CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
le 03 juillet 2011




SETLIST

In War And Pieces
The Vice Of Killing
Outbreak Of Evil
The Saw Is The Law
Sodomized
M-16
Agent Orange
The Art Of Killing Poetry
Blasphemer
Remember The Fallen

AFFILIÉ

Sodom
Wacken
(03 août 2007)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2008)

18 juin 2011 - Hellfest


Sodom_Hellfest_20110618

Battle for German thrash metal supremacy, round 2. Destruction a mis la pression sur ses concurrents avec un set foutrement efficace, mais Sodom en a vu d'autres et n'est pas du genre à se laisser impressionner. Forts de leur longue expérience, les Allemands débarquent sur scène avec des convictions différentes de celles de Destruction, mais avec un style tout aussi ravageur.

Déja, l'attitude scénique est complètement différente. Destruction, c'était un peu la foire aux stéréotypes de thrash en live : à Schmier les poses puissantes et agressives, à Mike le headbanging effréné du début à la fin. Chez Sodom, on a plutôt un Tom Angelripper très peu mobile, qui utilise assez peu les trois pieds de micro mis à sa disposition (contrairement à Schmier, qui bouge beaucoup plus). Mine un peu renfrognée, à bientôt 50 balais, le gaillard semble commencer à accuser le poids des ans… et des nombreux excès ! A ses côtés, son lieutenant Bernemann nous rappelle Speesy Giesler chez Kreator : un peu de headbanging de temps en temps pour marquer le coup, mais surtout la banane en permanence, témoignage d'un réel plaisir de jouer. Certains diront que ce n'est pas très thrash comme attitude, mais personnellement, je préfère largement voir des musiciens qui s'éclatent que des mecs qui font la gueule parce que ça fait plus true comme Kerry King.

Sur le plan musical, en ne misant pas uniquement sur l'agressivité à l'état pur, Sodom nous aura offert aussi un show plus varié que celui de Destruction. Déjà, parce que quand on dispose dans son arsenal d'un titre comme "The Saw Is The Law", qui est un peu le mid tempo ultime dans le thrash, on peut se permettre de ne pas la jouer à fond la caisse de la première à la dernière seconde. "M-16" et "Remember The Fallen" assurent également, même s'il y avait sans doute de meilleurs alternatives pour clore ce set ("Ausgebombt" bordel !). Mais au-delà de ça, on notera la volonté du groupe de proposer quelque chose qui sorte un peu des sentiers battus. Commencer par "In War And Pieces", un morceau heavy assez pépère au regard de la carrière du groupe alors qu'on aurait pu s'attendre à un truc musclé pour lancer ce set, c'était plutôt gonflé. Même réaction un peu plus tard que Sodom dégaine "The Art Of Killing Poetry", le titre le plus soft de son dernier album, qui coupe un peu la dynamique du show.

Ceci dit, qu'on se rassure, quand il s'agit d'avoiner, Angelripper et sa horde savent toujours s'y prendre. Et là encore, pas forcément de la façon la plus prévisible. Quand le groupe attaque le riff de "The Vice Of Killing", on se dit qu'on tient déjà une bonne surprise ; mais que dire alors de "Sodomized" ?  Qui aurait parié que le groupe irait dépoussiérer un titre du très décrié Get What You Deserve, une rareté même pas interprétée lors du concert anniversaire au Wacken en 2007 ? Moins surprenant, mais toujours aussi efficace, la doublette primitive "Outbreak Of Evil" / "Blasphemer", issue du premier EP de 1984. Et puis il y a ce speech sybillin d'Angelripper : « vous savez ce qui s'est passé en Allemagne en 1989 ? » Le voilà qui siffle la mélodie de "Winds Of Change", ajoutant que « Klaus le fera bien mieux tout à l'heure » (manque de bol, Scorpions la zappera). Tout ça pour finir par « cette année-là, on a sorti Agent Orange, voici le title track » et boum, un monument du thrash en pleine gueule !


Grosse performance de Sodom, dans un style moins frontal que Destruction. Cela n'a pas empêché la fosse d'être complètement déchaînée, puisqu'on a assisté à une véritable foire aux slammers. Vous avez peut-être vu circuler sur les forums cette photo déjà mythique d'un mec qui a slammé en fauteuil roulant ! Seul petit regret, cette sortie de scène un peu ratée, avec un Angelripper qui s'est barré un peu comme un voleur sans saluer la foule, laissant Bernemann assurer le service après-vente. Tant pis, on a quand même pris notre pied pendant 50 minutes !


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