CHRONIQUE PAR ...

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Painlesslady
le 29 juin 2010




SETLIST

School's Out (Part I)
No More Mr. Nice Guy
Under My Wheels
I'm Eighteen
Wicked Young Man
Ballad Of Dwight Fry
Go to Hell
Guilty
Cold Ethyl
Poison
From The Inside
Nurse Rozetta
Be My Lover
Only Women Bleed
I Never Cry
Black Widow Jam
Vengeance Is Mine
Billion Dollar Babies
Killer
I Love The Dead
Feed My Frankenstein
Elected
School's Out (Part II)

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19 juin 2010 - Hellfest


Cooper,_Alice_Hellfest_20100619

Le set d’Immortal à peine terminé, la foule s’est déjà rassemblée en masse devant la Main Stage 1 pour voir la tête d’affiche du jour et pas des moindres. Selon les organisateurs du Hellfest, très fiers de pouvoir accueillir ce Monsieur à Clisson, « de toutes les légendes du rock, Alice Cooper est probablement l’une des plus respectées par le public métal. » Et à voir le nombre de personnes qui l’attendent malgré un temps pas franchement estival ce soir-là, on veut bien les croire.

Il faut dire que l’artiste s’est rendu célèbre ces 40 dernières années avec son art du show horrifique et a souvent fait parler de lui dans la presse à sensation américaine. Comme tout personnage sulfureux, il traîne son cortège de légendes. D’après l’une d’elle, son nom de scène résulterait d’une séance de spiritisme au cours de laquelle une sorcière nommée Alice Cooper lui aurait dit de se produire sous son nom. Sans parler de l’incident du poulet en 1969 qui lui collera à la peau très longtemps : un poulet se retrouve par accident sur scène et il le jette dans la foule qui le réduira en miettes. La presse s'empare de l'incident et la rumeur enfle jusqu'à vouloir que le chanteur ait tranché la tête du poulet avec ses dents avant de boire son sang. C’est Zappa à l’époque qui lui conseille de ne rien démentir pour tirer le plus de bénéfices possibles de cette pub inespérée. J’ai maintenant hâte de voir si le show de ce soir sera à la hauteur de tous ces « on dit » et si Vincent Furnier, alias Alice Cooper, est aussi bon en live que sur album.

Déjà la scène en elle-même, longuement préparée pendant que les blackeux norvégiens donnaient leur show, en jette avec les lettres rouges suspendues formant le nom « Alice ». Le temps de se placer à peu près et le quatuor débarque. Et ça démarre très fort avec 4 tubes dès le début du set : "School's Out", "No More Mr. Nice Guy", "Under My Wheels" et le cultissime "I'm Eighteen" repris en chœur par le public. L’énergie que dégage Alice Cooper est bluffante, je ne m’attendais pas à ça. Quelle vitalité, quel frontman, difficile de croire qu’il a 62 ans à le regarder bouger et revenir à chaque morceau avec un costume différent. Question set list, ne connaissant pas par cœur toute sa discographie, j’ai quand même reconnu plusieurs titres que je chantais par cœur à l’adolescence ("Poison", "Guilty"). Petite séquence émotion avec "Only Women Bleed" où en levant la tête vers les étoiles, je me rappelle brusquement qu’il y a un an, sur la scène d’à côté, Dio était là avec Heaven & Hell, ma première et dernière fois.

Mais pas le temps de faire dans la sensiblerie, revenons à ce qui se passe sur scène et accapare tous les yeux. Car ils ont tous dit vrai : un show d’Alice Cooper, ça envoie ! C’est théâtral et drôle à la fois. Apparemment, le spectacle raconte une histoire et à chaque morceau correspond un scénario. On aura vu un dictateur se faire couper la tête par des pouilleux (cette scène de la guillotine est légendaire, je n’ai pas rêvé, on voit bien la tête tomber dans le panier !!!), descendre aux enfers, ressusciter puis mourir une nouvelle fois. On retrouve les thèmes chers au bonhomme, notamment celui de l’univers psychiatrique avec l’infirmière (sexy évidemment !), la seringue géante, la camisole de force (on voit que son internement pour sevrage alcoolique il y a plusieurs années l’a bien marqué). Sur "Vengeance Is Mine", il arrive de façon très théâtrale sur un trône géant avec escalier. Est-ce que Slash, présent quelques heures plus tôt sur la même scène, est venu faire la partie guitare comme sur l’album? Malheureusement non, le guitariste devant déjà être parti sur Paris pour assurer son show le lendemain au Bataclan. Mais pour se consoler de cette absence, le show se clôt sur "School’s Out", la boucle est bouclée. Il est déjà l’heure pour les festivaliers d’aller se placer pour Carcass ou d’aller rejoindre Morphée, des étoiles dans les yeux et les oreilles bourdonnantes.


Le set est passé trop vite mais je repars en réalisant ce que je viens de voir : une légende. Bien vivante celle-là, contrairement malheureusement à toutes celles qui nous avons perdues depuis le début 2010. S’il ne fallait retenir qu’une chose de cette journée de samedi : Alice Cooper, c’est un show à voir au moins une fois dans sa vie.



Crédit photo: Sebrouxx
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