CHRONIQUE PAR ...

29
Sebrouxx
le 23 juin 2010




SETLIST

Blood on Blood
We Weren't Born to Follow
You Give Love a Bad Name
Raise Your Hands
Born to Be My Baby
Lost Highway
When We Were Beautiful
Captain Crash & The Beauty Queen From Mars
We Got It Goin' On
Bad Medicine / Pretty Woman
Lay Your Hands (chant : Richie Sambora)
Bed of Roses
I’ll Be There For You (Acoustic)
Something for the Pain (Acoustic)
Someday I'll Be Saturday (Acoustic)
I'll Sleep When I'm Dead
It's My Life
Work for the Working Man
Who Says You Can't Go Home
Keep the Faith

Rappel :
Let It Rock
In These Arms
Wanted Dead or Alive
Livin' on a Prayer

AFFILIÉ

16 juin 2010 - Paris - Bercy


Bon_Jovi_Paris_-_Bercy_20100616

Accusé Sebrouxx, levez-vous. Vous êtes accusé des faits suivants: la veille de votre départ au Hellfest, vous vous êtes rendu, je cite, sur le site du Palais Omnisports de Paris-Bercy afin d’assister au spectacle des Américains de Bon Jovi. C’est bien cela ? Vous y avez pris, de surcroît, du plaisir accompagné de votre épouse et d’une amie d’enfance. Groupe dont, de plus, les albums n’ont JAMAIS été chroniqués au sein du webzine www.leseternels.net, parangon du bon goût en matière de musique. Vous rendez-vous compte de l'ampleur de votre méfait ?

Considérant, Monsieur le Président de Juridiction, que les récents albums des Boys du New Jersey sont aussi vite oubliés qu’ils ont été écoutés, puisque flirtant plus vers la country de bas étage ou le mauvais folklore US que le vrai Hard FM. Considérant que Sebrouxx s’engage à réparer les Eternelles omissions que sont Slippery When Wet et New Jersey (voire Keep The Faith) quand ces derniers ressortiront dans leur version remasterisée. Et considérant, enfin, que le groupe n’est jamais meilleur que sur scène, Sebrouxx réclame un non-lieu de principe, ferme et définitif. Jon et sa petite entreprise ignoraient effrontément leur public français depuis… juin 2001, date de leur dernière visite au POPB. Depuis, nada, niente, nothing et pourtant ce n’est pas faute d’enchaîner les tournées mondiales et les passages européens. La faute en incombe à d’extravagantes prétentions pécuniaires, qui font de Bon Jovi un groupe pas près de mettre les pieds au Hellfest (un «tant mieux» unanime s’élève du public).

Partant du principe que KISS ou Mötley Crüe ont déjà fait le voyage en terre nantaise, il y a de quoi néanmoins argumenter sans trop de mauvaise foi. Du moins musicalement, si le show se limitait à la seule succession de leurs hits ultra-galactiques. Reste l’image d’un groupe trop lisse, trop axé pognon et capitalisant sur sa fanbase de nénettes et vieux briscards nostalgiques. Après grattons le vernis : «live», le groupe assure un show d’une qualité proche de l’irréprochable qui n’a pas son pareil dans le paysage rock/rock FM : près de 2h30 de musique quasi non-stop, lightshow éblouissant (plus proche d’un Muse que d’un Mötley) et bla-bla quasiment réduit à peau de chagrin (genre : lecture de prompteur, «Hello Paris/ How do ya fell tonite/ It’s good to see ya Paris»). Et tant mieux, le vieux beau Jon nous évite un numéro prise de tête digne de Bono ou de Lilian Thuram («la guerre c’est le mal, le racisme, c’est mal, à Paris toutes les filles sont les plus belles du monde» ad lib). Au passage, puisqu’il doit sûrement composer la setlist, s’il pouvait mettre de côté “Captain Crash & the Beauty Queen From Mars“ ainsi que “We Got It Goin' On”, peu lui en tiendraient rigueur.

Place au gros son, enfin entendons-nous bien côté conception du gros son ce soir. Un Tico Torrès en forme qui peut aisément cogner ses fûts pour Immortal (sérieux Sebrouxx est) et un Sambora dont la distortion lead (sur “Livin’ on a Prayer" mais surtout “Wanted Dead or Alive”) et le niveau de saturation général n’ont rien à envier à ceux d’un Kirk Hammett. D’autant que Richie était étrangement accompagné sur scène d’un second guitariste, sur le côté droit de la scène, peut-être dans le but de durcir un peu plus les rythmiques de guitares. S’il était déjà présent sur les précédentes tournées, désolé, mais je n’y avais jamais prêté attention. Le bougre aura juste droit de sortir de son périmètre le temps d’une blagounette avec Jon (une reprise du “Pretty Wowan”, de Roy Orbison, pas de Van Halen, bandes d’incultes). Mais il restera bien en retrait (tout comme le bassiste Hugh McDonald) lors du set acoustique exécuté sur l'avant-scène. Une manière pas très élégante de traîter le petit personnel, Monsieur Bongiovi. Mon tout permet de couvrir quelques nappes de claviers un peu datées pour ne pas dire kitsch (David Bryan devrait emprunter quelques pièces à Jordan Rudess afin que cela sonne -hum- un peu plus moderne). Maintenant ces dernières sont à l’avenant du simili-speech de Jon pour introduire “Bed of Roses.”

Pour le reste, c’est la Saint Overdrive chauffée à blanc en particulier sur “You Give Love a Bad Name”, “Raise Your Hands“ et autres “Bad Medecine.” Soit que les vieilleries du fond de la malle qui font mouche partout dans le monde et Bercy ne fera pas la fine bouche en dépit de la fameuse exception culturelle française. C’aurait été plutôt dérangeant puisque le groupe a même accepté de rejouer l’antédiluvien “Let It Rock” réclamé depuis le début par la fanforce de Bon Jovi France, dont les membres savaient parfaitement se faire voir, entendre et écouter. Merci pour “Let It Rock” et désolé pour “Dry County” puisque le groupe n’a pas cédé à leur demande. C’est bien dommage, le solo de Sambora valant largement le détour sur ce titre. Sambora, qui a désormais pour habitude de reprendre un titre seul au chant, se frottera à “Lay Your Hands”… quand le commun des mortels aurait préféré amplement “I’ll Be There For You” qui sied mieux à son timbre de voix (comme en témoigne sa performance sur ce titre dans le dernier live du groupe sorti cet automne).


N’oublions pas Jon et son sourire Jacob Delafon qui ne s’économise pas, grimpe un peu partout quitte à vraisemblablement autant effrayer les assureurs que la gente féminine. S’il a pris un coup de vieux, s’il ne pousse pas autant dans les aigus que par le passé, il reste un sacré showman dont l’ambition personnelle écarte trop les autres membres du devant de la scène. Mais considérant qu'il s'agit peut-être du prix à payer pour atteindre les cimes d’un Springsteen, d’un Bono ou d’un Jagger...


Merci à Christophe de www.bonjovifrance.net pour ses photos


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5