CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 17 mai 2010




SETLIST

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16 mai 2010 - Paris - Nouveau Casino


Magyar_Posse_Paris_-_Nouveau_Casino_20100516

Dimanche 16 mai 2010. Après une semaine de temps pourri, le soleil se fait plus clément en région parisienne, daignant bien se montrer de temps à autre. Et pourtant, au Nouveau Casino, une tempête est là, venue de Finlande et répondant au doux nom de Magyar Posse. Et si la majorité des personnes présentes semble visiblement venue pour voir My Own Private Alaska, cela n'empêche pas les Finlandais de montrer qu'à leur manière, ils savent prendre l'auditeur aux tripes.

Premier constat, le son est tout bonnement impeccable. Guitares comme claviers (au nombre de deux), basse comme batterie, la balance est gérée avec un rendu proche de la perfection. Dans le cadre d'une musique presque exclusivement instrumentale c'est un véritable bonheur. Magyar Posse joue dans cette catégorie prolifique qu'est le post-rock, les sonorités rondes des claviers rappelant celles d'un God Is An Astronaut, tendant que les climax guidés par la guitare en tremolo évoque parfois les envolées d'Explosion In The Sky. Du post-rock, en somme, mais avec une atmosphère cinématographique prédominante qui semble élever la formation du magma plus que prolifique de cette scène presque sclérosée.

Impossible en effet de ne pas penser aux musiques d'Ennio Moricone lorsque les arpèges de guitare se voient égrenés, presque au compte-gouttes avec ce son si particulier, tandis que les claviers sont triturés en temps réel, la gestion de la résonance donnant cette impression de son de guimbarde. Comme si le froid de la Finlande s'invitait dans les étendues désertes et mornes d'un Western Spaghetti. Les effets de Jari Lähteinen parfois à la limite du bruitisme ajoutent à la tension de la musique, faisant de ces samples inharmoniques des instruments à part entière, percussifs ou simplement texturés. Les claviers sont d'ailleurs aussi importants que n'importe quel autre instrument, créant plus qu'un soutien ou une simple base harmonique.

Assis ou debout, les musiciens font évoluer leur son au gré de progressions en crescendo, variant leur poste pour certains, le bassiste Mikko Rintala en tête qui change parfois sa basse pour une guitare, tandis que le batteur Olli Joukio donne un groove au shaker d'une main, tout en continuant de jouer sur ses fûts de l'autre. Les rythmiques comme les mélodies allient rupture et répétition pour un résultant envoûtant, mené soit par ces claviers entêtants, soit par les envolées de guitare. Et comme si les explosions mélodiques n'étaient pas suffisantes dans ce maelström de notes et de sons divers, Jari Lähteinen vient alors poser un chant post-core du plus bel effet, comme si l'intensité maximale du groupe n'était pas encore atteinte.


Après moins d'une petite heure de set, les Finlandais quittent la place, laissant le champ libre aux Toulousains de My Own Private Alaska. On peut dire que le choix d'un tel groupe en première partie est plus que judicieux tant Magyar Posse sait jouer avec les émotions avec une facilité qui force le respect. Une bien belle découverte, qui rappelle tout l'intérêt d'une première partie, surtout quand elle est à un tel niveau de maîtrise et de beauté.



Crédit photos : Cosmic Camel Pics

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