CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 12 décembre 2009




SETLIST

Rammlied
B********
Waidmanns Heil
Keine Lust
Weißes Fleisch
Feuer Frei!
Wiener Blut
Frühling in Paris
Ich Tu Dir Weh
Liebe ist für alle da
Benzin
Links 2 3 4
Du Hast
Pussy

Rappel:
Sonne
Haifisch / Seeman
Ich Will
Engel

AFFILIÉ

Rammstein
Lille - Zénith
(10 février 2005)
Nantes - Zénith
(16 novembre 2009)
Paris - La Défense Arena
(29 juin 2019)

08 décembre 2009 - Paris - Bercy


Rammstein_Paris_-_Bercy_20091208

Rammstein aime la France et la France aime Rammstein. Et Rammstein aime surtout Paris, rare cité européenne que le groupe gratifiera de deux dates consécutives lors de cette tournée européenne. Nantes se sera vu offrir la première date française (live-report ici) et «Parisse» les deux dernières. Deux soirs -entièrement filmés vraisemblablement en vue d’un documentaire- exécutés à guichets fermés au Palais Omnisports de Bercy, le premier pour le copié, le second pour le collé. Les puristes du sextet allemand y ont sûrement relevé bien des différences. Votre serviteur, peu. N’empêche qu’il aurait volontiers signé pour un troisième tour.

D’autant que le premier soir, l’accès au POPB s’est avérée sacrément bordélique, à mille lieux de la sacro-sainte rigueur qui fait tant honneur au peuple germanique. Le 8, il fallait s’armer de patience dans ce boxon digne d’une map du dernier MMORPG en vogue (pourtant sur World of Warcraft, le mot de passe pour accéder au boss Rammstein, c’est bien "Du Hast"?) Toi, tu vas par-là. Toi, tu fais le tour des jardins boueux du parc de Bercy. Toi, tu la ramènes trop. Résultat des courses : il faudra attendre le lendemain, nettement mieux organisé même en arrivant au dernier moment, pour assister au show in your face des Danois de Combichrist. Une bonne grosse demi-heure à manger des sonorités indus bien compressées, et à assister à la prestation physique du second batteur, debout quasiment de bout en bout pour cogner comme un sourd sur son kit. Plutôt original dans son genre et, comme le relevait l’ami Kroboy, réellement à mi-chemin entre la puissance d’un Ministry et le côté arty un poil surfait du Manson des débuts. A approfondir, sans conteste.

Un petit tout à la buvette, en passant par un stand merchandising étrangement peu fourni le premier soir et mieux achalandé le second, qui permet néanmoins de récupérer le verre en plastique noir orné d’un désormais célébrissime caniche rose du plus bel effet. Un futur must have collector, qui trouvera forcément sa place à côté du canard jaune de madame, voire des accessoires du coffret collector de Liebe Ist Für Alle Da. Bon, you have a beertender / I Have a gosier / Une bière siouplait et let’s drink it quick. Et traduira qui voudra car à 21h00 tapantes -adjectif adéquat-, le groupe entre en scène (et son public hétérogène en transe) pour un peu plus d’une heure quarante. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il va falloir garder les yeux grand ouverts, au moins autant que les oreilles protégées. Mes voisins semblent davantage s’inquiéter d'une absence de tout effet pyrotechnique à Bercy. Et ce en raison d’une hypothétique légendaire circulaire n°666, en application du décret n° 2-3-4 en date du 06 juin 1966. Sèche tes larmes, mon grand, tu vas le voir le lance-flammes! Et pas qu’un peu d’ailleurs. Tu auras même droit à la «graouze zézette» de Till qui éjacule de la mousse (non pas de la bière, dommage, de la vraie mousse comme dans les mauvaises boîtes de nuit) sur "Pussy", le temps de son break euro-dance. Mais, cela, tu le sais déjà. Et c’est du feu, du vrai que tu veux, hein…

Pour l’instant, c’est à la grosse masse que deux membres du groupe entrent en scène cassant un mur noir, avant que Till n’en fasse de même via une découpe au chalumeau. Et pan, Doom assène ses premiers coups de baguette à son (nouveau) kit qui doit souffrir le martyr à chaque nouvelle date. "Rammlied" rallie alors tous les suffrages, s’avère être un parfait opener comme "Rammstein" et "Reise, Reise" ont pu l’être en leur temps (oui, cette fois-ci, ce dernier titre n’est malheureusement plus interprété comme d’ailleurs la plupart les titres de l’album éponyme. Seul "Keine Lust" a survécu. Mauvais calcul). Contrairement à un Metallica qui modifie sa setlist chaque soir, d’autant plus quand le groupe tape deux sets consécutifs dans une même ville, Rammstein propose, lui, le même gig (composé à 50% de titres du dernier album). C’est probablement un choix, pour ne pas dire une nécessité pour les techniciens chargés de la mise en place des jeux de lumière et surtout des nombreux effets pyrotechniques leur réclamant une attention de tous les instants. Concernant ces derniers, en inflation, certes le groupe fait un peu du neuf avec du vieux, mais mazette, cela rythme sympathiquement le spectacle. L'archétype du plaisir coupable, un peu comme les soli de guitare pour d’autres formations. Enfin passons…

Et Till n’étant toujours pas un grand parleur, cela évite de se coltiner une succession hyper-rapide de morceaux. Car le groupe les enchaîne sans répit. Bien des titres du dernier opus qui pouvaient laisser pantois à l’écoute à domicile trouvent réellement leur lettre de noblesse live. C’est le cas de "Rammlied", puis "Wiener Blut" (bon esprit, hein, le chapelet de poupons pourvus de lasers verts, suspendus, qui explosent les uns après les autres.) Mais aussi de "Ich Tu Dir Weh" (la bagnoire a-t-elle remplacé le chaudron pour Flake, l’amoureux de la douche d’étincelles offerte par un Till à trois mètres de haut sur sa colonne d’élévation?) Et surtout du calme avant la tempête "Frühling in Paris" qui a su trouver chaque soir son écho auprès du public français qui ne regrette toujours rien de rien. Quitte à ce que Richard et Paul sortent les grattes acoustiques pour ce titre, bien leur en aurait pris d’enchaîner avec un bon vieux "Los" des fagots, mais non. Cela aura au moins eu le mérite de les rapprocher un peu plus, sur cette chaque scène où chaque élément reste à sa place, n’empiétant que rarement sur la parcelle du voisin (Rammstein ou la conception exclusive du droit de propriété dans le système juridique d’outre-rhin). A moins que ce soit le fameux héritage du schéma tactique de la Mannschaft dont parlait Kroboy avec poésie et force connaissances…

D’ailleurs autant clore cet aparté footballistique sur le vrai sportif du groupe, à savoir le claviériste Flake qui, en perpétuel souffre-douleur, a eu droit à ses vingt bonnes minutes de tapis de salle -à bonne allure- tout en continuant à jouer comme si de rien n’était sur les hits "Benzin" et (tous en chœur) "Du Hast". Aussi à l’aise sur terre que sur “mer”, il enchaîne par son habituel tour de zodiac dans le public qui n’attend que cela pendant que Richard enfile le gros riff de "Haifisch" (ses sons, pardon murs de guitare auront été parfaitement réglés les deux soirs), suivi de près par Paul qui fêtait d’ailleurs son anniversaire le mercredi. Célébration du jour qui a poussé le groupe a zapper "Seeman" d’ailleurs. Un verre et puis ça repart pour la conclusion "Ich Will"/"Engel" où Till se transforme littéralement en ange déchu pourvu de ses deux ailes incandescentes (du moins le second soir, car le premier seule une excroissance mécanique a bien daigné fonctionner d’entrée de jeu). Un beau moment qui permet, en plus, de bien mettre en valeur la blonde choriste tout de blanc vêtue qui fait montre d’un talent indéniable sur sa partie. La preuve qu’il fallait bel et bien avoir l’œil partout.


Bang, bang, c’est fini. Pas d’incident à déplorer au POPB, juste une idiote bourrée qui hurlait le second soir et quelques gus remis fissa à leur place par la sécurité le premier. La qualité du son POPB semble toujours partager le public. Reste que dans la fosse, le rendu était nickel, équilibré et derechef assez surprenant pour cette enceinte qui ne brille que rarement à ce sujet. Maintenant quelques titres supplémentaires de Reise, Reise –enfonçons le couteau dans la plaie- n’auraient pas été volés.

Un grand merci à Morka pour ses photos. Pardon, danke schön!
www.morka.fr


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