CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 08 octobre 2010




SETLIST

Ambush
Clown parade
Plasma Zombies
King Of The Kill
Betrayed
The Box
Hell Is A War
Time Bomb
Ultra Motion
Set The World On Fire
W.T.Y.D.
The Trend
The Fun Palace
Phoenix Rising / Sounds Good To Me
Tricks And Traps
Bliss
Phantasmagoria

Rappels :

21
Crystal Ann / Alison Hell

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05 octobre 2010 - Paris - Le Divan Du Monde


Annihilator_Paris_-_Le_Divan_Du_Monde_20101005

Déjà 2 live reports d'Annihilator sur ce site, presque 3 si l'on tient compte du report du Metalway 2006 (et ça aurait même pu faire 4 si j'avais écrit quelque chose au sujet de leur prestation en ouverture de Trivium), et toujours la même rengaine : Annihilator sur scène, ça tue, mais sans bouder son plaisir, 45 minutes, c'est frustrant (pour ne pas dire ça fait chier, mais on va rester poli). Mais cette fois ça y est, cette date en tête d'affiche que j'ai tant appelée de mes vœux, elle est là, à portée de main ! Alors au diable les 300 bornes aller/retour à enquiller en pleine semaine, cap sur Paris et le Divan du Monde.

J'ai beau avoir écumé pas mal de salles de concert parisiennes, je n'avais jusque là jamais entendu parler du Divan du Monde. Une salle pourtant située dans un quartier bien connu : Pigalle, soit à deux pas de l'Elysée Montmartre, de la Cigale, de la Boule Noire ou de feu la Locomotive. Une fois à l'intérieur, on découvre une petite salle d'une capacité qui semble légèrement supérieure à celle de la Scène Bastille ou du Nouveau Casino, en un peu mieux foutu puisque la scène est assez large pour que les musiciens puissent se déplacer à leur aise. Un vrai club en somme, qui nous ramène à une certaine idée de ce que doit être un concert metal : un public compact et proche des musiciens, ce qui donne beaucoup plus envie de se bouger que dans une salle moyenne à moitié vide. Au final, Annihilator a dû attirer environ 400 personnes (1 000 selon la CGT), et ce qui serait passé pour un simili-fiasco dans une Elysée Montmartre atone s'est transformé en une méga débauche d'énergie dans un Divan du Monde très bien garni.

Mais avant cette ambiance de feu, il aura fallu patienter avec 2 premières parties pas très folichonnes. D'abord les Italiens d'Adimiron, complètement hors sujet. Leur death metal lent et technique, aux multiples cassures rythmiques, s'avère particulièrement imbuvable sur scène. On aura au moins appris qu'une basse slappée ne sert absolument à rien dans le death metal, à part produire un petit « poc » ridicule. Sworn Amongst, déjà aperçu en France il y a 2 ans avec Gama Bomb et Bonded By Blood, se situe un peu plus dans le thème de la soirée, à savoir le thrash. Les Britanniques à l'allure juvénile, qui ont pour principal atout un chanteur/guitariste au taquet, ont la bonne idée de balancer un solo au bout d'à peine 30 secondes, chose qu'Adimiron n'avait pas fait une seule fois en 30 minutes malgré la présence de 2 guitaristes dans ses rangs. Ceci dit, après quelques compos pas trop mal foutues au début, leur set finit par rapidement susciter l'indifférence, faute de titres vraiment marquants.

Tout cela n'est déjà plus qu'un vague souvenir au moment où Annihilator prend la scène d'assaut, le couteau entre les dents. Les Canadiens ne sont pas là pour rigoler et attaquent direct par le morceau le plus frontal de leur nouvel album : "Ambush". Commencer par un nouveau titre, c'est un peu risqué quand on sait que les fans sont toujours plus attachés aux anciens. Et bien là, petite surprise : les fans ont l'air de l'avoir déjà adopté, puisqu'une bonne partie des premiers rangs se chauffent la voix avec ce refrain scandé aussi simple que fédérateur : «Penetrate ! Isolate ! Decimate ! Ambush ! Silent Supremacy !» Sacrée entrée en matière ! Et il valait mieux être au fait des dernières productions d'Annihilator en ce début de concert, puisque le groupe enchaîne avec "Clown Parade", un extrait de Metal avec une harmonie à 3 voix parfaitement en place, puis un titre du mésestimé Schizo Deluxe, le dévastateur "Plasma Zombies", une véritable boucherie en live qui marque le début des hostilités dans la fosse.

Et encore, ce n'est presque qu'une escarmouche par rapport à ce qui nous attend lorsque Waters décoche son premier classique : rien de moins que "King Of The Kill" ! La célèbre intro est l'occasion parfaite pour le facétieux Waters de sortir ses premières mimiques, avec sa drôle de guitare avec des diodes lumineuses entre les frets. Après ce début en fanfare, il est temps de calmer le jeu avec des morceaux plus heavy. D'abord de façon assez cool avec "Betrayed", autre nouveau morceau qui passe bien sur scène, puis quelque chose de beaucoup plus pesant avec le monolithique "The Box". Waters prend ensuite la parole, dans un mélange d'anglais et de français avec un délicieux accent, pour nous annoncer un titre qui n'a plus été joué depuis 1995 : "Hell Is A War". Bon, on y a eu droit il y a même pas 6 mois au Hellfest, mais c'est toujours bon à prendre. On est déjà plus dubitatif avec "Time Bomb", ersatz au rabais de "The Box", qui n'est sans doute pas le meilleur hommage possible à la période Joe Comeau.

La pause spécial morceaux lents a assez duré : «J'ai entendu dire la France aime le speed / thrash metal» nous demande Waters ? Et bam, "Ultra Motion" dans les gencives ! Avec un tel riff, c'est la baston assurée dans le pit, et ce n'est pas avec "Set The World On Fire" que la pression va retomber. Petit moment de détente ensuite : Waters et Padden ont préparé une annonce à 2 voix de "W.T.Y.D.", qui tombe (volontairement ?) à plat. Réaction de Jeff : «Dave, tu es viré ! Il va falloir que je cherche mon dixième chanteur !» Réponse de celui-ci : «OK, tu n'as qu'à demander à Stormface d'assurer la batterie et la guitare en même temps alors !» Après "The Trend" qui a les moyens de s'inviter durablement dans les setlists futures d'Annihilator, place au fabuleux "The Fun Palace", porté par son break de haut vol, son solo somptueux et par un Dave Padden toujours aussi impérial au chant. La succession de classiques au bout d'à peine une heure laisse croire à une fin de concert précoce, mais fort heureusement il n'en est rien.

Car dans la foulée, dans le noir, les roadies s'affairent à disposer 3 chaises rapprochées au milieu de la scène. Waters annonce alors fièrement : «on va vous jouer du Bon Jovi et du Bee Gees !» Plus sérieusement, il nous affirme que le public lui réclame souvent 2 titres en particulier qui ne peuvent être interprétés que dans des conditions adaptées. Annihilator se lance alors dans un diptyque tiré de son album le plus « commercial », Set The World On Fire, en jouant "Phoenix Rising" et "Sounds Good To Me" dans une configuration guitare/basse/chant, avec de magnifiques harmonies à 3 voix. Waters a beau se montrer un peu nerveux au début («Stop, on recommence, c'est pas le riff de "Phoenix Rising" mais de "Snake In The Grass" celui-là !»), le résultat est grandiose, avec un Dave Padden qui peut se consacrer uniquement au chant et qui éclabousse la salle de toute sa classe. Un superbe moment, qui aurait mérité une ovation plus conséquente du public vu les efforts du groupe pour proposer quelque chose qui sort de l'ordinaire.

On entre ensuite dans la dernière ligne droite avec l'inattendu "Tricks And Traps", puis un classique pour clôturer les débats, l'explosif "Phantasmagoria". C'est dans une ambiance de feu qu'Annihilator quitte la scène, sur une dernière blagounette de Jeff Waters qui nous balance en rigolant qu'il s'agit du meilleur show de la tournée… dont c'est la première date ! Le couvre-feu fatidique de 22h30 approche, alors le groupe ne s'éternise pas pour le rappel : à peine 2 minutes de pause que les revoilà déjà sur scène ! Puisqu'il est acquis que le groupe va finir avec l'enchaînement mythique "Crytal Ann / Alison Hell", une nouvelle fois énorme, la question est plutôt de savoir quel titre va l'accompagner pour le bouquet final. "Shallow Graves", qui a souvent rempli ce rôle par le passé ? "Never Neveland", un choix presque évident vu que les autres titres phare ont déjà été joués ? Perdu, ce sera une dernière surprise pour la route : "21", un titre heavy assez relax qui permet de finir sur une note légère.


L'attente en valait la peine : Annihilator est venu, a vu et a botté un max de culs ! Devant un public déchaîné, Waters et sa bande ont tout démoli. S'appuyant sur une setlist de premier choix, bien agencée et revisitant une grande partie des albums du groupe, y compris le très décrié Remains (mais pas All For You, à mon grand regret), Annihilator l'a joué pied au plancher du début à la fin pendant 1h50, avec un mélange habile d'énergie pure et de fun qui a mis le feu à la fosse (et la fosse dans le Divan du Monde, elle prend de la place). Voilà un concert de speed/thrash qui sentait les dessous de bras, et nom de Dieu que ça fait du bien !


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