CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 27 juin 2010




SETLIST

Addicted!
Supercrush!
Kingdom
Truth
Om
Deadhead
ZTO
By Your Command

AFFILIÉ

Devin Townsend Project
Paris - La Cigale
(05 mars 2015)
Bordeaux - Rock School Barbey
(01 février 2017)

19 juin 2010 - Hellfest


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Les interviews données par Devin Townsend lors de la sortie de Ziltoid The Omniscient en 2007 laissaient présager du pire pour les fans du Canadien : finis les albums et surtout, finis les concerts, moments qui semblaient plus tenir de la torture et de l'exhibition gênante que de moments de plaisir. Surprise cependant, la sortie de Ki puis d'Addicted en 2009 change complètement la donne, une série de concerts étant prévue. Joie et espoir dans les foyers lors de la confirmation de la présence de ce nouveau Devin Townsend Project pour cette édition 2010 du Hellfest.

Alors que Saxon joue sur la première Mainstage, les préparatifs du set du DTP se font. Chaque passage du Canadien étant acclamé par le public qui l'attend, voyant un Devin décontracté qui feint de s'enfuir en courant, semblant vouloir dire que le moment n'est pas encore arrivé. Les balances faites, les choses peuvent enfin se passer à fond. Le groupe est sur scène et tandis que de nappes sont diffusées, Townsend s'adresse à la foule : « We absolutely worship you !» avant de d'endosser rapidement un rôle d'amuseur public : « Come on, group hug ![...] My penis is engorged with so much blood... for you ! And your futile rectums !». Acclamations et rires du public, visiblement réactif au possible, quelques autres blagues sont lâchées avant que l'opener "Addicted!" ne déboule dans la tronche de chacun. D'emblée on se retrouve plongé dans l'ambiance tant le son est bon. Chaque instrument est parfaitement intégré au tout, qu'il s'agisse du son électrique, des couches de samples et du chant qui s'avère incroyable.

S'ensuit "Supercrush!" et son ambiance plus posée que le morceau précédent, entraînant au possible. Le son aidant, on arrive à retrouver la puissance que l'on connaissait déjà sur disque, avec cet empilement de couches sonores de nappes, chœurs, synthés... le mur de Berlin de guitares en moins toutefois. Et ce n'est pas un mal, la musique gagnant alors en humanité, se faisant plus vivante que jamais. Passé "Kingdom" tiré d'un Physicist en demi-teinte, dont l'intérêt gagne fortement joué en live, Devin et sa bande continuent d'en mettre plein la gueule avec un "Truth" impressionnant, de par son interprétation sans faille et une fois de plus, le son, notamment celui de la guitare lead, quasi identique à celui que l'on peut entendre sur Infinity. Et d'inciter le public du Hellfest à chanter des « Alléluia !» de circonstance, avant d'enchaîner sur le très rare "Om", un titre une fois de plus magnifié par le son et la gouache dégagée par les musiciens, somme toute loin de la version démo que l'on connaît.

Incroyable de voir qu'un tel morceau arrive à passer le cap de la scène tandis les chœurs et textures fusent de partout. Tout est intelligible, presque ajusté au décibel près afin que tout baigne dans un liant sonore bluffant. "Deadhead" continue dans la lancée des morceaux peu chantés, laissant la part belle aux ambiances que Townsend et sa bande arrivent à créer. Après un interlude incitant le public à se câliner (votre serviteur sera d'ailleurs victime d'un câlin ordonné), "ZTO" déboule et change radicalement le registre du set, suivi par un "By Your Command" tout bonnement fabuleux. C'est bien simple, tout y est identique à la version présente sur Ziltoid The Omniscient... en mieux ! D'une, le jeu et le son de Ryan Van Poederooyen, sorte de Gene Hoglan avec le groove en plus, balaye littéralement les programmations de batterie auxquelles était intimement lié l'univers de Ziltoid. Plus qu'une ambiance, c'est un véritable univers qui se voit créé, les dialogues étant bien présents et servant l'histoire, mimés par un Devin intenable.

Car c'est autant pour sa musique que pour sa présence scénique que ce set s'est vu jouir d'un niveau quasi irréprochable. S'il jouait véritablement un rôle dans Strapping Young Lad, affublé d'une coupe de cheveux ignobles, c'est à un homme balançant entre un calme et une bonne humeur qui imposent le respect et une sorte de folie dans les mouvements et grimaces tous aussi communicatifs, le tout transpirant la sincérité. Devin court à gauche à droite tout en jouant de la guitare, tantôt fuyant les photographes, tantôt posant et montrant des dents, souriant au public. Mais surtout, Devin Townsend chante. Qu'il s'agisse de son chant clair impeccable ou de ses hurlements mélodiques surhumains, le bonhomme assure avec une sorte d'aisance écœurante. On en viendrait presque à regretter la forte proportion de passages instrumentaux au détriment de ceux chantés tant chaque intervention vocale est un bonheur, d'autant que l'on sent à quel point l'expérience live semble être redevenu un plaisir que l'on croyait perdu.


Ce set aura été trop court. La setlist ne mettait pas suffisamment en avant tout le talent que Townsend aura montré en une quinzaine d'années de carrière. Aucun morceau de Strapping Young Lad n'a été joué. Trop de blabla entre certains morceaux, trop d'instrumentaux... Personnellement, j'ai vu Devin Townsend sur scène au top de sa forme. Je ne vois pas ce qui peut réellement nuire à ça.



Crédit photo : Cosmic Camel Pics
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