CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 27 juin 2010




SETLIST

N/A

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The Dillinger Escape Plan
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19 juin 2010 - Hellfest


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The Dillinger Escape Plan traîne, à raison et ce depuis des années, une réputation de véritables tueurs sur scène. Leur passage trois ans auparavant m'avait déjà marqué alors que je connaissais assez peu le groupe, tandis que la récente date parisienne à la Maroquinerie avait confirmé mon impression générale sur le groupe : The Dillinger Escape Plan, ils décornent des bœufs, mais alors qu'est-ce que le son est bof...

Et comme s'il voulait nous prendre par surprise, le groupe débarque avec un son proche de la perfection. C'est bien simple, on reconnaît les morceaux dès les premières notes, pour peu qu'on y arrive sur disque, chose évidemment ardue. Dès lors on peut s'en prendre plein les mirettes, pas besoin de se concentrer pour déchiffrer ce que l'on peut entendre. Sans aucune surprise, dès qu'un morceau démarre, c'est parti pour les acrobaties dans tous les sens. Cette fois, point de roadie pour placer différents flycases, ceux-ci sont déjà posés au bord de la scène, permettant au groupe qui ne tient pas en place de s'élever, pour sauter côté scène deux secondes plus tard.

Quand les flycases ne suffisent pas, c'est aux caissons de basses ou aux échafaudages que les musiciens s'en prennent, comme le prouve Greg Puciato et sa séance d'alpinisme musclée, à la verticale comme à l'horizontale, suspendu à quelques mètres du sol, durant un "43% Burnt" épileptique, avant de lâcher prise et de reprendre son micro à terre. Les titres s'enchaînent, parfois ponctués par des blagues et plaisanteries de Greg : «Le prochain morceau parle de météo et... non, désolé, c'est vraiment une blague pourrie, voici "Sunshine The Werewolf !» ou bien par une remarque charmante sur une femme politique française connue de tous le festival : «Oh, Christine... Christine Boutin... [censuré]», acclamée par le public.

Comme sur disque, le groupe alterne titres purement mathcore et instants plus mélodiques, sinon carrément atmosphériques, comme l'excellent "Mouth Of Ghost", morceau tout en crescendo avant un final implacable, où Benjamin Weinman prête sa six-cordes pour s'occuper du clavier. Option Paralysis s'avère être un disque passant très bien l'épreuve de la scène, ce qui n'empêche évidemment pas les américains de laisser une place certaine aux titres les plus anciens de leur répertoire. Pourtant, c'est avec "Farewell, Mona Lisa", titre d'ouverture du dernier album que le pit s'enflamme définitivement et ce dès les arpèges légèrement crunchy de l'introduction jusqu'au final apocalyptique.


Aussi cinglés dans leur jeu de scène que dans le jeu musical, The Dillinger Escape Plan aura une fois de plus prouvé qu'ils sont des décorneurs de bœufs pros. Incroyable tout de même de voir ces types bouger dans tous les sens avec une dégaine d'autiste hyperactif tout en dégageant cette impression de communication intense et continue avec un public qui lui est acquis.



Crédit Photo: http://www.myspace.com/dillingerescapeplan


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