CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 21 novembre 2010




SETLIST

Setlist PLEASURE ADDICTION:
Couldn’t Live Without You
Dance With the Devil With Me
My Superstar
Shout It Out
Saturday Nite
No More Me No More You
Gypsy Road
Melody
Shot of Poison

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Setlist LYNCH MOB
She’s Evil but She’s Mine
River of Love
Hell Child
Revolution Heroes
Let the Music Be Your Master
21th Century Man
All I Want
We Will Remain
Mr. Scary
Into the Fire
Tooth & Nail
Wicked Sensation

AFFILIÉ

17 novembre 2010 - Paris - Le Divan Du Monde


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Le mercredi, c’est permis. Le mercredi, c’est Heavy. Et sur l’affiche pas des moindres du Heavy puisque Lynch Mob passe par notre belle capitale pour la seule et unique date française du «Smoke And Mirrors Tour 2010» (chronique de l'album Smoke And Mirrors ici). C’est dire combien les nostalgiques du groupe, mais aussi et surtout du guitariste George Lynch et du chanteur Oni Logan entendent bien se sentir comme dans un fauteuil dans cette sympathique salle du Divan du Monde. Un lieu censé être parfait de par sa petite capacité pour permettre à tout un chacun présent ce soir de profiter de chaque détail du set qui l’attend. Mais dans détail, il y a “aïe”…


Reste que la soirée avait excellemment commencé avec la première partie assurée de main de maître par Pleasure Addiction, dont l'album se fait toujours autant attendre. Le quintet parisien fait immédiatement plaisir à voir et entendre dès les premières mesures . Au chant, Butcho n’aura d’ailleurs de cesse de nous exprimer durant à intervalles réguliers pendant la quarantaine de minutes du set, sa joie, limite sa reconnaissance de pouvoir ouvrir pour « Miiiiiiister Geoooooooorge Lynch » et « Lyyyyyynch Moooooob ». Le public veut parfaitement bien le croire. Le temps de neuf titres assenés tambour battant, le tour du propriétaire est fait. Pleasure Addiction mérite amplement de recroiser plus que très rapidement le chemin de nos esgourdes. Et ce en dépit de problèmes de son, non pas rédhibitoires, mais suffisamment ennuyeux pour ne pas toujours bien mettre en valeur les guitares de Bady et Carvin. Ce dernier, fin soliste, met la barre assez haut… pour peu que l’on soit suffisamment près de lui afin de bien l’entendre (en profitant du son de son retour peut-être ?) La fin du set, qui connaîtra pour climax une reprise du “Gypsy Road” de Cinderella ainsi que le briseur de nuques intitulé “Shot of Poison”, s’avèrera néanmoins meilleure côté équilibre sonore.

Ces désagréments passés, Pleasure Addiction cède sa place à un grand écran de projection. George Lynch va-t-il nous faire la promotion de sa toute dernière vidéo pédagogique de speed guitar ? Ou allons-nous revoir une compilation imagée des meilleurs moments de Lynch Mob, de la sortie de Wicked Sensation en 1990 à cette nouvelle (énième ?) reformation qui nous accapare ce soir ? Réponse : rien. Juste un rideau blanc sur lequel rien ne sera envoyé. Comme disait Jacques Tati, je cite, « trop de couleur distrait le spectateur. » Alors en attendant que Lynch et sa mafia entrent en scène, le rideau se lève enfin après quand même trois quarts d’heure et fait place à un lightshow uniformément rouge. Soit un régal pour les photographes au premier rang… Mais passons et surtout entrons dans le vif du sujet avec “She’s Evil but She’s Mine.” Du moins à un morceau qui s’apparent(er)ait au “She’s Evil but She’s Mine” de Wicked Sensation si le son ne refaisait pas encore des siennes et n’obligeait pas le groupe à s’interrompre pour de nouveaux réglages à la volée. Cette fois, c’est la bonne et notre quatuor reprend avec un autre extrait de Wicked..., “River of Love” avant de s’arrêter une nouvelle fois. Maintenant, ce sont George et Oni qui tentent chacun de leur côté de régler le problème sonore. Un Oni un peu dépité. Et un George passablement énervé qui s’allume nonchalamment une petite clope, apparemment offerte par un photographe, avant de balancer le paquet dans le public… Smoke And Mirrors qu’il s’appelle le dernier album de Lynch Mob, hein ? Voilà : c’est fait pour la fumée !

Quant aux miroirs, c’est un mauvais reflet de son image (et de sa valeur) que le groupe (pardon, George Lynch) dispense ce soir. Le comique de répétition trouve assez rapidement ses limites. Et autant Logan parvient à vite régler son souci, autant George se penche et se re-penche sur son pédalier d’effets, fait des va-et-vient en direction de son guitar tech, de son ampli… laissant ses trois acolytes finir par improviser un blues basique de chez basique! Et ces troubles techniques vont empêcher le groupe d’enchaîner convenablement deux morceaux ce soir. Morceaux d’ailleurs étrangement sélectionnés à bien y réfléchir. Aussi excellent soit-il, Wicked Sensation semble sur-représenté. L’éponyme second album de 1992, Lynch Mob, brille -lui- aux abonnés absents (ni “Tangled in the Web”, ni “Cold Is the Heart”, ni “When Darkness Calls” ne seront interprétés). Et Smoke And Mirrors, qui donne de surcroît son nom à la tournée, n’est pas vraiment montré sous son meilleur visage. Font en effet défaut “Time Keepers” et… “Smoke and Mirrors” ! Restent néanmoins “Revolution Heroes“ et le tubesque “21th Century Man” sur lequel un semblant de cohésion renaît. C’est l’occasion pour tout le monde – et sur scène et dans le public - de reprendre un peu des couleurs et d’entonner les hymnes bien connus que sont les “Mr. Scary“, “Into the Fire” et l’excellent “Tooth & Nail” de… Dokken (heureusement que la formation ne s'est pas aventurée vers une reprise du “Paris Is Burning” de Dokken!). Avant de parachever l’édifice, bien branlant, avec “Wicked Sensation” sur lequel le Scorpions James Kottak tiendra les baguettes.


Les amoureux de Shred Lynchien et de vocalises Loganiennes repartiront pour certains plus que déçus. Pourtant la soirée aura connu ses fulgurances, présentes bien que fugaces. Pourtant il y avait de quoi faire avec les impeccables Brian Tichy à la batterie (et une cymbale par terre!) et Robbie Crane à la basse. Une section rythmique qui a subi les affres de la soirée, en assurant bien plus que le minimum syndical. Pas rancunière la fanbase remettra au groupe un drapeau français orné d'un « In GeOrge'D We Trust »... Mais cette confiance, il va lui falloir en regagner néanmoins une bonne partie.


Crédit Photos: Sebrouxx
(Galerie Photos ici)


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