CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 25 juin 2011




SETLIST

I Don't Know
Suicide Solution
Mr. Crowley
War Pigs (Black Sabbath)
Bark at The Moon
Road to Nowhere
Shot in the Dark
Rat Salad (Black Sabbath)
Guitar & Drum solos
Iron Man (Black Sabbath)
Fairies Wear Boots (Black Sabbath)
I Don't Want to Change the World
Crazy Train
Mama, I'm Coming Home
Paranoid (Black Sabbath)

AFFILIÉ

Osbourne, Ozzy
Paris - Bercy
(20 septembre 2010)

19 juin 2011 - Hellfest


Osbourne,_Ozzy_Hellfest_20110619

Vous en voulez du Wall of Death ? Et bien pour partager le public, au sens propre du terme, faîtes monter Ozzy Osbourne sur scène à une heure tardive, et surtout juste après un Judas Priest en demi-teinte. Il choisit pourtant toujours bien son heure, notre Prince des Ténèbres, et déboule sur la scène principale aux douze coups de Minuit. Seaux d'eau et lance à mousse compris. 

Il y aura toujours des mauvaises langues pour penser que si Rob Halford a tiré sa révérence en quittant la Mainstage sur la grosse cylindrée, Ozzy va lui débarquer avec son déambulateur pour mieux passer le set qui arrive sur son Rockin’ Chair. Une manière certes peu élégante de reprocher au Hellfest d’accorder une trop grande place au papys du Metal… sans lesquels DOWN, Meshuggah et consorts ne seraient toujours de que de minces espoirs dans les testicules de leurs géniteurs. Oui, et même Pantera (number one au panthéon des tee-shirts portés par les festivaliers), tiens, qui devait un lourd tribut autant à Black Sabbath qu’à son chanteur ici présent. Ozzy, incontestablement, ne se meut plus aussi bien que sur la tellurique tournée No More Tours du début des années 90. Le groupe n’héberge plus Zakk Wylde (ça va, les grincheux, il était là hier !), ni Robert Trujillo (ca va, les grincheux, il sera là dans quinze jours au Sonisphère), ni Mike Inez ou le défunt batteur Randy Castillo. Pourtant la machine tourne comme de l’horlogerie suisse, parce que parfaitement rôdée maintenant.

Répétons-le et enfonçons le clou : Ozz’ et ses ouailles avaient déjà offert un show plus que convenable en automne dernier à Paris-Bercy (live-report ici). L’attraction du soir était alors la présence d’un newcomer à la guitare, soit le grec Gus G. Ce dimanche, le six-cordiste a déjà en plus un set dans les pattes, à savoir celui offert en guise déjeuner à midi avec Firewind, sa formation power-heavy de base plutôt solide. Et au regard de son passage signature au stand instruments du festival, sa célébrité croît de façon réellement exponentielle. Si le garçon ne s’économise pas côté public, il en va de même sur scène, où il fait montre d’une assurance certaine dès son entrée sur la Mainstage 1 assénant le riff de “I Don’t Know.” A se demander même si le jeune homme ne vole pas (un peu) la vedette au Madman. Mais offrez au Maître deux seaux d’eau et une lance à mousse, il va retrouver de sa superbe et de son charisme en deux temps trois mouvements. Peut en témoigner l’aréopage de photographes (inquiets ?) spécialement accrédités (et imperméabilisés de la tête aux pieds en passant par le boîtier) pour l’occasion. Aucune perte à déplorer cette fois chez Nikon, Canon et Pentax.

Mais finalement la star du soir est toute autre, à bien y réfléchir. C’est la setlist, certes pas encore parfaite mais plus que correcte pour une configuration festival. Aucun titre des deux derniers albums à l'horizon, pensez donc. De plus les “Eternels” prières ont été entendues depuis le passage parisien, la période Zakk Wylde étant cette fois bien représentée, entre “Road to Nowhere” et “Mama, I’m Coming Home”. “No More Tears” demeure encore aux abonnés absents. Dommage d’ailleurs puisqu’au regard de la durée des interludes solo de Gus G. et du batteur, mieux aurait valu l’interpréter et que les instrumentistes profitent du break central de ce titre pour se la jouer perso. Simple suggestion, hein, mais bon Ozzy en profite pour sortir de scène et, disons, se revigorer. Il faut bien avouer que la première partie du set passe à une vitesse folle et offre amplement de quoi s’achever les cervicales entre “Mr. Crowley” l’excellent “Bark at the Moon” et “Shot in The Dark” (sur lequel Ozzy galère lors des refrains). Trois hymnes phares du Heavy d’antan sur lesquels Gus G., aidé à la guitare rythmique de Wakeman Jr, fait des merveilles sans en faire des tonnes et tend à prouver que son apport dans le Osbourne Band risque de détonner quand il aura enfin voix au chapitre côté composition. Comme avant lui Jake E. Lee, un de ses prédécesseurs auquel il peut sans trop de peine être assimilé.


Un best-of de Black Sabbath et puis s’en va. Cinq titres au total qui semblent ravir l’auditoire alors que bien des pépites du répertoire solo d’Ozzy restent encore au placard, entre “Bloodbath in Paradise” , “Killer of Giants”, “ Crazy Babies” et autres “Rock n’ Roll Rebel.”  Reste un homme ravi, un peu plus à droite, et qui se privera pas de le dire : dès son entrée en scène Mikael Åkerfeldt remercie Osbourne d’avoir assuré une aussi bonne première partie pour Opeth. Goodbye to Romance, c'est bien connu!


Crédit photo: Alain Guino
http://rockerparis.blogspot.com/



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