CHRONIQUE PAR ...

29
Sebrouxx
le 28 juin 2011




SETLIST

What Lurks on Channel X?
Superbeast
Scum of the Heart
Living Dead Girl
More Human Than Human (White Zombie)
Sick Bubble-gum
Pussy Liquor
Demonoid Phenomenon
Mars Needs Women
Never Gonna Stop (The Red, Red Kroovy)
Super-Charger Heaven (White Zombie)
Thunder Kiss '65 (White Zombie)
Dragula

AFFILIÉ

17 juin 2011 - Hellfest


Zombie,_Rob_Hellfest_20110617

Dans ta catégorie attendu au tournant, en voilà un qui joue gros (toutes proportions gardées) ce soir. Mais entre ses activités musicales et cinématographiques, Rob Zombie est l'homme de tous les challenges. Habitués des festivals outre-atlantique, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit de sa première visite en France sous son propre nom. Accompagné de quelques acolytes de bonne facture, dont le guitariste John 5 bien connu des fans de Manson de la première heure, Rob est en plus la seconde affiche du soir, après Iggy et ses Stooges. Reste donc à savoir si The Rob Rules… (air connu)

Dans l'inconscient collectif festivalier, Rob Zombie allait être, devait être au Hellfest 2011 ce qu'Alice Cooper fut à l'édition 2010. En somme, la tête d'affiche qui allait proposer le show le plus graphique, pour ne pas dire le plus gore et le plus sexy, de ces trois jours. Un joli mélange de rock indus', de filles légèrement vêtues et de freaks à tous les coins de la scène. Commençons alors (on vous voit venir de loin!) avec les jeunes nymphettes: ces dernières, au nombre de trois dont une jolie danseuse strip-teaseuse en porte-jarretelles noir, font leur apparition le temps d'un excellent "Living Dead Girl." Ça, c'est fait et ne cherchez pas Sheri Moon (Mme Zombie dans le civil) : elle n'était pas sur scène! Côté freaks, Zombie se suffit limite à lui-même et son entrée en scène déclenche un sacré bazar, d'autant qu'il est très vite suivi de John 5 (qui n'officiait déjà plus chez Marylin Manson lors de la venue de ce dernier  à Clisson en 2009) mais aussi du bassiste Piggy D, homme à ne pas délaisser tant son jeu de basse reste une composante essentielle du son de la soirée. John 5 est parfait dans le rôle du guitariste grimé comme une ersatz de Joker pour une adaptation ciné de Batman (qui va offrir sa dose de shred solo bien sûr). Et Piggy, comme une version Zombiesque de Nikky Sixx, auquel il ressemble d'ailleurs quand le musicien de Mötley Crüe affichait vingt ans de moins sur sa carte d'identité. Ajoutez-y quelques squelettes pour porter les micros et quelques toiles d'araignées: vous avez une petite idée du décorum de la soirée.

Car il ne s'agit que de décorum, et de rien de plus. Non: Rob ne finit pas attaché à une table de torture afin d'y subir les pires sévices. Non : Rob ne va pas voir sa tête tranchée par une guillotine, puis projetée à l'autre bout de la Mainstage 1. Rob conserve ce type de joyeusetés pour son job de cinéaste. La frontière entre musique et cinéma ne semble pas très perméable chez lui finalement. Il est évident que les seuls fans du réalisateur de The Devil's Rejects et de House of 1000 Corpses restent plus que sur leur faim de grand-guignolesque. Mais les autres, à commencer par ceux qui apprécient le musicien depuis l'ère White Zombie, y trouvent leur compte. Trois des grands "hits" (si) de cette formation sont inclus dans la setlist de ce jour et bien leur prenne en particulier pour "More Human Than Human" et "Super-Charger Heaven" qui restent, live, deux sacrés titres à vous briser ce qui vous reste de cervicales aux environs de minuit. Le reste des morceaux vise également l'efficacité en mode instantané, d'où ce côté best-of de meilleures titres passés ("Superbeast", "Never Gonna Stop" et le final enchanteur "Dragula") et de ceux du récent Hellbilly Deluxe 2 (chronique ici et merci pour "Mars needs Women.") L'énergie, allons même jusqu'à parler de suractivité, est au rendez-vous tout au long des 70 minutes de ce grand spectacle ultra-calibré qui manque néanmoins d'un soupçon d'âme et de chaleur pour quiconque attendait la venue de cet artiste dans nos contrées.
D'autant qu'il nous doit 20 minutes de musique live...

Voilà de quoi épargner un billet d'avion vers les Etats-Unis maintenant que Rob nous a rendu visite. L'attente fut longue pour 1h10 de show (contre 1h30 affichée initialement). Mais tellement jouissif que le Monsieur est prié de venir vous revoir bientôt. Pour le Lords of Salem Tour, en parallèle à la sortie du film si cela le chante. Et tout le monde sera content, cinéphiles comme mélomanes!


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3