CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
le 02 juillet 2011




SETLIST

Sting In The Tail
Make It Real
Bad Boys Running Wild
The Zoo
Coast To Coast
Loving You Sunday Morning
The Best Is Yet To Come
Holiday
Raised On Rock
Tease Me Please Me
Dynamite
Kottak Attack
Blackout
Six String Sting
Big City Nights

Still Loving You
Rock You Like A Hurricane



AFFILIÉ

Scorpions
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2015)
Wacken
(03 août 2006)
Amnéville - Galaxie
(19 mai 2006)
Paris - Zénith
(14 mai 2007)
Juan les Pins - la Pinède Gould
(30 juillet 2009)
Paris - Olympia
(19 mai 2010)

18 juin 2011 - Hellfest


Scorpions_Hellfest_20110618

Pour sa tournée d'adieu, Scorpions n'a pas fait les choses à moitié. Les Allemands ont renoué avec les usages en vigueur lors de leur période de gloire, à savoir une tournée mondiale à rallonge. Ainsi, près de 150 dates ont été bookées entre mars 2010 et novembre 2011, et ce n'est sans doute pas fini puisque jusqu'à présent, aucun concert n'est prévu au Japon ; or, on voit mal le groupe snober une terre où il a écrit une partie de sa légende ! Et pour une fois, on n'aura pas à se plaindre car Scorpions nous aura bien gâtés.

En effet, après déjà 7 dates en 2010, les Allemands se produiront notamment en tête d'affiche aux Vieilles Charrues, le plus grand festival musical en France, avant de se lancer en novembre dans un périple de 8 dates dont un passage à Bercy. On espère que ce rendez-vous périlleux ne se transformera pas en bide monumental pour un groupe qui fut loin de remplir le Zénith en 2007. Au total, Scorpions se sera produit pas moins de 18 fois en France en l'espace de deux ans ! Si d'autres groupes de ce calibre pouvaient en faire de même… Pour l'heure, c'est au Hellfest que les Allemands ont posé leurs amplis, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'organisation leur a déroulé le tapis rouge en lui allouant un créneau de 1h55, soit un show complet… ou du moins c'est ce qu'on croyait au départ. 

Après la sortie de scène de Kreator, la sono crache un morceau, puis deux, puis trois…C'est finalement avec près de 10 minutes de retard que le groupe montera sur scène, pour en ressortir avec environ 10 d'avance, pour permettre le déroulement de l'hommage à Patrick Roy. Si l'on regarde la setlist habituelle de cette partie de la tournée, on constatera que les Allemands ont amputé leur set de trois titres, en l'occurrence trois ballades : "Send Me An Angel" (pas la plus indispensable), "Winds Of Change" et "When The Smoke Is Going Down". Si en tant que fan, c'est cette dernière qui m'a le plus manqué, le majeure partie du public aura surtout retenu l'absence presque incompréhensible de "Winds Of Change", sans doute leur titre le plus connu avec "Still Loving You". Quelle décision étonnante…

Mais avant cela, Scorpions nous aura déroulé un show réglé comme du papier à musique, peut-être même un peu trop. La setlist ne varie pas d'un iota d'une date à l'autre, ce qui est un peu dommage quand on sait que les die-hard fans, comme les membres du fan club français Crazyscorps, ont pour habitude de suivre le groupe sur plusieurs dates. Il y a de quoi faire en 40 ans de carrière et 17 albums studio au compteur, alors un peu de changement que diable ! Ceci dit, un groupe a beau jouer chaque soir les mêmes morceaux dans le même ordre, il y a des jours avec et des jours sans. Malheureusement,en ce samedi 18 juin, les Allemands n'ont pas l'air spécialement dans leur assiette. Matthias Jabs semble un peu absent, James Kottak multiplie les pains, et plus embêtant, Klaus Meine est à la peine.

En effet, sur, les premiers titres, on le sent très hésitant, cherchant à préserver au maximum sa voix. Il ne pousse pas dans les aigus et ne tient pas ses notes, d'où des fins de phrases assez abruptes. On a même par moment l'impression qu'il récite son texte sans y mettre de musicalité, ce qui renforce le côté nasillard de sa voix, notamment sur "The Zoo". Ce n'est qu'après la pause "Coast To Coast" qu'il trouvera enfin son rythme de croisière et nous fera profiter de sa voix enchanteresse. Mais comment lui en vouloir, lui qui affiche encore la grande forme à 63 ans ? Ceci dit, quand Scorpions a justifié sa retraite par la volonté de ne pas donner des shows au rabais, on en aura eu un petit aperçu pendant quelques minutes. Et effectivement, il vaut sans doute mieux se retirer avant d'en arriver là.

Ce sera bien dommage d'ailleurs, car on sera alors privé définitivement de très grands morceaux de hard rock particulièrement jouissifs en live. La force tranquille de "Coast To Coast", la classe de "Loving You Sunday Morning", l'émotion de "Holiday" (avec la Flying V acoustique de Rudolf Schenker), le côté irrésistiblement accrocheur de "Tease Me Please Me", la hargne de "Dynamite", la rage de "Blackout", la mélancolie de "Big City Nights", la communion "Still Loving You", l'hymne hard rock ultime "Rock You Like A Hurricane"… Tout cela va nous manquer. Un peu plus que les solos interminables de James Kottak d'ailleurs, en dépit de la bonne idée de faire diversion avec la projection d'un court métrage en forme de clin d'œil aux différentes pochettes des albums du groupe.


Votre serviteur a eu l'occasion d'aller voir Scorpions à plusieurs reprises ces dernières années, et il doit reconnaître que ce concert au Hellfest ne restera pas comme la performance la plus mémorable. Manque de rythme (notamment avec les deux solos séparés par le seul "Blackout"), de chaleur, de fun, de surprise, de complicité avec le public… Malgré toute la bonne humeur légendaire du groupe, notamment Meine et Schenker et son impayable t-shirt Beer Delivery Guy, on n'a pas senti la même ambiance que lorsque celui-ci joue uniquement devant ses fans. Un concert sympa tout de même, ne serait-ce que pour la qualité des morceaux interprétés, mais Scorpions est capable de beaucoup mieux que ce qu'il a montré ce soir.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6