CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 08 septembre 2007




SETLIST

War of Wrath
Into the Storm
Born in a Mourning Hall
Nightfall
The Script for My Requiem
Fly
Valhalla
Otherland
Welcome to Dying
Traveler in Time
The Bard's Song
Bright Eyes
Time Stands Still (at the Iron Hill)
Imaginations from the Other Side
Punishment Divine
Lord of the Rings
This Will Never End
Mirror Mirror

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03 août 2007 - Wacken


Blind_Guardian_Wacken_20070803

« Voir Blind Guardian au Hellfest, c’est un peu comme regarder Tigre & Dragon sur une 36 cms en noir et blanc » avais-je écrit il y a quelques semaines. Le temps de jeu ridicule alloué à la formation allemande, le son déplorable et l'organisation défaillante (le concert de BG avait dû commencer pendant le dernier rappel de cerlui de Megadeth) avaient en effet contribué à sérieusement ternir la prestation du groupe, à l'image d'un Hansi blasé et désinvolte au chant méconnaissable. Sauf que voilà, cette fois-ci le groupe joue au Wacken. Et si on doit reprendre la comparaison initiale, on peut affirmer que voir Blind Guardian au W:O:A, c'est comme regarder Matrix dans un multiplexe avec écran über-géant et son Dolby THX custom tuning. Et pas seulement à cause du groupe.

Ben oui, la surpuissance du Wacken est en grande partie dûe à son public de passionnés, incarnations ultimes du concept de metalhead... et à majorité allemande. Et Blind Guardian, en plus d'être un groupe de heavy culte et célébré dans lemonde entier, est un groupe allemand. Vous faites le lien? S'il y a UN endroit au monde où le groupe peut rencontrer un succès démentiel et se faire vénérer comme le Messie, c'est au Wacken... et ça ne va pas louper. Car dès que la très culte intro de Nightfall In Middle-Earth War of Wrath" résonne (« The field is lost... everything is lost!! ») c'est l'ovation de plus de quarante mille personnes qui s'élève, et ça suffit à impressioner. "Into The Storm" déboule évidemment derrière, et c'est la folie. Car tout le monde est à fond, tout de suite. Tout le monde hurle les paroles de la chanson, et l'ambiance au sein du public (qui s'étend sur la totalité du site!!) est difficilement descriptible. Pourtant Hansi la joue à l'économie : dès qu'il est censé monter dans les aigus il décroche d'une octave et choisit systématiquement la ligne de chant la plus facile, à défaut de suivre celle qui semble être la mélodie principale sur album. Déroutant.

Car le problème de Blind Guardian en concert est connu : impossible de rendre sur scène une musique aussi complexe sur CD. André double presque toujours ses soli sur disque, et comme il est le seul guitariste lead sur scène on perd toutes les harmonies. Le problème est le même avec le chant d'Hansi : même si tout le monde assure des choeurs sur scène, le feeling de l'album est absent car le vocaliste ne reproduit pas ses montées démentielles dans les aigus. Donc malgré l'ambiance de folie, on se prend à penser que ce sentiment de frustration va persister durant tout le concert... et heureusement on a tort. Car le chanteur s'améliore de titre en titre, : quand on arrive à "Nightfall" il assure près de 60% des montées, et ça va aller de mieux en mieux. En attendant le public chante toujours de manière aussi déchaînée : après les « Niiiiiiiiiightfaaaaaaaaaaaal » qui voient une bonne partie des festivaliers taper l'harmonie au lieu du chant lead (et ça colle la chair de poule), le groupe assassine l'audience d'un coup, d'un seul. Car après un "Fly" qui reste assez moyen, c'est "Valhalla" qui déclenche une intensité telle qu'on croit presque rêver. Tout le monde chante et c'est fou.

Les amateurs de speederies ne sont pas déçus par un "Welcome To Dying" qui vaut tout à fait la version des Tokyo Tales, et le groupe fait un cadeau de choix au public en envoyant peu de temps après "The Bard's Song". Si on avait eu l'impression que tout le monde chantait durant "Valhalla", on comprend qu'il y avait de la marge... car cette fois-ci CHAQUE festivalier chante TOUTES les paroles. Les écrans géant montrent que ça chante jusqu'au fond, 50 000 personnes plus loin, là où même distinguer la scène doit être difficile. C'est une communion incroyable, et quand on distingue le chant d'Hansi on se rend compte que ce dernier est vraiment chaud maintenant, et ça augure le meilleur pour la suite... et le meilleur ce sera sur "Lord Of The Rings", véritable tuerie qui verra Kürsch briller de mille feux au chant. Et comme le reste du groupe ne commet pas le moindre faux pas depuis le début du set, la formule confine au sublime : l'euphorie s'est installée et on ne fat même plus attention à ces harmonies de guitare manquantes. Hansi réussit enfin à envoyer le bois dans les suraigus et sa prestation du Hellfest est balayée : ce n'est pas encore au niveau du studio mais le frisson est là.


Après un "Mirror Mirror" qui reste un compo historique du métal, Blind Guardian tire sa révérence... et le public du Wacken a beau savoir que c'est fini, qu'ils ne reviendront pas pour un rappel, que le timing est réglé comme du papier à musique, il tient à honorer le groupe qui les a transportés dans une autre dimension. Et c'est a capella et spontanément que la foule se remet à chanter "Valhalla", inlassablement, juste pour dire à Blind Guardian qu'ils viennent de vivre un moment magique et qu'ils veulent prolonger encore un peu cette magie, ne serait-ce que quelques minutes. Juste pour dire merci, en somme. Merci...


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