CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
le 04 octobre 2010




SETLIST

Insomnium

Equivalence
Down With The Sun
Where The Last Wave Broke
Weather The Storm
The Harrowing Years
The Gale
Mortal Share
The Killjoy
Weighted Down With Sorrow

Dark Tranquillity

At the Point of Ignition
The Fatalist
Damage Done
Lost to Apathy
Monochromatic Stains
The Gallery
One Thought
The Wonders at Your Feet
Iridium
Shadow in Our Blood
Icipher
Dream Oblivion
Misery's Crown
Haven
Punish My Heaven

Rappels :
Final Resistance
The Sun Fired Blanks
ThereIn
Terminus (Where Death is Most Alive)

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01 octobre 2010 - Montpellier - Victoire 2


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On n’arrête plus Dark Tranquillity ! Après la tournée Where Death is Most Alive de 2008 qui avait mis un terme au cycle de tournée de l’excellent album Fiction et avait été immortalisée par un DVD absolument parfait du même nom, voici le Where Death is Most Alive Tour part II, faisant suite à la sortie du dernier album We Are The Void. Les Suédois semblent enfin assumer leur statut et ne plus tourner qu’en tête d’affiche, il était temps !

La date de ce soir a lieu à Montpellier, ou plutôt à St Jean de Vedas dans la communauté d'agglomération Montpelliéraine, adresse exacte de la salle Victoire 2. Si elle n’est pas très facile à trouver, cette salle offre en revanche tout ce que l’on peut attendre d’une petite salle de concert : proximité, visibilité, confort, son et lumières de qualité… sans oublier le bar. Lorsque votre serviteur pénètre virilement les lieux, Overload est déjà sur scène. Les français ont gagné le droit d’ouvrir sur cette date suite à un concours organisé par Century Media, le label de Dark Tranquillity. Alors que l’on pouvait craindre un énième groupe de metalcore peu intéressant, Overload fait plaisir avec son death mélodique assez classique mais très efficace. Seuls les refrains chantés en voix claire par le guitariste sont de trop, et semblent faire office de passage obligés… En dehors de ce détail, Overload assure et se taille un joli succès à la fois inattendu et totalement mérité. Le chanteur n’était pour autant pas obligé de remercier ce public chaleureux en faisant le signe du cœur avec ses mains, geste que l’on pensait réservé aux concerts de Céline Dion.

Insomnium monte bientôt sur scène au son d’une introduction mélancolique bien dans le ton de ce que proposent les Finlandais depuis le début de leur carrière. Le groupe attaque directement par les trois premiers titres de son dernier album, Across The Dark. Le son est déjà excellent, presque parfaitement mixé (les samples de claviers sont légèrement trop forts), le groupe joue bien, occupe bien la scène avec ses guitaristes qui échangent souvent leur position (l’un d’eux se charge également des parties de chant clair du dernier album), Niilo Sevänen est assez charismatique et son growl est presque aussi grave et puissant qu’en studio… tout est réuni pour cartonner et pourtant il manque quelque chose. Tout cela manque un peu d’énergie et n’est pas très accrocheur. La musique des Finlandais, belle et mélancolique à en pleurer, n’est pas franchement faite pour la scène, d’autant plus que le groupe ne balance que du mid tempo, évitant les quelques morceaux plus rapides de son dernier album. Petit sursaut avec l’interprétation du presque inédit 'Weather The Storm', sorti cette année directement sur internet et enregistré en compagnie de Mikael Stanne… qui ne fera pas d’apparition alors que l’occasion semblait parfaite. Le seul autre album représenté sera Above The Weeping World avec sa sublimissime introduction 'The Gale' suivie du pêchu 'Mortal Share' (enfin un peu d’énergie) et du très beau 'The Killjoy', aussi joyeux que son titre le laisse penser. Le set se termine sur le titre final du dernier album, 'Weighted Down With Sorrow', et peut laisser un léger gout de frustration, tant il a été à la fois magnifique de mélancolie toute finnoise et assez peu entrainant pour le public, ce qui est quand même dommage sur scène.

La tension monte d’un cran lorsque les lumières s’éteignent et que des animations sont projetées sur l’écran en fond de scène. Dark Tranquillity débarque logiquement sur un titre de son dernier album, 'At the Point of Ignition'. Tout semble bien parti mais dès la fin du morceau Mikael Stanne prend la parole pour expliquer qu’un problème technique doit être réglé et que le groupe va quitter la scène pendant ce temps… mais à peine a-t-il finit sa phrase qu’on lui fait signe que tout fonctionne et qu’il peut enchainer. Et en effet depuis la salle tout semble parfait, le son étant notamment aussi propre et flamboyant qu'une Ferrari de dealer ! La setlist du soir est particulièrement bien trouvée, et surtout parfaitement complémentaire avec celle de la précédente tournée, peu de morceaux étant en commun. We Are The Void est bien mis à l’honneur avec cinq titres. Tous les albums seront représentés, à l’exception du mal aimé The Mind’s Eye. Après un 'The Fatatlist' au refrain efficace, première surprise avec le morceau titre de Damage Done, suivi d’un 'Lost to Apathy' toujours aussi redoutable. Puis les morceaux plus joués depuis un moment s’enchainent: 'Monochromatic Stains', 'One Thought' et surtout un 'The Gallery' (avec un chant féminin sur bande) plus joué depuis… 1996 ? Un régal pour les fans old school.

Après un 'The Wonders at Your Feet' plus convenu, nouveau détour par le nouvel album avec un sombre et introspectif 'Iridium' (qui remplace 'Inside The Particle Storm' dans la setlist), le single 'Shadow in Our Blood' et un 'Dream Oblivion' particulièrement brise-nuque. Mikael Stanne est comme à son habitude omniprésent, occupant les moindres recoins de la scène, serrant les mains des premiers rangs, et surtout prenant son pied de manière si évidente que son kif se répand à tout le public comme une trainée de poudre. Nouvelle surprise avec le très heavy 'Icipher', perle méconnue tirée de Fiction, et un sublime 'Haven' qui manquait un peu à la dernière tournée. Le tube 'Misery's Crown' et le grand classique 'Punish My Heaven', une des plus grandes perles de toute l’histoire du death mélodique, mettent un terme au set. Bien entendu les Suédois reviennent en balançant un 'Final Resistance' très attendu. Mikael Stanne annonce un morceau tiré de Projector et alors que tout le monde s’attend à 'ThereIn', dernière surprise de la soirée avec 'The Sun Fired Blanks', peut être le titre le plus rapide et donc le moins représentatif de l’album ovni du groupe. 'ThereIn' sera bien joué juste après et verra Stanne se jeter dans la foule, avec une belle participation du public sur le fameux refrain, avant que 'Terminus' le bien nommé ne mette un terme final au concert, comme c’est désormais la tradition.


Encore un sans faute pour Dark Tranquillity qui semble encore progresser sur scène tournée après tournée, après plus de vingt ans de carrière. Avec une telle discographie derrière lui le combo de Göteborg peut aujourd’hui se permettre de varier ses setlists d’une tournée à l’autre, réservant de nombreuses surprises à ses fans tout en mettant à l’honneur son dernier album en date. Les suédois ont su rester humains et proches de leur public, sachant évoluer de manière intègre. La concurrence est loin derrière, Dark Tranquillity a quelque chose de plus. Un très grand groupe mené par un très grand chanteur, certainement le meilleur frontman du monde du metal.


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