CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 19 décembre 2010




SETLIST

The Ballad of Leonard and Charles
Beyond the Pale
A Lesson in Violence
Deathamphetamine
Blacklist
Bonded by Blood
War Is My Shepherd
The Toxic Waltz
Strike of the Beast
Good Riddance

AFFILIÉ

Exodus
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13 décembre 2010 - Thrashfest


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Il paraît que dans la vie, il n'est jamais trop tard. Voilà une maxime qu'a dû longuement méditer Gary Holt : longtemps considéré comme un groupe passé à côté de son destin, un éternel second couteau toujours resté dans l'ombre du Big Four, Exodus est en train de rattraper le temps perdu à vitesse grand V. A l'origine de cet impressionnant retour en force, des prestations live ahurissantes qui ont révélé au monde les aptitudes scéniques hors normes de Rob Dukes, chanteur limité mais showman de premier ordre.

Dukes semble d'abord un peu circonspect devant l'accueil un peu froid du public parisien. Il faut dire qu'Exodus n'a pas choisi la facilité en entamant son set par les deux premiers titres de son nouvel album Exhibit B : The Human Condition qui, aussi bons soient-ils, n'ont rien de très catchy. Encore qu'en ce qui concerne "The Ballad of Leonard and Charles", le break mid tempo allume les premiers mèches dans la fosse grâce à un riff ravageur. Par contre, "Beyond the Pale" peine à convaincre et expose les limites d'Exodus en live : un côté too much, avec batterie très en avant et guitares avec tous les potards dans le rouge, ce qui donne un son rugueux et très brouillon. Un cauchemar pour ceux qui ne connaissent pas déjà les morceaux, car même pour les fans du groupe, cela n'aide pas à apprécier les morceaux s'ils ne sont pas dotés d'un riff très fort. Ca tombe bien, c'est le cas de "A Lesson in Violence", qui lance définitivement les hostilités.

Lorsque Exodus a sorti l'infâme Let There Be Blood, j'avoue ne pas avoir très bien saisi la démarche à l'origine de ce truc. 2 ans après, à la vue de ce show, je pense avoir enfin compris : malgré la méthode plus que douteuse, ce réenregistrement n'avait sans doute pour autre but que d'asseoir définitivement Rob Dukes comme LE chanteur d'Exodus, quitte à minimiser le rôle de Paul Baloff et à tirer un trait sur la période Zetro Souza; au grand dam des fans du canard sauvage. En effet, à quoi ressemblent les concerts d'Exodus aujourd'hui ? Essentiellement à un assemblage de titres issus soit des albums post-reformation, soit de Bonded By Blood, que Dukes aura donc également immortalisés en studio. Des 4 albums de l'ère Souza, il ne reste plus que quelques morceaux de Tempo Of The Damned comme "Blacklist" et "War Is My Shepherd" (qui correspondent davantage au style de Rob Dukes d'ailleurs) ainsi que l'incontournable classique "The Toxic Waltz".

Incontestablement, Dukes se sera montré à la hauteur de sa réputation de frontman de folie. Incroyable comme ce type peut attirer tous les regards sur lui, quitte à éclipser le patriarche Gary Holt ou la fine gâchette Lee Altus. Dukes ne s'économise pas, parcourant la scène dans tous les sens pour haranguer les premiers rangs et relançant la fosse quand celle-ci montre le moindre signe de fatigue. Il nous offre également quelques moments impayables, comme un saut de l'estrade de batterie beaucoup moins aérien que Mark Osegueda, le gimmick habituel sur "Blacklist" où il gère le médiator de Holt pendant que celui-ci siffle une binouze, ou carrément un stage diving à un moment pas très opportun, pendant "The Toxic Waltz" où la fosse en flamme n'est pas très compacte. Les premiers rangs ont dû morfler ! Ses speeches sont également inégalables, comme lorsqu'il dit envier les Parisiens, qui habitent selon lui le « hottest pussy in the planet » !

Comme à chaque fois, il y a de quoi être soufflé par la puissance dévastatrice d'Exodus en live. Il faut dire qu'avec des missiles comme "Deathamphetamine" ou "Blacklist", sans parler de "Bonded by Blood", c'est tout de suite plus facile d'incendier la fosse, surtout quand celle-ci a du répondant comme ce soir. Lorsque Dukes réclame un circle pit de la taille de la largeur de la salle, le public s'exécute telle une victime consentante ; idem quand il organise un wall of death à l'entame d'un "Strike of the Beast" d'anthologie, même si celui-ci est un peu foiré. Scène cocasse à l'issue de ce titre, lorsque qu'une demoiselle traverse la salle juchée sur les épaules de son mec ; forcément, Rob Dukes lui demande de soulever le haut, ce que celle-ci finit par faire devant l'insistance du bonhomme, lui arrachant un « I love Paris » hilare. Pour finir, Exodus crame une ultime cartouche avec l'apocalyptique "Good Riddance", qui laisse le public à genoux.


Le temps où Slayer incarnait le mal absolu et foutait les chocottes à tout le monde de par la violence qui régnait dans la fosse pendant ses concerts est révolu. Aujourd'hui, la nouvelle terreur du circuit en live s'appelle Exodus et la folie furieuse qui caractérise tous ses shows nous ramène à une certaine idée du thrash qu'on croyait morte et enterrée. L'agressivité débordante du groupe ne fera sans doute pas l'unanimité, mais nul doute que cette prestation aura remporté le vote de la frange la plus extrême du public. Pour ma part en tout cas, Exodus vainqueur par KO. Quelle baffe dans la tronche !


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