographes, présents tout le set, salivent à l'avance quant aux clichés qu'ils vont pouvoir en tirer. De toute façon, une gentille anarchie règne et ne cessera pas. Comme il en a pris l'habitude, le chanteur et les deux guitaristes vont descendre, sous bonne escorte,  au milieu d'un public qui n'attend que cela pour entamer le premier circle-pit de ce samedi (et probablement le meilleur de ces deux jours, encore que Slayer rivalise bien), et de rigueur au son de l'habituel "P4."

Un "P4" au C-4, en gros. Nico remonte livide mais, je cite, « heureux. » Yann a, lui, les yeux brillants. Et sur scène, Stephan et Raphaël n'en reviennent pas et, hilares, tapent la discute avec deux photographes, grimpés sur scène et sur les enceintes (suivez mon regard…) Mouss, totalement essoufflé, va calmer le jeu par un petit speech de fort bon aloi rappelant que la France possède aussi son Big Four, entre Gojira (présent le vendredi), Loudblast (en lice ce jour) et Bukowski (la veille) et Mass Hysteria (maintenant). Mouss, tu n'aurais pas oublié Lofofora ou tu listais juste les quatre groupes "locaux" présents ce jour? Reste que partant du principe qu' on n'est jamais mieux servi que par soi-même, le frontman réclame maintenant un Braveheart (qu'il aurait de toute façon obtenu sans même le demander poliment) pour un "Furia" final en l'honneur de Patrick Roy, le "Président de la République de la France du Metal." Sitôt demandé, sitôt exaucé et les six minutes à suivre vont être coriaces côté public. Un public probablement pas acquis à la "cause" du groupe ab initia, mais qui n'a pas demandé son reste pour retourner le site.



Ah c'est déjà fini, Metallica? Non, juste un petit riff de sympathie de "Creeping Death" et puis Mass s'en va sous les olà d'une audience qui, elle, file directement vers la scène juste en face se calmer (tout est relatif) avec Diamond Head. Le Big Four va avoir fort à faire pour en obtenir autant. Mais bon, jouer en début d'après-midi, c'est probablement trop tôt pour certains (NDLA: j'ai redit certains) membres des Quatre Gros. Après « pour qui sonne le glas », c'est à vous de voir. Mais pas pour Mass assurément!


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