CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 28 juin 2010




SETLIST

The Box
Ambush
King Of The Kill
Hell Is A War
Ultra Motion
Set The World On Fire
The Fun Palace
The Trend
Alison Hell

AFFILIÉ

Annihilator
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Manifestement, Annihilator a conservé une belle cote d'amour en France. Waters a beau ne plus nous avoir rendu visite en tête d'affiche depuis la tournée Waking The Fury (soit avant même l'arrivée de Dave Padden, c'est dire), le public a trop de respect pour le maestro pour l'oublier aussi rapidement. Surtout que l'organisation leur a réservé une place de choix, en leur attribuant le créneau de 20 heures, juste avant la valse des têtes d'affiche. Une jolie récompense pour un groupe qui n'a jamais su exploiter tout son potentiel.

Les fans de longue date le savent, Jeff Waters a toujours été un adepte du contre-pied. Cette façon de n'en faire qu'à sa tête lui aura d'ailleurs sans doute coûté une carrière davantage jalonnée de succès. Dans les faits, replaçons-nous dans le contexte du festival : un public fourni, chauffé à blanc, qui attend fermement une bonne dose d'agressivité après une journée plutôt tranquille sur les main stages (hormis le passage de Nevermore). N'importe qui aurait balancé un parpaing en début de set, ce n'est d'ailleurs pas ça qui manque dans la carrière du groupe, à commencer par "King Of The Kill" ; et bien non, Mister Waters a décidé de commencer par un morceau bien lent, bien lourd, bien heavy, qui aura d'une certaine manière scotché l'assistance : "The Box", qui en son temps ouvrait déjà de façon bizarre l'album King Of The Kill. Sacré Jeff !

Et ce n'est pas tout : dans le Rock Hard n°99, Waters avait affirmé avoir accepté l'offre de l'organisation pour axer son set sur son vieux répertoire. On s'attendait un peu à une setlist en forme de best of, comme c'est souvent le cas en festival lorsqu'un groupe joue seulement 50 minutes ; et bien, outre la présence de 2 titres du dernier album et de "Ultra Motion", unique et étonnante rescapée de la période Joe Comeau, on aura aussi droit à la colossale surprise de ce set : la résurrection de "Hell Is A War", encore un extrait de King Of The Kill, un morceau que nous n'avons pas joué depuis très longtemps dixit Waters.Alors là, on veut bien le croire ! Que de bonheur pour les vieux fans ! Sans doute déjà moins pour les néophytes, sachant que faute de temps, des classiques comme "Never Neverland" ou "Phantasmagoria" sont passés à la trappe…

Cela fait désormais un petit moment que Dave Padden a rejoint Annihilator, et la qualité des prestations scéniques du groupe ne cesse de s'améliorer. Waters avait permis à Padden d'élever considérablement son niveau à la guitare, celui-ci lui a renvoyé l'ascenseur au niveau du chant. On avait pris l'habitude de voir le grand Jeff squatter de nouveau le micro, il le fait désormais avec beaucoup plus de maîtrise, moins à l'arrache. Plus appréciable encore, les harmonies à deux voix sont aujourd'hui beaucoup mieux restituées que par le passé, notamment sur "Hell Is A War". Annihilator en a même presque fini avec ses traditionnels problèmes de rythme : on a eu peur lorsque, comme souvent, Padden a pris une pause dès la fin du premier morceau pour réaccorder sa gratte ; mais bon, pour une fois, ce sera le seul souci de cet ordre à signaler.

Hormis le faux départ "The Box", le reste du set s'est déroulé à fond la caisse. Annihilator n'a pas hésité à dégainer un nouveau morceau dès le deuxième titre. "Ambush" souffre encore d'un déficit de notoriété, mais ça ne devrait pas durer avec un tel refrain taillé pour le live. On passe ensuite à un autre niveau avec "King Of The Kill" et son intro toujours aussi efficace. Plus tard, après le supersonique "Ultra Motion", deuxième gros classique avec le martial "Set The World On Fire" : nom de Dieu, quel riff ! Après "The Trend", Waters se tourne vers le côté de la scène : «on a encore le temps d'en jouer une autre ?» Ben oui, déconne pas Jeff, on veut "Alison Hell" quand même, c'est quand même ton plus gros classique… Et bien voilà, c'est chose faite : l'intro mélodique, le riff de fou furieux, le refrain mythique, le final endiablé, tout est là. Superbe conclusion !


Comme d'habitude, Annihilator a pris des risques et a divisé les fans quant au choix de sa setlist. Mais voilà, c'est fait avec tellement de panache et de bonne humeur, avec un Jeff Waters qui fait l'effort de s'exprimer en français, que cela suffit aisément à hisser ce set parmi les meilleurs de cette deuxième journée. Reste la question : des passages de 45 / 50 minutes avec une setlist partiellement renouvelée c'est bien, mais à quand un vrai passage en tête d'affiche ? Hein Jeff ?



Crédit photo : Cosmic Camel Pics
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