CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 28 juin 2010




SETLIST

Ghost Division
The Art Of War
Coat Of Arms
Cliffs Of Gallipoli
Saboteurs
Primo Victoria
Metal Machine / Metal Crüe

AFFILIÉ

19 juin 2010 - Hellfest


Sabaton_Hellfest_20100619

Quelle est la différence entre l'Allemagne et la France (outre le niveau respectif de nos équipes nationales de football) ? Et bien c'est simple : quand Sabaton figure à l'affiche d'un festival en Allemagne, ils sont programmés en fin d'après-midi et jouent devant un public au taquet ; en France, on les retrouve en fin de matinée sur un site plutôt clairsemé. D'ailleurs, Joakim Broden remerciera chaleureusement ceux qui ont fait l'effort de se lever malgré deux jours de fatigue et de picole.

Bon, honnêtement, je vous avoue que sans la casquette de chroniqueur, je ne suis pas sûr que je n'aurais pas essayé non plus de prolonger un peu ma nuit. Parce que Sabaton, ça va 5 minutes, mais le côté caricatural de leur heavy ne m'a jamais emballé outre mesure. A l'issue de ce set d'une petite demi-heure, je suis prêt à faire amende honorable : Sabaton en concert, c'est toujours aussi nanar, mais c'est fait avec une foi et une volonté d'en découdre qui forcerait presque le respect. Bien sûr, les Suédois n'ont rien inventé, à commencer par la tenue de scène rangers / futal militaire / T-shirt noir pompée sur le légendaire Udo. Mais à l'instar d'un Grave Digger, leur heavy boosté par des refrains fédérateurs est d'une efficacité scénique redoutable. D'autant plus avec un frontman aussi impliqué que l'hyperactif Joakim Broden, pas le dernier pour pousser les fans à participer à la fête, et qui a bien compris que dire 2/3 mots en français était un très bon moyen pour se mettre le public du Hellfest dans la poche.

On le sait, Sabaton est du genre à jouer dans tous les registres du heavy metal. L'énergique "Ghost Division" constitue au début de choix, mais c'est dans le registre du gros mid tempo qui tache que les Suédois se montrent les plus efficaces. Difficile de ne pas répondre à l'appel du headbanging sauvage sur "The Art Of War" ou "Cliffs Of Gallopoli", d'autant que ces titres prennent encore une autre dimension en live, où les guitares prennent davantage le pas sur les claviers un peu kitschos, l'une des marques de fabrique du groupe. Pas de trace non plus des chœurs un peu pompeux, comme ceux de "Coat Of Arms", un des deux représentants du nouvel album avec "Saboteurs". Deux titres qui montrent un peu les limites de Sabaton : non pas que ce soit de mauvais morceaux, surtout "Saboteurs" qui nous montre le groupe sous un jour un peu moins primitif ; mais voilà, dès que les Suédois ne jouent pas la carte du refrain facile à reprendre comme "Primo Victoria", l'effet n'est pas du tout le même… et tout de suite, ça le fait moins.


Bonne petite surprise que ce set de Sabaton, qui ne cherche absolument pas à sortir des sentiers battus (mais ça on le savait depuis un moment), mais qui connaît ses points forts et s'en sert habilement pour bâtir un show qui tient la route. Des compos peu ambitieuses mais taillés pour le live, un frontman avec un sens certain du spectacle : pas besoin de grand-chose de plus pour assurer un bon set de 30 minutes en festival (pour un concert normal, je serai déjà moins catégorique). Comme quoi, y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis…



Crédit Photo: http://www.myspace.com/sabaton


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