CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 30 juin 2011




SETLIST

Warlord
Inflikted
Sanctuary
Terrorize
Refuse / Resist (Sepultura)
Territory (Sepultura)
The Doom of All Fires
Killing Inside
Blunt Force Trauma
Ultra-Violent
Black Ark
Cockroaches (Nailbomb)
Roots Bloody Roots (Sepultura)

AFFILIÉ

Cavalera Conspiracy
Paris - Bataclan
(05 juin 2008)
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2008)

19 juin 2011 - Hellfest


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Pour tous les fans qui ont connu l'heure de gloire de Sepultura, assister à un show de Max Cavalera est un véritable crève-cœur désormais. Que ce soit sur le plan visuel ou musical, il n'a absolument plus rien à voir avec le charismatique leader d'il y a une quinzaine d'années. Du coup, le voir régulièrement programmé au Hellfest, que ce soit avec Soulfly ou Cavalera Conspiracy, n'a rien de très attrayant. Mais comme le déclarait Ben Barbaud, le Hellfest est un festival fait par un fan pour les fans… et visiblement, Cavalera en a encore un paquet.

Physiquement, Maxou ressemble de plus en plus à un clodo, et son régime Burger King affecte de plus en plus ses prestations scéniques. Avec le temps, on s'est habitué à son niveau devenu pitoyable à la guitare et au fait qu'il s'appuie de plus en plus sur Marc Rizzo pour boucher les trous ; mais là, c'est au niveau du chant que cela commence à coincer, puisqu'il s'essouffle à une vitesse folle. Pas bon signe ça… Remarquez, on peut toujours espérer qu'il soit frappé un jour par la même crise de conscience que son frangin Iggor : hésitant voire même carrément à côté de la plaque par moment en 2008, celui-ci s'est retroussé les manches et a retrouvé la frappe puissante et précise de la grande époque. Il semble même parfois emporté par son excitation, comme les batteurs inexpérimentés sur scène victimes de montées d'adrénaline : "Refuse/Resist" et l'intro de "Territory" sont ainsi jouées sur un tempo accéléré, ce qui contribue à l'embrasement du moshpit.

Un moshpit qui n'aura d'ailleurs guère eu le temps de se reposer pendant ces 60 minutes. C'est un fait, les compositions simples et directes de Cavalera Conspiracy sont taillées pour le live. La mise en bouche "Warlord" allume déjà quelques départs de feu à droite à gauche, mais c'est avec "Inflikted" que les choses sérieuses commencent. Ca y est, c'est bon, on ne voit plus rien car d'immenses nuages de poussière s'élèvent devant la scène. Et la baston continue avec "Sanctuary" : en matière de circle pit, on pensait avoir tout vu la veille avec Kreator, mais Cavalera Conspiracy fait encore plus fort. Et contrairement à ce que pouvaient penser les mauvaises langues (comme moi, pour être honnête), les fans s'éclatent largement autant sur les compos de groupes que sur les reprises de Sepultura. D'ailleurs, et c'est tout à leur honneur, les frangins ne cherchent pas à capitaliser plus que ça sur les classiques de leur ancienne formation.

Passé l'ouragan du début de show, qui voit le groupe griller ses meilleures cartouches, on n'est guère étonné de voir Cavalera Conspiracy taper chez Sepultura pour maintenir l'incroyable niveau d'intensité du show. Succès garanti avec la doublette d'ouverture de Chaos A.D., notamment "Refuse / Resist" qui parvient à encore agrandir la taille du circle pit. A ce moment-là, on se dit qu'on se dirige vers un show à la U.D.O., qui passe plus du temps à jouer du vieux Accept que son propre répertoire. On s'attend presque à voir débouler d'une minute à l'autre "Arise", "Propaganda" ou "Slave New World". Perdu : à part l'inévitable "Roots Bloody Roots", le véritable hymne du Hellfest joué à quasiment chaque édition par Sepultura, Soulfly ou Cavalera Conspiracy, ainsi qu'une cover de Nailbomb, le groupe a misé sur ses propres titres. Bonne pioche d'ailleurs, notamment avec le véloce "Blunt Force Trauma" ou le puissant "Killing Inside".

Comme Cavalera Conspiracy, c'est aussi une histoire de famille, la fin du set est un véritable défilé de guests. On commence par l'aîné, puisque Ritchie Cavalera vient se charger des parties vocales de Joe Duplantier sur "Black Ark". S'il s'époumone en vain au début, la faute à un micro récalcitrant, il se montre plutôt convaincant dans son registre hardcore, couplé à une aisance scénique évidente. Sur "Cockroaches", c'est au tour des gamins : je n'ai pas compris qui faisait le zouave à la guitare, mais de toute façon il ne servait à rien puisque l'énormissime Marc Rizzo se chargeait déjà de tout ; par contre, le petit Igor Junior (mais bel et bien le fils de Max) à la batterie, attention : là, il y a du putain de niveau. Quel âge il a le gamin, 10/12 ans ? Incroyable… Le set se termine dans une atmosphère très relax, avec un Maxou très taquin dans la présentation de ses musicien : le bassiste Johnny Chow est ainsi rebaptisé Rasputin, et Marc Rizzo Conan le Barbare !


Il y a trois ans, Cavalera Conspiracy donnait un show très moyen en tête d'affiche. Cette année, relégués en plein après-midi, ils nous ont offert un show atomique. On pourra toujours trouver quelque chose à redire sur l'interprétation et même sur la qualité des morceaux en soi, mais niveau ambiance dans le pit, ce set fut une véritable boucherie. Et mine de rien, c'est quand même un des trucs qu'on attend d'un concert de thrash. Un des temps forts de cette dernière journée de festivités.


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