CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 25 mai 2010




SETLIST

Intro : The Ecstasy of Gold
That Was Just Your Life
The End Of The Line
For Whom The Bell Tolls
Through The Never + Riff Heaven & Hell par Kirk Hammett
Fade To Black
Sad But True
My Apocalypse
Wherever I May Roam
The Unforgiven III
No Remorse
One
Master Of Puppets
Battery
Solo Kirk Hammett
Nothing Else Matters
Enter Sandman

Rappel :
Helpless
Whiplash

Rappel :
Seek and Destroy

AFFILIÉ

Metallica
Paris - Bercy
(02 avril 2009)
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(14 août 2008)
Paris - Bercy
(01 avril 2009)
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(07 juillet 2009)
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(09 juillet 2011)
Paris - Stade de France
(12 mai 2012)
Paris - Le Grand Rex
(08 octobre 2013)
AccorHotels Arena (Bercy)
(08 septembre 2017)

23 mai 2010 - Lyon - Halle Tony Garnier


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A en croire les grand titres des gazettes sportives, 2010 s’avère encore être une année de disette pour les Lyonnais : pas un trophée dans la musette. La réalité fut pourtant tout autre en ce superbe dimanche 23 mai, veille d’un jour férié qui a vu débarquer en ville un petit groupe de quatre rockers pas spécialement enclin à chômer pour autant. Metallica ne faisait pas le pont et, au contraire, comptait offrir aux Gones leur petite finale en clôturant leur «World Magnetic Tour» par ce passage à la Halle Tony Garnier. Soit leur quatrième visite en France, après deux Bercy et Nîmes, en un peu plus de 14 mois.

Qui ne saute pas n’est pas Lyonnais, paraît-il. Force est d’admettre que l’adage n’a rarement été aussi bien illustré. Il faut aussi dire que cela faisait 14 ans que les Rhodaniens espéraient frénétiquement accueillir Metallica dans leur ville. Bien a donc pris les Horsemen de ne pas débuter leur set par “The Day That Never Come” tant la superstition de l'après-midi s'est érigée en spécificité locale (heureusement que la bière en plein cagnard ne rend pas guignard !) L’impatience du jour ne s’est pourtant pas muter en manque de respect pour la première assurée par High on Fire, puis Volbeat… sans oublier un petit morceau de Dio (dans tous les esprits et toutes les discussions) le temps de débâcher les amplis et plus généralement le matériel des Franciscains. Inutile de revenir une xième fois sur la configuration scénique, mais un ouf de soulagement fut poussé par tous les spectateurs qui ne croyaient pas ou plus en la mise en place d’une structure centrale. Bien sûr, les Mets allaient forcément changer leur plan pour Lyon et le grand Aulas aurait encore hurlé au scandale et craché sur la Ligue et la Fédé si cela avait été le cas. Mes excuses pour cet égarement, d’autant que pour Aulas les Mets sont plutôt une équipe de Baseball newyorkaise, alors… Alors coup d’envoi quasiment à l’heure (21h05) face à -officiellement- 17000 spectateurs qui commençaient néanmoins à trépigner.

Pendant un peu plus de 2h15, et les 18 morceaux de rigueur, il va y en avoir pour tous les goûts. Et comme à l’accoutumée la setlist va en ravir certains quand d’autres exégètes vont en trouver plus qu’à redire (NDLA : je sais, Lapalisse et son comte ne se trouvent pas spécialement loin de Lyon). Au regard des set joués à Paris, puis Nîmes, il y a de quoi largement satisfaire ceux qui avaient déjà assisté à une date française du World Magnetic Tour… même s’il ne s’agit que d’un visionnage du DVD/Blu-Ray de leur passage dans le Gard. D’un autre côté -puisque Lars et James l’ont rappelé a à maintes reprises- Lyon marque la fin de cette épopée européenne, et tout un chacun espère plus. Plus long. Plus fort. Plus trash. Et moins de Death Magnetic peut-être? Encore que si, comme énoncé précédemment, “That Day that Never Come” pointe aux abonnés absents, il en ira de même pour “Cyanide” et surtout l’efficace “Broken, Beat and Scarred.” S’y substitueront un “My Apocalypse” pas toujours audible, et un très largement dispensable “The Unforgiven III.” Ce dernier, disposé malhabilement entre un incandescent “Whenever I may Roam” et le tellurique “No Remorse” , semble loin de ravir tous les suffrages mais permet de lâcher un peu le son pour apprécier le lightshow imposant qui se doit d’être salué entre les cercueils mobiles et le magnifique ciel de lasers d’ouverture.

Mais comme à Nïmes, ce sont les présences de “Battery”, mais surtout de “Fade to Black” qui, lui, semble mettre tout le monde d’accord : le pont du morceau est d’ailleurs chanté par l’ensemble du public, une manière (inconsciente?) de couvrir les quelques pains (attendus?) du boulanger soliste Hammett qui ne fera pas mentir Yngwie Malmsteen quant à la justesse de ses bends… Trêve de mauvais esprit car l’homme ne s’économise nullement et son son de wah-wah reste toujours aussi époustouflant (allusion faite aux chorus de “Enter Sandman” et du suscité “Whenever I may Roam”). La côte d'amour du Black Album en live ne faiblit assurément pas. Mais s’il y en a un qui semble hypnotiser son public, c’est bel et bien Trujillo, ze bassiste qui ne tient pas en place et s’est même offert le luxe de passer derrière le micro après les remerciements finaux d’Ulrich (histoire de beugler et d’être repris à l’unisson par son audience). Son physique à la Hulk tranche certes un peu avec la douceur (?) des chœurs qu’il assure sur “Nothing Else Matters” mais s’avère en revanche en parfaite adéquation avec son petit numéro de gesticulation/possession démoniaque tout le long de “Masters of Puppets.” Pour finir sur le registre carcasse, Hetfield bouge un peu moins la sienne, mais finit même torse nu avant d'asséner in fine le tant attendu “Seek and Destroy” bien représentatif de ses qualités vocales du soir.

Quitte à nourrir quelques regrets (pas de “Creeping Death” ni de “Welcome Home (Sanitarium)” ce soir, mais un son plus qu'acceptable en se reculant soit dit en passant), passons alors fissa au rappel. Pas de «guest» à l’horizon… ni d’hommage aux récents défunts. Cela s’avère d’autant plus étonnant que l’esprit de feu Ronnie James Dio n’a pas cessé de planer en cette soirée entre le set de Volbeat, le morceau d’ouverture et le riff de “Heaven & Hell” expédié par Kirk juste avant les arpèges introductifs de “Fade to Black.” Une reprise/adaptation d’un titre complet de l’ancien chanteur de Rainbow n’aurait pas été du luxe surtout après la déclaration officielle d'Ulrich sur cette disparition. Dans le même ordre d'idée, un voisin rêveur espérait même voir Jaimz se muter en Peter Steele histoire de continuer dans un espoir d'hommage… Là, il ne fallait pas rêver : cela reviendrait à imaginer Trujillo se transformer en -je ne sais pas, au hasard- Paul Gray… Parenthèse fermée et côté rappel, il faudra alors se contenter des punchy “Helpless” et ”Whiplash”, ce qui n’a rien de dérangeant, rassurez-vous. Le contraire reviendrait à faire la fine bouche, une autre spécialité lyonnaise, dans le bon sens du terme bien entendu.


Après 14 ans d'absence dans la Capitale des Gaules, les Metallica reviennent à Lyon pour un unique concert français... Autant dire que les Horsemen étaient attendus comme le Messie. Et du crescendo d'Ennio Morricone au Seek and Destroy d'anthologie qui a fini de briser les nuques des Lyonnais, les Metallica n'ont décu personne. Les vieux de la vieille comme les débutants en ont pris plein les yeux et plein les oreilles pendant presque 2h30! Et les plus contents de l'histoire semblaient être le groupe lui même! James « Papa Het' » Hetfield était dans une forme olympique -arrosant la Halle de son charisme hallucinant- et ses compères étaient à l'unisson, profitant pleinement de la scène centrale pour jouer avec le public... Qu'il est impressionnant de voir 4 bonhommes capable de retourner d'un riff bien placé plusieurs milliers de personnes et quelle joie sans fin de pouvoir faire partie de ses privilégiés. Une immense transe de plus de deux heures où tout un chacun a pu hurler à pleins poumons ses morceaux favoris, singer Kirk Hammett en train de maltraiter sa wah-wah (et un peu ses propres solos) et remercier comme il se doit Metallica pour l'excellent concert qu'ils nous ont offert, avant de rentrer se coucher, le sourire aux lèvres et les doigts encore crispés d'avoir communier avec l'un des plus grands groupes de tout les temps.

Merci à Grégory Tran pour ses photos
www.pixophil.fr


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